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Fruits et légumes : « Avec Trap-Eye, je détecte les aleurodes une à deux semaines plus tôt »

En 2025, Boris Duval a équipé un hectare de serre du système Trap-Eye de comptage automatisé des ravageurs. Le dispositif permet plus de réactivité pour la protection.

En 2025, Boris Duval, producteur de tomate cerise et grappe pour Solarenn, a équipé un hectare de serre du système Trap-Eye de comptage des ravageurs sur panneaux englués. Il est installé depuis 2024 à Janzé, en Ille-et-Vilaine, par reprise d’un site de quatre hectares. « Beaucoup de saisonniers ne reviennent pas d’une année à l’autre, explique-t-il. Il est donc difficile de les former à la détection des ravageurs. En 2025, le risque aleurodes étant élevé et les Macrolophus apportés en début de saison s’étant peu développés, j’ai donc choisi de compléter l’observation par l’humain avec la solution Trap-Eye. » Proposé par Biobest, Trap-Eye repose sur des caméras qui photographient chaque semaine des panneaux englués qui piègent les insectes.

Les photos sont envoyées sur un cloud où une intelligence artificielle identifie et compte les insectes. « Le système détecte les aleurodes, Tuta absoluta, les thrips, les mouches mineuses, Nesidiocoris tenuis et les Macrolophus qui, s’ils sont présents en trop grand nombre, peuvent aussi s’attaquer aux plantes », précise Boris Duval.

Des caméras fixées par des aimants

Les caméras, équipées d’un piège englué et d’un panneau solaire, sont installées sur les poteaux entre rangs à raison de quarante Trap-Eye par hectare. « Biobest fournit un plan et aide à les installer. Le système se fixe sur les poteaux par un aimant et est alimenté par le panneau solaire. Il n’y a aucun fil, pas de poteau à percer », détaille-t-il. Les caméras sont connectées à une antenne qui renvoie les photos sur le cloud.

Elles sont installées au niveau des têtes des plantes. « Il faut donc les monter au fur et à mesure que la culture grandit », souligne-t-il. Chaque caméra prend une photo de son piège une fois par semaine, le dimanche chez Boris Duval. « Le lundi matin, je consulte la plateforme Trap-Eye, ce qui me prend 15 à 30 minutes. Même si je fais toujours le tour des serres chaque matin, je gagne beaucoup de temps sur l’observation. Trap-Eye fournit une cartographie de la serre par insecte, avec des points verts, oranges ou rouges selon les seuils d’insectes au mètre carré que j’ai fixés. Le principal problème est l’aleurode. À partir de deux aleurodes par mètre carré, je dois réagir en faisant des lâchers complémentaires d’auxiliaires sur les foyers et en renforçant le piégeage. »

Un gain de temps et d’efficacité

La meilleure réactivité permise par la détection rapide des aleurodes est précieuse. « Plus on apporte les prédateurs tôt sur un foyer de ravageurs, plus celui-ci est facile à maîtriser, assure Boris Duval. Une semaine plus tard, cela peut être beaucoup plus compliqué. L’IA compare les photos à celles de la semaine d’avant, ce qui permet de voir comment les ravageurs se déplacent, si la lutte est efficace ou si le nombre de ravageurs augmente. » Le serriste peut aussi donner accès à la plateforme Trap-Eye à son conseiller PBI. « En général, il passe tous les 15 jours. En consultant la plateforme, il peut lui aussi être plus réactif. » Au final, le coût de 3 900 euros par hectare et par an ne lui paraît donc pas trop élevé. « Les pertes évitées sont difficiles à évaluer, mais en 2025, malgré une situation critique en acariens, je n’ai utilisé aucun insecticide. En 2026, je me concentre sur le traitement de l’eau, mais en 2027 je vais équiper mes quatre hectares de Trap-Eye. »

Gaëtan Béraud, directeur technique à Solarenn

« Tous les serristes l’ayant testé le recommandent »

« En 2025, la pression en aleurodes a été élevée, du fait d’un hiver doux. Or l’aleurode peut entraîner 20 à 30 % de pertes de rendement, voire plus. De plus, une grosse partie de la production de Solarenn, notamment en tomate cerise, est vendue avec le label "Cultivées sans pesticides". Nous avons donc décidé de tester Trap-Eye sur cinq sites pilotes. Les cinq producteurs en ont été satisfaits. En moyenne, Trap-Eye permet un gain d’une à deux semaines pour adapter la protection par rapport à une détection uniquement par les salariés. Le coût en leasing est de 3 900 euros par hectare et par an pour une photo par semaine, avec des contrats d’un à trois ans. Tous les serristes l’ayant testé le recommandent et la plupart réfléchissent à équiper toutes leurs serres. »

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