Canicule : les demandes de la filière fruits et légumes pour sécuriser la production
Accès à l’eau et aux produits phytosanitaires, indemnisations… Face aux vagues de chaleur successives, la FNP Fruits, Légumes de France, la Gefel et Felcoop listent les mesures à leurs yeux nécessaires pour sécuriser les productions fruitières et légumières.
Accès à l’eau et aux produits phytosanitaires, indemnisations… Face aux vagues de chaleur successives, la FNP Fruits, Légumes de France, la Gefel et Felcoop listent les mesures à leurs yeux nécessaires pour sécuriser les productions fruitières et légumières.
Alors qu’une troisième canicule touche la France, et que les dégâts des précédentes vagues de chaleur sur les productions arboricoles et maraîchères sont considérables, la FNP Fruits, Légumes de France, la Gefel (association d’OP) et Felcoop (coopératives) ont adressé plusieurs demandes au ministère de l’Agriculture, début juillet.
Des demandes urgentes sur l’eau, les indemnisations et les phytos
« Lever les restrictions d’irrigation dans les arrêtés préfectoraux » est l’une des mesures jugées urgentes par la filière afin de sécuriser l’accès à l’eau, d’après une note destinée au ministère de l’Agriculture. Elle demande aussi « des dérogations phytosanitaires (Harvista, solutions ravageurs, renouvellement d’AMM, acétamipride) » et appelle à des indemnisations « rapides » via la solidarité nationale, troisième étage de l'assurance récolte, ainsi qu’un « accompagnement financier (pertes, re-semis et outils collectifs de conditionnement/expédition des OP/coopératives) ». Il faut selon ces professionnels « envisager une aide exceptionnelle pour les exploitations qui sortent du cadre de la solidarité nationale », qui pourrait inclure des aides à la replantation. Ils invitent aussi à « une souplesse sur les paiements MSA ».
Des demandes à moyen terme de la filière fruits et légumes
La FNP Fruits, Légumes de France, la Gefel et Felcoop complètent leurs demandes urgentes par des leviers à activer selon eux « à moyen terme ». Sur l’eau, la filière fruits et légumes cite le stockage hivernal, les retenues collinaires, les réserves, les forages, la recharge des aquifères, avec une « réglementation territorialisée » et un « soutien à l’investissement ». Elle demande aussi des « structures de protection » telles que des ombrières, filets, abris et écrans thermiques ou encore une « réforme de l’assurance récolte (franchise, barèmes, historique) ». Elle mise également sur la recherche variétale et génétique (dont NGT) pour les enjeux de tolérance au stress thermique et hydrique. Et appelle de nouveau à une « équité de compétitivité européenne » qu’il s’agisse des produits phytopharmaceutiques, de la main-d’œuvre ou de l’énergie, avec une « harmonisation européenne ou une protection origine France ».
« Sans irrigation, la production devient totalement impossible quand se cumulent sécheresse prolongée et canicule », prévient Interfel
« Grâce au savoir-faire de nos producteurs et à l'engagement de toute la filière, affirme Daniel Sauvaitre, président d’Interfel, le 6 juillet, dans un communiqué, l'approvisionnement des consommateurs est aujourd'hui assuré. Cette canicule rappelle néanmoins l'urgence d'adapter durablement notre agriculture au changement climatique, notamment en renforçant notre capacité à sécuriser l'accès à l'eau et à accompagner les producteurs dans cette transition. » Pour l’interprofession des fruits et légumes frais, développer des solutions de stockage de l'eau « adaptées aux territoires » est un levier incontournable pour plus de résilience. « Sans irrigation, écrit l’interprofession, la production maraîchère ou arboricole devient totalement impossible quand se cumulent sécheresse prolongée et canicule. »