Adventice : la mercuriale annuelle, une mauvaise herbe envahissante en betterave
La mercuriale annuelle profite du retrait d’herbicides pour se développer sur culture de printemps, en particulier en betterave. L’adventice reste maîtrisable malgré tout.
La mercuriale annuelle profite du retrait d’herbicides pour se développer sur culture de printemps, en particulier en betterave. L’adventice reste maîtrisable malgré tout.
Reconnaître la mercuriale annuelle dès le stade cotylédons
La mercuriale annuelle (Mercurialis annua) est facile à reconnaître au stade plantule. Levant au printemps, cette adventice dicotylédone se remarque par ses cotylédons persistants de grande taille (plus de 1 cm de long), avec un limbe ovale-arrondi en forme de tulipe montrant des nervures dichotomes bien visibles. La plantule développe une tige sous les cotylédons (axe hypocotylé) de quelques centimètres.
Les feuilles se présentent opposées sur la tige. Elles sont pétiolées, de forme ovale, plus ou moins allongées avec le bord en dents de scie. Le limbe montre une texture plutôt molle avec des nervures bien visibles. Les tiges sont côtelées et se ramifient dès la base.
La floraison a lieu de juin à septembre avec de petites fleurs sans pétales apparaissant aux aisselles des feuilles. Les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds différents (plante dioïque). Adulte, la plante ne dépasse pas 50 centimètres, mais elle peut couvrir de larges étendues de la parcelle agricole.
Comment combattre la mercuriale annuelle ?
Agronomie : Sur les premières levées de mercuriale, les faux semis sont efficaces. Mais cela ne suffit pas avec les levées échelonnées de l’adventice. Le labour montre une action moyenne voire neutre contre la mercuriale. La rotation des cultures est une solution de contrôle en introduisant des cultures d’hiver ou d’autres cultures avec des herbicides efficaces sur cette adventice.
Mécanique : Les jeunes mercuriales s’arrachent facilement avec la herse étrille, la bineuse et la houe rotative.
Chimie : En betterave, parmi les herbicides, ceux à base de clomazone (Centium 36CS) montrent une très bonne efficacité sur mercuriale annuelle. Les produits à base d’éthofumésate (Tramat) sont jugés satisfaisants, tout comme ceux associant plusieurs molécules (Goltix Duo, Belvédère Duo…). Sur les variétés Smart, le produit Conviso One est très performant. Les programmes à trois ou quatre traitements associant divers herbicides permettent de bien contrôler l’adventice.
Sur pomme de terre, la métribuzine était efficace, mais a été retirée du marché. Des solutions à base de clomazone ou d’aclonifen peuvent apporter satisfaction contre les mercuriales. En maïs, privilégier les solutions de post-levée pour obtenir une bonne efficacité avec des produits à base de nicosulfuron ou de foramsulfuron notamment. En sorgho, les solutions efficaces sont limitées. Celles à base de bentazone présentent une efficacité satisfaisante. En protéagineux, on pourra utiliser l’aclonifen en prélevée et/ou la bentazone en post-levée. Sur tournesol, le moyen le plus performant est l’utilisation de tribénuron-méthyl sur les variétés tolérantes Express Sun.
Six points clés sur la mercuriale annuelle
Les levées de mercuriale annuelle sont plutôt échelonnées, entre avril et mai.
Un pied de mercuriale peut produire plus de 500 graines. Celles-ci germent superficiellement, à peine enterrées et jusqu’à 2 cm. Elles peuvent survivre 50 ans dans le sol. Le taux annuel de décroissance (TAD) est de l’ordre de 50 %, selon Arvalis.
L’espèce est très commune en France, un peu partout et elle est retrouvée sur de nombreux types de sols. Nitrophile, elle affectionne les sols riches en azote.
La nuisibilité de la mercuriale survient quand elle envahit une parcelle. Elle est connue surtout en culture de betterave avec un impact sur le rendement dans les parcelles trop sales.
La plante peut être toxique pour le bétail, ce qui est à considérer pour certaines récoltes comme celle de maïs fourrage.
La mercuriale annuelle est fréquente et nuisible surtout en culture de betterave, devant le maïs, la pomme de terre, le soja et le tournesol selon les avis d’experts et d’agriculteurs.