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Orges brassicoles
Moins d´intracommunautaire, plus de pays tiers

En Europe, les besoins et les débouchés du malt atteignent un plafond. Mais pour les orges de qualité, les perspectives d´exportation restent porteuses.


Le fait le plus marquant de cette récolte d´orges brassicoles est la forte proportion des variétés deux rangs de printemps.
En cause, la succession exceptionnelle des cycles de gel suivis de dégel qui sont venus à bout d´une part significative des céréales d´hiver en 2003. Les agriculteurs ont massivement ressemé des orges de printemps(1). Une évolution, cette année très conjoncturelle, mais vers laquelle le marché va tendre à orienter la production si l´on en croit les perspectives dressées par Jean-Claude Girard, directeur général d´Interbrau.
La demande de malt et de bière recule régulièrement dans l´Union européenne tandis que le marché reste très porteur dans le reste du monde. Conséquence, pour un continent qui reste un bastion brassicole, les exportations sur pays tiers vont devoir augmenter pour compenser le tassement des débouchés communautaires.

« Les besoins européens de malt reculeront d´au moins 100 000 tonnes et les ventes de malt vers les pays tiers de 240 000 tonnes puisqu´il s´y construit des malteries. De nouvelles capacités de production sont prévues dans l´Union européenne représentant pas loin de 300 000 tonnes. » Sur le marché du malt, Interbrau estime donc l´excédent structurel de l´Union européenne à 15, d´ici 2006, à environ 640 000 tonnes. Il faut donc s´attendre à la fermeture de malteries dans les régions européennes déficitaires en orges de brasserie, à une diminution des échanges intracommunautaires d´orge brassicoles « d´environ 50 % », et à un basculement du marché de plus en plus net vers le portuaire, pronostique Jean-Claude Girard. « Dans l´Union européenne à 15, nous pensons que la demande de six rangs d´hiver pourrait tomber à 800 000 tonnes en 2006 contre 1,25 million de tonnes actuellement, poursuit-il. Les demandes pays tiers qui se concentrent sur les deux rangs de printemps et d´hiver seront donc de plus en plus déterminantes pour les choix des espèces et des variétés ».

La journée Arvalis 2004 a souligné la tendance au basculement croissant d´un marché de malt vers un marché des orges en consacrant une large part aux débouchés pays tiers. En 2002, avec une production de 23,87 millions de tonnes, la Chine a dépassé les États-Unis en « devenant le premier producteur mondial de bière », explique Zhijuan Zhou, dirigeante de Tsingtao. Les Chinois souhaitent diversifier leurs approvisionnements. « Nous ne pouvons plus miser sur un seul pays fournisseur. C´est pourquoi nous nous intéressons aux orges françaises et aussi britanniques. »


L´orge française gagne du terrain en Chine
Actuellement, l´Australie représente 40 % des importations chinoises. Derrière le Canada, la France s´implante petit à petit. En 2003, elle a fourni 565 000 tonnes des variétés Esterel, Scarlett, Prestige, County et Vanessa. « La dormance est plus longue qu´avec les orges canadiennes et australiennes, la turbidité souvent trop élevée et le filtrage difficile. Ce sont les principales difficultés que nous avons avec les orges d´origine européenne. En revanche, le taux d´extraction est très élevé ce qui est très apprécié. » Le marché chinois est devenu incontournable. « En poursuivant nos efforts pour accompagner les malteurs chinois, la perspective d´un million de tonnes sur la Chine est envisageable à terme », indique Philippe Kaspi, directeur de France Export Céréales.

En Amérique latine où l´orge est produite surtout en Argentine, les importations d´orge et de malt constituent un volant pour équilibrer le marché. Avec l´Amérique centrale, elle représente un marché de 600 000 tonnes d´orges d´importation et de plus d´un million de tonnes de malt. « En 2003, en dehors du Mercosur, nous nous sommes approvisionnés essentiellement en Europe », souligne Alessandro Luis Sperotto de la société Ambev, leader local et cinquième brasseur mondial.
Enfin, sur le marché russe, le Finlandais Juhani Elonheimo, du groupe Raisio, a dressé un état des lieux mitigé. Si la consommation de bière et la construction de malteries progressent à grands pas, la production locale d´orges de qualité semble prendre davantage de temps. « Il n´y a pas en Russie de programmes variétaux significatifs pour développer une production d´orges brassicoles. Les importations russes de malt sont en recul mais il reste un créneau pour des exportations d´orges de printemps de qualité. »



(1) 630 000 hectares en 2003 contre 491 000 un an plus tôt.
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