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Maraîchage sous serre : « Avec le drone, le blanchiment est plus homogène »

Pour protéger ses fruits et légumes, pourquoi faire appel au drone pour blanchir ses serres en alternative à l’application manuelle ? Deux producteurs témoignent, l'un dans le Rhône, l'autre en Lot-et-Garonne.

<em class="placeholder">Démonstration de blanchiment de serre par drone lors de l&#039;événement Perifel en Dordogne.</em>
Les drones qui blanchissent à l'aide d'un réservoir embarqué nécessitent des procédures d'autorisation de vol lourdes.
© C. Gerbod

Le coût du blanchiment par drone varie selon les prestataires, les caractéristiques des serres ou encore le taux d’ombrage souhaité. « Cela revient généralement à nos clients entre 0,10 et 0,30 euro le mètre carré », chiffre Lilian Marolleau, dirigeant d’Agrodrone, qui forme par ailleurs des maraîchers au télépilotage. Le drone, sans pénibilité comparé à l’application manuelle, est toujours plus coûteux que l’hélicoptère. « Du simple au double, néanmoins il ne faut pas les opposer, précise Augustin Navarranne, directeur associé et télépilote chez Agribio Drone. Des chantiers sont impossibles au drone mais adaptés à l’hélicoptère, et inversement. » Il y a deux types de drones : les drones captifs, reliés à une cuve au sol, et ceux dotés d’un réservoir embarqué. « Les premiers doivent être utilisés très exceptionnellement car le vol est manuel et l’application imprécise », estime Augustin Navarranne. Pour les seconds, les procédures d’autorisation sont lourdes et, bien que ce soit au prestataire de s’en charger, les maraîchers gagnent à vérifier que tout est en ordre. Le risque étant de ne pas être couvert en cas de dégâts, si le vol n’est pas autorisé ou le drone mal assuré.

Frédéric Riche, gérant des Serres de La Grenière dans le Rhône

« Je fais blanchir par drone depuis cinq ou six ans par l’entreprise Air Pro Tech. Je gagne en qualité d’ombrage : à la main, on ne le faisait pas toujours parfaitement et on avait tendance à blanchir tardivement, faute de temps. Avec le drone, l’opacité est plus homogène et on blanchit de plus en plus tôt. On sécurise donc mieux nos cultures, notamment concombres et tomates. Nos serres - doubles parois gonflables avec deux blocs d’un hectare et 4 mètres au faîtage - sont blanchies en deux étapes, en fin de printemps puis l’été, avant les canicules. Le premier passage laisse passer les rayons et coupe une partie de la chaleur, pour garder les bénéfices du rayonnement printanier. Le deuxième, plus opaque, coupe les rayons et la chaleur. Le produit blanchissant est fourni par l’entreprise. Je mets à disposition du droniste un point d’eau, puis on reste en relation durant l’intervention, il me demande d’ouvrir la serre par ici, de fermer par là. Le réservoir est embarqué, la meilleure technique à mes yeux. Je suis sceptique quant aux drones reliés à une cuve au sol par un câble car, quand je blanchissais à la main, j’ai trop expérimenté le tuyau du pulvérisateur qui court dans les chéneaux et finit par s’accrocher à une vis qui dépasse… À la fin de l’été, le drone revient une troisième fois pour déblanchir. »

Jérôme Marty, producteur de légumes dans le Lot-et-Garonne

« Depuis deux ans, je fais blanchir par drone mes deux serres de légumes (tomates, poivrons, aubergines et autres) pour ne plus avoir à le faire manuellement. Je blanchissais moi-même depuis une quinzaine d’années, c’était très fatigant, long, et je ne pouvais pas déléguer à mes saisonniers car ils ne sont pas formés. Par drone, le résultat final est très satisfaisant, équivalent à ce que j’obtenais à la main. J’en ai testé deux sortes, l’un avec un réservoir embarqué (via la Fédération des Cuma de Gironde et du Lot-et-Garonne), l’autre relié à un réservoir au sol de l’entreprise Air Drone, je n’ai pas vu de différence. Le drone blanchit le toit des serres, ainsi que les parois verticales sur les trois quarts en partant du haut, comme je le faisais manuellement. Passer au drone ne m’a pas fait changer de produit, à base de chaux. J’achète toujours un bidon de 25 kilos à 56 euros HT et ça me fait mes deux serres de 60 m x 10 m (x 4 m de haut). Le drone passe une seule fois, en juin, et le déblanchiment se fait avec la pluie, vers la fin de l’été. »

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