Poire : des variétés confirmées ou à suivre pour le Sud de la France
Lors d'une journée consacrée à la poire, le 8 janvier dernier, Paul Reymondon, en charge des collections variétales de La Pugère, a présenté des variétés libres « potentiellement intéressantes à développer ». Petite sélection des « confirmées » et de celles plus particulièrement adaptées aux circuits courts.
Harrow Delicious, Harrow Sweet, Abbé Fetel et Xenia en tête de liste
Harrow Delicious fait partie des précoces. À la station expériementale arboricole de la Pugère, elle arrive six à dix jours avant la williams. Cette variété est, comme toutes les Harrow, tolérante au feu bactérien. Ses rendements atteignent 35 à 45 tonnes/ha pour un calibre dominant de 65 à 75 mm. Sa double destination, en transformation ou frais, peut être un atout.
Quinze à vingt jours après williams, soit fin août début septembre à la Pugère, la variété Harrow Sweet atteint des rendements de 50 à 60 t/ha avec un calibre dominant de 60 à 70 mm. Ses points faibles : sa sensibilité à la stemphyliose et son épiderme fragile. Son point fort : selon les essais récents du CTIFL de Balandran, c’est la variété qui tolère le mieux les hivers doux, avec une floraison correcte dès 624 heures de froid.
Sur le même créneau de maturité, Abbé Fetel affiche une durée de conservation de six à sept mois, ce qui permet de la proposer jusqu’en février ou mars. C’est une variété confirmée qui dispose d’un circuit commercial développé. « En Italie, c’est la variété reine connue des consommateurs. Mais sa mauvaise affinité avec le Ba29 pose problème chez les producteurs. C’est pourquoi nous préconisons de la planter sur OHF 87 ou sur un autre porte-greffe de type poirier. Il faudra gérer la vigueur en la conduisant en biaxe ou multiaxe », avertit Paul Reymondon.
Toujours sur cette maturité fin août début septembre, la variété Novembra, commercialisée sous le nom Xenia est alternante en floraison et en production, avec des rendements pouvant varier de 30 à 70 t/ha. Son calibre dominant se situe entre 70 et 85 mm. « Elle plaît à la dégustation, est peu sensible aux manipulations et se conserve très bien, de six à sept mois. Elle pourrait donc être présente sur les marchés lorsque l’offre française se raréfie », note Paul Reymondon.
Plusieurs possibilités pour les circuits courts
Harrow Love, variété confirmée, se révèle très intéressante gustativement. « Mais il faut la faire connaître du consommateur, notamment en circuits courts », indique Paul Reymondon. Elle arrive à maturité en deuxième décade d’août avec des rendements compris entre 45 et 55 t/ha.
Autre variété gustativement intéressante, Professeur Lemoine. « Sa forme arrondie va attirer l’œil et sa qualité gustative est constante », assure le chargé des collections variétales. À noter aussi : une bonne productivité, de 40 à 50 t/ha avec des calibres dominants de 60 à 75 mm.
Autre variété qui pourrait attirer l’œil par sa coloration très rouge : Columbia Red Anjou. Elle arrive à maturité en deuxième à troisième décade d’août. « Sa vigueur est plutôt faible et il faudra sûrement densifier le verger pour compenser », signale Paul Reymondon Mais elle dispose d’un atout : sa conservation jusqu’à sept mois.
Sur le même créneau de maturité que Columbia Red Anjou, Paul Reymondon cite également pour les circuits courts la variété Président Héron. « Elle est intéressante gustativement mais sensible aux manipulations », décrit-il. Elle affiche des rendements pouvant aller jusqu’à 60 t/ha et des calibres jusqu’à 80 mm. Dans le Sud-Ouest, elle semble toutefois sensible à la punaise.
Enfin, la variété Pierre Corneille, en 7e feuille à la Pugère reste à suivre. C’est une variété tardive, à maturité fin août début septembre. Sa chair est fine, juteuse, sucrée et parfumée et elle s’avère peu sensible aux manipulations.