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Légumes bio sous serres chauffées: le retour du produit français

Les produits bio cultivées sous serres chauffées sont autorisés à la vente depuis le 1er mai. Interfel demande plus d’harmonisation dans les décisions, plus d’information pour le consommateur.

serre bio chauffée
Une serre de tomates bio françaises. Photo d'archive Réussir Fruits & Légumes
© Adrien Lasnier

Depuis le 1er mai, les tomates, concombres, courgettes, aubergines et poivrons bio français cultivés sous serres chauffées peuvent de nouveau être commercialisés. Pour rappel, en juillet 2019, l’encadrement de la commercialisation de ces produits, décidé par le Comité national de l'agriculture biologique, avait très fortement agité toute la filière.

Interfel avait pris acte de cette réglementation mais entendait bien étudier l’impact sur la consommation. L'interprofession l’avait annoncé dès la décision prise en juillet 2019 :  elle a lancé une étude consommateur en février 2020 afin de s'assurer de la bonne perception par les consommateurs sur la valeur ajoutée de cette décision. L’étude a été réalisée on-line par le cabinet CSA.

Plusieurs points sont à relever :

- Seulement 13% des français déclarent avoir connaissance de la règlementation interdisant la commercialisation des produits bio français issus de serres chauffées entre le 21 décembre et le 30 avril, et savoir précisément de quoi il s'agit.

- 43 % des personnes interrogées ne savent pas ou n'ont pas fait attention au fait que les produits concernés par la mesure n'étaient pas disponibles en bio d'origine France en points de vente à cette période.

- 30% des consommateurs déclarés des produits bio d'origine France concernés par la mesure au cours du dernier mois auraient orientés leurs achats vers des produits non bio,

- 9% vers des produits bio non français,

- 8% auraient limité leur consommation de fruits et légumes frais.

Les inquiétudes d’Interfel confirmées

Les résultats confirment certaines inquiétudes d’Interfel : « La décision est largement ignorée des français et qu'elle a partiellement profité au bio non français. Elle a contribué également à la baisse de consommation de F&L qui est pourtant un enjeu de santé publique. » précise-t-elle dans un communiqué de presse.

« Toute mesure notamment règlementaire concernant ce secteur doit faire l'objet d'une large information des consommateur, réclame l’interprofession,  De plus, lorsqu'elle ne fait pas l'objet d'une concertation, nous demandons à ce que la communication collective puisse être autorisée à communiquer sur les spécificités françaises. » 

L’interprofession appelle aussi à une harmonisation des décisions au niveau européen afin d’éviter les distorsions de concurrence : « La France est à nouveau à égalité pour quelques mois avec les autres pays de l'Union Européenne. Cette harmonisation s’inscrirait dans une optique à la fois de cohérence entre les opérateurs et de transparence vis-à-vis du citoyen. Ce qui n'est en l'occurrence pas le cas ! » souligne-t-elle.  

Lire aussi : la filière prend position sur le dossier du chauffage des serres bio

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