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Cornichons français : Reitzel stabilise sa production et prépare l’avenir

Retour sur la saison des cornichons français de la PME agroalimentaire Reitzel et sur les défis pour cette petite filière relancée en 2016.

<em class="placeholder">Une main tenant des cornichons. </em>
En 2025, les producteurs français partenaires de Reitzel ont récolté 472 tonnes de cornichons, un tonnage en légère augmentation par rapport à l’année précédente.
© Reitzel

La PME agroalimentaire Reitzel, qui a relancé la filière française du cornichon en 2016, stabilise sa récolte. En 2025, ses producteurs français ont récolté 472 tonnes de cornichons, un tonnage en légère augmentation par rapport à l’année précédente (464 tonnes), et très en dessous de la récolte exceptionnelle de 2023 (900 tonnes). Habituellement, les producteurs sont autour de 26, essentiellement en Centre Val de Loire mais cette année ils sont une quinzaine en raison d’une pause temporaire avec les Bretons.

Légère baisse en cornichons bio

Cette hausse modérée est portée par les cornichons conventionnels (20 ha), à 344 tonnes en 2025 au lieu de 328 tonnes en 2024. Les cornichons bio (7 ha), produits par deux agriculteurs, sont eux en léger recul, à 128 tonnes contre 136 tonnes 2024.

« En bio, nous avions prévu une meilleure saison, autour de 140 tonnes, explique Léopoldine Mathieu, responsable filières et développement durable chez Reitzel. Mais la météo en a décidé autrement en Alsace. » Elle cite l’excès de pluie, la grêle et le mildiou. « Cette légère baisse n’est pas liée à un recul notre marque de cornichons bio, Bravo Hugo, qui comme Hugo (conventionnel) fonctionne bien », précise l’agronome.

Quels sont les défis pour les cornichons français ?

Reitzel identifie plusieurs défis pour la filière du cornichon tricolore qu'elle s'efforce de rebâtir. 

Les défis de notoriété du cornichon français

L’ingénieure constate, sondages à l’appui, que de nombreux consommateurs associent les cornichons à l’origine France, notamment ceux des grandes marques, alors que 80 % des cornichons consommés dans l’Hexagone viennent d’Inde, berceau du cornichon où la mousson permet plusieurs récoltes par an, avec une main-d’œuvre moins coûteuse. Une bonne partie des 20 % restants vient d’Europe de l’Est, d’après un article sur le site du ministère de l’Agriculture.

« Cette méconnaissance des consommateurs et le flou entretenu par les grandes marques sont des freins au développement de la filière française », dénonce la PME agroalimentaire dans un communiqué. Pour faire ressortir le sourcing français, Reitzel appose depuis l’été, sur tous ses bocaux, l’étiquetage volontaire Origin’Info dédié aux produits transformés. « Chez Reitzel, la part de cornichons français est d’environ 5 %, contre près de 2 % sur le marché français », chiffre Léopoldine Mathieu.

Les défis humains et de main-d’œuvre des cornichons français

« Il y a une problématique de main-d’œuvre, analyse Léopoldine Mathieu, car les cornichons demandent beaucoup de monde pour être récoltés tous les jours pendant deux mois. » Elle évoque une moyenne de 15 personnes par hectare pour ces cornichons français qui se récoltent jusqu’en septembre et peuvent grossir considérablement en une seule journée – la récolte n’attend pas.

Selon l’assolement choisi sur l’exploitation, le producteur de cornichons peut employer une main-d’œuvre déjà embauchée pour d’autres cultures. À noter que parmi les agriculteurs partenaires de Reitzel, on compte de nombreux spécialistes des grandes cultures déjà diversifiés en maraîchage, ainsi que des maraîchers. « Nous avons des producteurs de fraises, d’asperges, mais aussi de poireaux ou encore de courgettes », illustre l’agronome.

Les défis techniques du cornichon français

Côté technique, les cornichons français, irrigués, font face à des enjeux de besoin en eau et de résistance aux maladies, dont le mildiou. « Nous menons entre autres des recherches de sélection variétale, avec des essais à plus grande échelle depuis 2023, explique Léopoldine Mathieu. D’autant que cette petite filière est peu prise en main par les instituts de recherche. »

Baisse des besoins en eau et en intrants, meilleure résistance aux maladies, alors que l’experte observe de nouvelles punaises amenées par le changement climatique… La création variétale pourrait aussi réduire la pénibilité. « Nous pourrions cultiver des cornichons qui poussent de manière différente, avec une moindre pénibilité de récolte et donc plus d’attractivité », pointe l’agronome.

Toujours pour réduire la pénibilité, la PME planche sur des projets de mécanisation et teste plusieurs machines. « En Alsace, l’un de nos producteurs bio a mis en place une semi-mécanisation, ce qui rend le travail un peu moins pénible », indique l’experte.

Étendre le réseau de producteurs français de cornichons ?

Actuellement, Reitzel ne cherche pas spécialement à augmenter le nombre de ses producteurs français de cornichons. « Nous sommes en phase de consolidation de nos liens avec nos producteurs », décrit Léopoldine Mathieu.

Pour croître, la priorité sera donnée aux producteurs déjà partenaires qui souhaiteraient produire plus, mais la porte restera ouverte aux nouveaux, en particulier en bio. Ils bénéficieront des mêmes garanties offertes par Reitzel pour limiter les risques, telles que l’accompagnement par un agronome, l’assurance récolte ou encore la garantie calibre.

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