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Organismes stockeurs
La digitalisation de l'amont de la filière Grains s'accélère

La numérisation des activités n’est pas apparue avec le confinement printanier lié à la crise sanitaire actuelle. Mais le respect des gestes barrières a boosté l’utilisation ou la mise en place de nouveaux outils connectés.

Application E-Grains, développée par la coopérative Noriap, pour la gestion de la production et commercialisation des grains.
© Noriap

 Lorsque l’on parle de digitalisation, de numérisation, de transformation digitale ou numérique, on se réfère à l’exploitation de la technologie internet ou informatique en vue d’accroître la rentabilité de l’entreprise. Dans notre filière des grains, le mouvement est en marche, à des degrés différents selon les métiers et la taille de la structure. Mais on observe une accélération de la digitalisation en lien avec la crise sanitaire relative à la Covid-19. Les confinements répétés ont conduit les entreprises à organiser le télétravail de leurs collaborateurs, à limiter au maximum les échanges physiques de documents, ou encore à privilégier les réunions virtuelles.

La numérisation au service des attentes clients

« S’il n’y a pas, à proprement parler, de groupe de réflexion sur la numérisation au sein de La Coopération agricole, un groupe de travail réunissant les directeurs de la communication de coopératives a été créé. Baptisé le “Club Coop Com”, c’est un groupe d’échanges et de partages d’expérience sur des sujets comme l’organisation des assemblées générales statutaires à distance grâce à des outils de gestion de l’événementiel », indique un représentant de La Coopération agricole.

« Les coopératives, qui avaient commencé à digitaliser leur relation Adhérent, l’ont accéléré et d’autres l’ont initié à l’occasion de la Covid-19 », ajoute le représentant de La Coopération agricole. Ainsi, le service Céréales de Noriap a mis en place l’application « E-grains » qui permet aux agriculteurs de pouvoir suivre leurs livraisons de grains sur un support dématérialisé, via le dispositif « La moisson sans contact », et d’accéder au contrat « Céré-actif », basé sur un algorithme de suivi des marchés, qui permet à l’agriculteur de se positionner et commercialiser ses grains. « Ce sont des outils digitaux, dont la concrétisation n’a pas été consécutive à la Covid-19. Elle n’a fait qu’accroître leur utilisation », précise Nathalie Ternois, directrice de l’innovation, du marketing et de la communication du groupe Noriap. 

Reste que la crise sanitaire est un accélérateur de la numérisation des coopératives. « Nous diffusons désormais de l’information par vidéos interposées, avec “Les minutes Agro” : des films de deux-trois minutes qui évoquent les thèmes évoqués lors des visites d’essais, qui n’ont pas eu lieu. Cela nous apprend à communiquer autrement », affirme Nathalie Ternois. La digitalisation est une opportunité pour évoluer en profondeur, gagner en efficacité et, in fine, se mettre au service des attentes clients.

Pour une meilleure rentabilité de l’entreprise

La digitalisation, Covid-19 ou pas, poursuit aussi son bonhomme de chemin au sein des entreprises du négoce agricole. « Depuis quelque temps, les organisations repensent leur façon de travailler au regard des évolutions technologiques, véritables moyens au service de la stratégie des organisations agricoles. À l’exemple des tablettes au champ des commerciaux, des outils de gestion informatique des stocks, des flux logistiques ou encore de la relation client, où l’on est passé d’un simple tableur Excel à des outils plus élaborés et multifonctionnels. C’est un levier d’optimisation et de compétitivité qui va permettre de réduire les coûts », souligne Marie Vallon, directrice Juridique-Fiscal-Social de la Fédération du négoce agricole (FNA). Par ailleurs, cette digitalisation à marche forcée va conduire à de nouveaux métiers, comme des chefs de projet digital. « Dans le cadre de la séparation du conseil et de la vente de produits phytos, des professionnels auront pour mission d’élaborer et commercialiser des outils digitaux, notamment dans le domaine du e-commerce », illustre Marie Vallon.

Pendant le confinement, la FNA a également travaillé avec La Coopération agricole sur des Mooc (Massive Open Online Course), type ouvert de formation à distance capable d’accueillir un grand nombre de participants, qui présentent une alternative aux sessions de formation en présentiel. De même, les webinaires se multiplient, en lieu et place des congrès, colloques et autres manifestations qui animent en temps normal la vie professionnelle des acteurs de la filière Grains. Si ces outils sont moins conviviaux, ils ont l’avantage de limiter les coûts d’organisation de tels événements.

 

Vers une pérennisation du télétravail?
La situation actuelle impose de réduire les interactions sociales et les déplacements, d’où le recours au télétravail.
Les entreprises du négoce et coopératives agricoles ont, de fait, mis en place des outils de travail à distance pour les salariés dont l’activité s’y prête. « Il s’agit surtout des administratifs, qui représentent un faible pourcentage de la masse salariale et, dans une moindre mesure, des commerciaux qui privilégient le phoning aux déplacements. Mais pour les postes de terrain, comme les agents et conducteurs de silo et les chauffeurs de camions, soit environ 60 % des salariés, il est difficile de mettre en place le télétravail », explique Marie Vallon, directrice Juridique-Fiscal-Social de la Fédération du négoce agricole.
À l’avenir, le télétravail pourrait être pérennisé ou développé dans les structures qui l’avaient déjà instauré. Exemple : Voies navigables de France (VNF) envisage de généraliser le télétravail (en vigueur depuis juillet 2017 à raison de deux à trois jours par semaine), de façon plus organisée et structurée, dans les services administratifs. « De 300 personnes en temps normal, le télétravail en a concerné 1600 pendant le confinement printanier », précise Christophe Laloyer, directeur des systèmes d’information et du numérique de VNF.

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