« J’ai investi dans mon élevage porcin pour mieux accueillir des salariés »

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Steven Le Hir entouré par Quentin et Élouen, ses salariés, et Énora, stagiaire : « Je suis entourée par des jeunes, nous sommes tous les trois non issus du monde agricole, et nous nous en sortons bien ! » Crédits : © A. Dupuis

Steven Le Hir, installé depuis octobre 2020 dans le Finistère, a souhaité très vite acquérir un autre site pour se développer et accueillir des salariés.

Un an après son installation hors cadre familial dans un élevage de 150 truies, Steven Le Hir projetait d’agrandir son exploitation. « Mon projet d’installation s’est construit autour d’une envie d’entreprendre, de réussir et de développer pour pouvoir accueillir mes salariés », indique-t-il. 

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En 2023, l’éleveur a concrétisé son projet en rachetant un site à deux kilomètres, devenu aujourd’hui le site principal avec 341 truies, 1 600 places de post-sevrage et 1 990 places d’engraissement. L’atelier naissage et sevrage initial de 150 truies a été transformé en engraissement (1 400 places). Au total, ce sont 10 500 porcs charcutiers nés et engraissés chaque année sur son exploitation. Avec cet agrandissement, l’éleveur se place au-dessus de la médiane du nombre de truies par élevage (environ 250 truies en 2023 selon les données Ifip). Pour lui, son élevage reste une exploitation familiale : « 10 000 porcs charcutiers par an, aujourd’hui ce n’est rien par rapport à ce qu’on peut voir à l’étranger. »

Ne plus travailler seul

Cet agrandissement a surtout été pensé pour ne plus avoir à travailler seul. « La première année, je n’ai pu prendre qu’une semaine de vacances, et je travaillais tous les jours et tous les week-ends », déplore l’éleveur. « Travailler seul était pesant alors qu’avoir des salariés ajoute du confort dans mon travail. Dans ma vie personnelle, cela me permet aussi de dégager du temps pour pouvoir voir mes enfants et ma femme, qui travaille à l’extérieur », relate-t-il. Il a recruté Quentin, salarié sur le site racheté en 2023, qui est revenu travaillé sur l’exploitation après une reprise d’étude dans le domaine laitier. « Quentin connaissait bien le site et ma façon de travailler, le fait qu’il revienne montre qu’il a apprécié de travailler ensemble », reprend Steven. Puis il a engagé Élouen en 2025 pour compléter l’équipe. Aujourd’hui, il est fier de son équipe stable et joviale, complétée par Énora, stagiaire depuis la rentrée 2025.

Investir pour mieux accueillir

Steven souhaitait investir pour accueillir confortablement ses salariés. « J’ai refait entièrement le sas d’entrée avec des vestiaires et des douches propres pour que mes salariés puissent avoir tout à disposition en entrant et en sortant de l’élevage », détaille-t-il. Il a également investi dans les divers ateliers de l’exploitation pour améliorer le confort de travail et ajouter de la cohérence à son projet.

Priorité à l’indice de consommation

Après la transformation du parc naissage et post-sevrage d’origine, il a construit un bâtiment neuf maternité liberté en 2024, plus ergonomique. Afin d’homogénéiser les deux sites, Steven a choisi de passer à une alimentation à sec pour garder une homogénéité sur l’ensemble de ses sites. Cela lui permet d’être sûr de la qualité optimale de son alimentation et d’atteindre des indices de consommation (IC) faibles. « Je suis dans les 10 % meilleurs sur l’IC, j’ai mis un cochon de moins et un abreuvoir de plus dans chaque case et je suis passé de 2,80 à 2,42 depuis mon installation. Je préfère avoir un peu moins de sevrés mais faire une belle marge sur l’IC », confirme-t-il. Steven a également investi dans un camion pour transporter les porcelets jusqu’au second site d’engraissement. « Mes deux sites sont proches, sans rond-point, sans bourg et sans dos d’âne, c’est idéal », explique-t-il.

Mieux gérer les effluents

Le rachat du second site a également permis à Steven de mieux gérer les effluents de l’élevage. « Avec mes 22 ha, le plan d’épandage commençait à être compliqué. Le fait de racheter un site me permettait d’avoir accès à une station collective de traitement du lisier, et donc d’avoir plus de souplesse au niveau des fertilisants azotés de l’élevage ». La rentabilité de l’unité de méthanisation indépendante dont il est associé permet de couvrir les frais de fonctionnement de la station de traitement.

Des difficultés pour agrandir

« J’ai dû continuer mon activité seul pour un an supplémentaire de bilan comptable, sans quoi la banque n’acceptait pas de financer mon agrandissement. » Steven avait déjà attendu cinq ans par rapport à son premier projet d’installation, le temps de se former comme conseiller environnement à Evel’Up. L’éleveur déplore une instabilité et un manque de rentabilité lorsqu’il faut conjuguer prix fluctuants et remboursement des charges et impôts des années précédentes. « Emprunter de l’argent aux banques pour investir, c’est bien, mais il faut pouvoir les rembourser ensuite », avertit l’éleveur. Son envie de développement se poursuit, bien qu’il se heurte à la compétition pour les terres agricoles et aux difficultés administratives.

FICHE ÉLEVAGE

EARL 2M

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2 salariés

Conduite en 10 bandes, sevrage 21 jours

350 truies

10 500 porcs charcutiers par an

Indice de consommation 2,42

13,2 sevrés/truies

22 ha SAU

Associé dans une station collective de traitement du lisier et une méthanisation

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