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L'usage des pesticides en agriculture ne diminue pas

Le Nodu, indicateur du nombre de doses unités de produits phytosanitaires en agriculture , ne veut pas baisser. Ce qui indique que l'usage des pesticides en agriculture, en France, ne diminue pas.

Contrairement aux objectifs du plan Écophyto, l’usage des pesticides en agriculture ne diminue pas. Au contraire la tendance est à l’augmentation avec + 5 % en moyenne glissée sur trois ans entre 2008 et 2013. Et entre 2012 et 2013, le Nodu a fait un bond de 9,2 %. Les conditions météorologiques n’y sont pas étrangères. Les conditions humides du printemps 2013 ont été favorables aux maladies (déjà le cas en 2012, d’où une hausse des fongicides) et les excès d’eau ont favorisé les limaces et adventices, explique la note du ministère de l’Agriculture sur la tendance 2008-2012 du recours aux produits phytosanitaires.

Prairies et jachères non consommatrices de pesticides diminuent

Rapporteur sur le projet Agro-écologie et Écophyto, Dominique Potier trouve une deuxième explication à l’augmentation globale du Nodu : des prix des céréales élevés qui incitent les producteurs "à aller chercher le dernier quintal" en traitant au maximum pour obtenir les meilleurs rendements possibles. Enfin, une troisième explication est plus subtile. Les cultures non consommatrices de pesticides telles que les prairies et jachères diminuent inexorablement au fil du temps au profit de cultures sur lesquelles sont appliquées des phytos et notamment celles qui en consomment le plus telles que le blé tendre, le colza, la pomme de terre… Des données à manier avec précaution car dans le même temps, les surfaces agricoles baissent.

Le Nodu, indicateur complexe mais fiable

Le Nodu, nombre de doses unités, est un indicateur élaboré et choisi en 2008 pour permettre de suivre de la façon la plus fiable possible l’intensité du recours aux pesticides. Il attribue à chaque substance active une dose unitaire à l’hectare correspondant aux réalités des pratiques de terrain. Le Nodu ne traduit pas les quantités de matière active appliquées mais des doses efficaces de pesticides pour mettre sur un pied d’égalité des produits très pondéreux au grammage à l’hectare important et des spécialités actives à de très faibles doses. Le Nodu est calculé sur les quantités de produits vendues à l’année, ce qui peut être en léger décalage avec les réelles utilisations, certains de ces produits étant stockés. Il vaut mieux étudier l’évolution du Nodu sur plusieurs années pour juger des pratiques phytosanitaires. Le Nodu est exprimé en dose et, en 2013, il approchait les 90 millions de doses à l’hectare.

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