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Cassis et groseille : « La canicule est un gros coup dur », témoigne un producteur en Corrèze

A Pompadour, en Corrèze, Richard Renaudie cultive 22 hectares de cassis et 3 hectares de groseilles essentiellement pour l’industrie, en plein champ et sans irrigation. Après avoir perdu la moitié de sa récolte à cause de la vague de chaleur de fin juin 2026, il témoigne.

<em class="placeholder">L&#039;agriculteur Richard Renaudie en photo dans son verger de cassis et groseille. </em>
« J’ai eu 50% de pertes, sur un potentiel de 130 t en cassis et de 15 t en groseilles, avec des branches entières brûlées et des fruits qui tombaient massivement », témoigne après la canicule de fin juin Richard Renaudie, agriculteur installé en polyculture-élevage à Pompadour, en Corrèze.
© Richard Renaudie

« La canicule de juin est un gros coup dur, explique à Réussir Fruits et Légumes Richard Renaudie, installé en polyculture-élevage à Pompadour, en Corrèze. C’est d’autant plus douloureux psychologiquement qu’on voyait une belle récolte se profiler. J’ai eu 50% de pertes, sur un potentiel de 130 t en cassis et de 15 t en groseilles, avec des branches entières brûlées et des fruits qui tombaient massivement. Depuis vingt-trois ans que je fais du cassis et quatre ans que je fais des groseilles, je n’ai jamais vu ça. Ces dégâts sont notamment liés au fait que les chaleurs sont arrivées au pire moment, pendant la véraison : les fruits ont cuit avant de finir de mûrir. Je n’ai pas la possibilité d’irriguer ces deux cultures, à cause de la configuration de mes parcelles morcelées, mais je ne suis pas sûr que cela aurait empêché les fruits de griller. »

Les industriels ont joué le jeu

« Au niveau qualitatif, poursuit le producteur, ce n’est pas brillant. Voire très décevant. On a eu de la chance que les industriels - des fabricants de liqueurs pour le cassis et Andros pour les groseilles - jouent le jeu et acceptent les lots. D’autant qu’en groseille, il nous manquait un point de sucre. Par ailleurs, j’espérais vendre 3 t de groseilles en frais, valorisées autour de dix euros le kilo soit quinze fois plus qu’en transformation, mais la canicule rend cela impossible. »

Trouver des machines supplémentaires pour récolter en urgence

«  Il a fallu récolter en catastrophe, relate Richard Renaudie. On a commencé par le cassis, de 1 heure ou 3 heures du matin jusqu’à parfois midi, du 23 au 29 juin, au lieu de la première quinzaine de juillet habituellement. On a enchaîné avec les groseilles le 30 juin, sur deux jours. Ma récolte est mécanisée, l’un des enjeux est donc d’avoir assez de machines et de chauffeurs disponibles immédiatement, chaque jour supplémentaire entraînant davantage de fruits brûlés et tombés. Notre prestataire, commun à plusieurs producteurs, est venu tout de suite mais il n’a malheureusement pas pu trouver une quatrième machine, étant donné qu’on lui en avait commandé trois au départ. »

Blanchir les fruits, une piste d'adaptation qui a des inconvénients

« Le blanchiment les vergers pourrait être une piste, réfléchit le producteur, mais cela impliquerait de laver les fruits ou de les livrer blancs, or la chaîne industrielle n’est pas étudiée pour cela. Quant à produire sous tunnels, ce qui permet de blanchir et brumiser ces abris, c’est bien sûr inenvisageable économiquement quand on vend à l’industrie, en raison des marges plus faibles. En cassis, la question ne se pose pas : il n’y a pas de marché en frais. En groseille, les tunnels nécessiteraient entre autres d’irriguer et, de plus, même sous abri les plantes ne sont pas faites pour résister à de telles températures. »

Des conséquences à long terme sur le cassis et les groseilles

« Au-delà des conséquences immédiates, il y a pour ces deux cultures un risque pour la floraison l’année prochaine. C’est dommage aussi pour les nouveaux : notre région se caractérise par la présence de producteurs récemment diversifiés en cassis et groseilles pour sécuriser leurs exploitations. Mais nous allons bien sûr continuer à produire : le cassis et la groseille sont des plantes pérennes avec lesquelles on en a pour vingt ans. On ne raisonne pas une stratégie sur une mauvaise année. »

REPÈRES

SCEA du Rhé, à Pompadour, en Corrèze.

Polyculture-élevage.

22 ha de cassis d’industrie (variétés Noir de Bourgogne et Blackdown), 3 ha de groseilles essentiellement d’industrie, 15 ha de pommes à couteau, 25 ha de céréales.

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