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Melon : les leviers pour contrôler les nématodes à galles

En PACA, un projet associant chercheurs, expérimentateurs et producteurs est mené pour mieux contrôler les nématodes à galles. L’idée est d’évaluer et de déployer les combinaisons de leviers possibles selon l’exploitation.

L’insertion après la culture d’été d’un sorgho est déjà pratiquée par certains producteurs.
© Grab

Les nématodes à galles constituent un problème important en maraîchage sous abri. « Plusieurs projets ont déjà permis d’étudier l’effet de différentes techniques culturales pour la maîtrise des nématodes, précise Hélène Védie, du Grab, chef du projet GONem (Groupe Opérationnel sur la gestion des NEMatodes à Galles en maraîchage en PACA). L’idée avec GONem a été d’y associer des producteurs dès sa conception et d’évaluer de façon large les combinaisons de leviers possibles selon les contraintes technico-économiques de chaque exploitation. » Lancé à l’été 2018 pour quatre ans, le projet associe l’Inra (Unité de nématologie de Sophia Antipolis, unité d’écodéveloppement d’Avignon), le Grab, l’Aprel, dix producteurs et les conseillers des structures qui les suivent (Civam Bio du Vaucluse, Ceta du Soleil, Ceta Alpilles-Durance). Cinq producteurs sont en bio, avec en général des systèmes assez diversifiés, cinq en conventionnel, avec une spécialisation en solanacées ou cucurbitacées et une salade en hiver.

Un suivi sur quatre années

Le projet vise à comparer sur quatre ans une combinaison de techniques alternatives, élaborée selon les possibilités du producteur, à son système de référence. Le plus souvent un tunnel est consacré au système GONem et un tunnel adjacent au système de référence. Un état des lieux a d’abord été réalisé. « Le niveau d’infestation est très variable, indique Hélène Védie. Mais sur chaque site, on retrouve différentes espèces de nématodes à galles. Le melon notamment y est très sensible, sans possibilité de variété résistante, et les niveaux d’infestation sont généralement élevés. » Plusieurs leviers peuvent être mis en œuvre pour mieux contrôler les nématodes : la prophylaxie, l’insertion de cultures moins sensibles, les résistances variétales, le greffage, avec notamment en aubergine un nouveau porte-greffe, le solanum torvum, plus résistant aux nématodes à galles, des couverts végétaux assainissants en interculture, une meilleure maîtrise des adventices, dont la plupart sont hôtes des nématodes à galles et peuvent donc permettre leur reproduction… « En melon, le greffage sur courge est une solution. Le greffage rend les plants plus vigoureux et donc plus tolérants aux attaques. Mais il n’y a pas de porte-greffe melon résistant aux nématodes qui peuvent donc s’y multiplier. » A la fin de chaque culture, une observation des racines est réalisée pour évaluer le niveau d’infestation sur une échelle de 1 à 10. Des prélèvements de sol sont également effectués pour analyser les communautés de nématodes présents, une fois par an sur six exploitations et à la fin de chaque culture pour les quatre autres, avec 16 points de prélèvement.

Couverts végétaux, greffage, décalage des dates de plantation

Au Ceta du Soleil (Bouches-du-Rhône), deux maraîchers conventionnels participent au projet. L’un cultive de la salade l’hiver et du melon l’été, l’autre de la salade ou du fenouil en hiver et du melon ou du poivron en été. « Un levier intéressant serait de diversifier les rotations avec des cultures moins sensibles aux nématodes, analyse Antoine Dragon, du Ceta du Soleil. Mais cela perturberait les débouchés. » Le principal levier sera donc l’insertion après la culture d’été d’un couvert piège à nématode (du sorgho détruit au bout de trois semaines) ou nématicide (une brassicacée comme le radis fourrager, broyé, arrosé et aussitôt bâché pour permettre la libération de substances nématicides). Autres leviers utilisés : le greffage sur courge et le décalage des plantations sur des périodes moins favorables aux nématodes (à partir de mi-novembre en salade, cycle des nématodes bloqué sous 10°C). « Une autre piste serait l’apport massif de matière organique pour recréer un équilibre favorable à la vie du sol et donc moins aux nématodes. Mais ce levier est difficile à mettre en place, du fait notamment de l’échelonnement des plantations. »

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