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Moisson bio 2026 : des volumes de céréales bio inférieurs aux attentes 

La moisson 2026 en agriculture biologique affiche des résultats globalement décevants à l'image du conventionnel. Néanmoins, si les rendements sont souvent inférieurs aux attendus chez l'ensemble des organismes collecteurs, la qualité des grains est assez satisfaisante.

<em class="placeholder">Parcelle de céréales bio.</em>
Les rendements sont corrects à décevants sur l'ensemble des céréales bio, et plutôt mauvais sur les protéagineux bio.
© MC. Bidault

Des rendements en retrait, mais une qualité qui résiste : c’est le premier bilan qui ressort des retours des organismes collecteurs de grandes cultures bio. A cela s'ajoute une hétérogénéité des résultats qui s’explique notamment par l’impact très variable sur les cultures des excès d’eau hivernaux et du coup de chaud de fin de cycle.

Une moisson bio 2026 à l'image du conventionnel 

Une récolte globalement décevante résume Frédéric Goy, directeur de Biocer, coopérative bio qui collecte des Hauts-de-France au Centre en passant par la Normandie. « Les rendements sont inférieurs de 15 à 20 % aux attendus (basés sur la moyenne). Mais les récoltes sont néanmoins « un peu moins décevantes sur la partie nord de notre zone de collecte », ajoute celui-ci.     

Même constat en Centre-Val de Loire et dans les départements limitrophes, chez Axéréal : « Globalement, le bilan de cette moisson se traduit par un volume global 10 % inférieur à l’attendu, avec une grande hétérogénéité des rendements par rapport aux moyennes quinquennales (entre iso et – 20 %), en grande partie en raison des fortes chaleurs de fin de cycle », relate Pierre Vancoillie, responsable de marché bio le 24 juillet. Par contre, « la qualité sanitaire des productions bio est dans un état satisfaisant au global, les impuretés ont été dans l’ensemble maîtrisées. Les conditions climatiques extrêmes nous ont donné des humidités très basses sur toutes les cultures, et des calibres de grains plus petits liés à une maturité précoce. » 

En Bourgogne, Romain Schaetzel, directeur de la Cocebi, veut apporter une nuance selon les types de sol. « Sur les fermes qui sont sur des terres à bons potentiels, les rendements sont corrects. Par contre, sur des terres à faible potentiel, peu profondes, les rendements sont très dégradés sur l’ensemble des cultures. » 

Les volumes sont également contrastés selon les cultures et les secteurs chez Agribio Union qui fédère six coopératives du Sud-Ouest. Benoît Bolognesi, responsable développement amont bio confirme lui aussi la bonne tenue qualitative de la collecte.

Des blés bio de qualité mais des rendements décevants

Les résultats en blé tendre sont à l'image de la moisson dans son ensemble. « Dans les bonnes terres, les rendements sont cohérents aux moyennes, indique le directeur de la Cocebi en Bourgogne. Par contre dans les terres à faible potentiel, les rendements sont en recul de 20 à 30 %. Le taux de protéine est un peu en dessous des niveaux attendus, avec une hétérogénéité dans les lots. » 

Dans un grand quart Nord-Ouest, Frédéric Goy parle de rendements moyens et d'une qualité correcte pour Biocer.  « La moyenne des blés bio se situe autour de 11 % en protéine avec un PS proche de 79 kg/hl. Des premiers tests panifications sont en cours pour qualifier l’intérêt de nos meuniers », indique pour sa part Pierre Vancoillie d'Axéréal. 

Dans le Sud-Ouest, où le blé tendre représente le gros de la collecte chez Agribio Union, le recul est de 15 % par rapport aux prévisions, à 22-23 q/ha en moyenne. « L’hiver très pluvieux a eu des impacts sur la disponibilité de l’azote, qui a manqué ensuite, indique Benoit Bolognesi. Le coup de chaud de fin de cycle a davantage impacté les rendements dans la partie Est de notre zone de collecte (de Toulouse à la Méditerranée). » La qualité est en revanche très bonne, avec des poids spécifiques (PS) très élevés, à 80 en moyenne, « c’est inédit », et des protéines tout à fait conformes, à 11,5 de moyenne.

Le blé dur bio affiche lui aussi une « très bonne qualité », dans la continuité de la campagne 2025 : « 90 % de notre collecte est éligible à la filière semoulerie, énonce Benoit Bolognesi. Le taux de mitadin est faible, à 20 %, le taux de protéine très élevé au-delà de 12 %. En revanche, le rendement tourne autour de 20 q/ha, un peu en deçà des attentes. » 

Des orges bio conformes aux attentes des malteries

Les orges bio suivent une tendance proche de celle observée pour le blé, avec une qualité qui reste satisfaisante selon les débouchés. Dans la zone de collecte d’Axéréal, « les orges de printemps bio ont un calibrage correct, surtout pour les semis d’automne, indique Pierre Vancoillie. Par contre nous constatons des rendements inférieurs pour les orges de printemps. » 

Chez Agribio Union, les orges, majoritairement brassicoles, affichent 20 q/ha de moyenne, « une déception », conséquence d’une forte sensibilité de la culture aux pluies hivernales. En revanche, « la récolte est conforme aux besoins des malteries, avec une bonne qualité au niveau PS et protéines. » Néanmoins, en Bourgogne, Romain Schaetzel fait état d'« une certaine quantité d’orges déclassées en orges fourragères ».

Pour les autres céréales à paille, les résultats sont également contrastés. Benoît Bolognesi parle pour le seigle bio, de « rendements décevants, très hétérogènes, bien en deçà des prévisions. La culture a été très impactée par le coup de chaud. » En avoine bio, les rendements sont corrects chez Biocer et la Cocebi, mais les PS décrochent un peu. En revanche,  « le PS en avoine blanche bio est satisfaisant avec une moyenne proche de 53 kg/hl » chez Axéréal. 

De mauvais rendements en protéagineux bio

Les protéagineux figurent parmi les cultures les plus pénalisées cette année. « Une récolte très mauvaise », se désole le directeur de Biocer. « En pois et fèverole bio, les rendements sont inférieurs de moitié aux attendus, et également assez faibles en lentille », indique Romain Schaetzel pour la Cocebi. Les graines de féverole ont séché trop rapidement, précise Pierre Vancoillie d'Axéréal. 

Le retour est identique dans le Sud-Ouest. « Nous collectons un peu de pois, avec habituellement des rendements assez moyens (15-20 q/ha). Cette année ils seront inférieurs à 15 q/ha », indique Benoit Bolognesi.

Une récolte plutôt correcte en colza bio 

Les résultats en colza bio apparaissent globalement meilleurs même s'il faut là aussi nuancer. Chez Biocer, les rendements sont « corrects, conformes aux attendus » dans les Hauts-de-France, mais « très mauvais » en Normandie et dans le Centre. En descendant dans le Sud-Ouest, la collecte est correcte chez Agribio Union en termes de volume, avec des rendements moyens à 20 q/ha. « L’hiver très pluvieux a impacté négativement la culture, mais le coup de chaud a eu peu d’impact sur le colza », précise Benoit Bolognesi. 

En pois chiche bio, Benoît Bolognesi parle de rendements moyens, assez hétérogènes selon les parcelles. « Il y avait du potentiel. Au final, ce sera une année moyenne, avec un rendement à 8 q/ha. » Le lin bio a en revanche été fortement pénalisé par les fortes chaleurs. Les rendements sont « catastrophiques » dans le Sud-Ouest. 

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