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« Sur notre élevage de chèvres, nous accordons les cycles de production »

La chèvrerie de la Trufière tire le meilleur parti de son environnement et a investi pour réduire sa dépendance énergétique.

L'isolation de la chèvrerie en 2018 et l'installation de translucides perforés ont permis d'améliorer l'ambiance pour les chèvres et les associés de la chèvrerie de la Trufière à Chissey-lès-Mâcons, en Saône et Loire, Sylvain Chopin, Marie-Émilie Robin (absente sur la photo) et Bérénice Claude.
L'isolation de la chèvrerie en 2018 et l'installation de translucides perforés ont permis d'améliorer l'ambiance pour les chèvres et les associés de la chèvrerie de la Trufière à Chissey-lès-Mâcons, en Saône et Loire, Sylvain Chopin, Marie-Émilie Robin (absente sur la photo) et Bérénice Claude.
© V. Hervé-Quartier

À Chissey-lès-Mâcons (Saône-et-Loire), à quelques kilomètres de la célèbre abbaye de Cluny et entourés de vigne, Sylvain Chopin, Marie-Émilie Robin et Bérénice Claude ont su s’adapter à leur environnement et aux contraintes extérieures. « Nous avons une production saisonnière, avec une synchronisation du pic de lait, avec le pic de pousse de l’herbe, de lumière et de vente », explique Sylvain Chopin.

« Nos chèvres sont au pâturage 10 heures par jour de mai à novembre. Cet été, pour nous adapter aux fortes chaleurs, elles sont sorties la nuit et ont passé la journée en chèvrerie. » Et si la température est restée supportable en bâtiment, c’est que les trois associés de la chèvrerie de la Trufière l’avaient fait isoler en 2018. « Nous avions un projet d’agrandissement de la chèvrerie et avons décidé d’isoler la totalité du toit avec 10 centimètres de laine de bois recouverte de panneaux OSB afin d’avoir une surface lisse sur laquelle l’air puisse glisser. Et un lanterneau au sommet permet l’extraction d’air. Les côtés sont fermés par des translucides perforés, dont un sur deux doit coulisser pour s’ouvrir en grand. »

60 % de l’électricité autoproduite

Aux plus fortes chaleurs, la température dans le bâtiment s’est maintenue 4 à 5 degrés sous celle à l’extérieur et les éleveurs n’ont pas vu d’effet de la température sur la production laitière, même si éleveurs et chèvres ont eu chaud. « Nous avons des abreuvoirs à poussette pour les chèvres et à niveau constant pour les chevrettes. L’objectif est qu’elles n’aient pas de difficulté à s’abreuver jeunes pour ne pas se restreindre adultes. »

Côté énergie, 180 m2 de panneaux photovoltaïques produisent de l’électricité autoconsommée depuis fin 2020. « Mais on a trop attendu, si on avait mieux anticipé, nous aurions investi plus tôt et plus », regrette Sylvain Chopin. L’exploitation produit donc 60 % de ses besoins et consomme 85 % de l’électricité produite. « Nous avons optimisé la surface en panneaux, qui correspond à nos besoins. 60 % de l’électricité est donc à prix connu : 10 cents/kWh, avec un amortissement sur 15 ans. Pour cela, nous avons notamment décalé le lavage de la salle de traite et le fonctionnement du chauffe-eau. En fromagerie, le séchoir est équipé d’un récupérateur de chaleur et l’isolation est performante : 13 cm au niveau du toit, 8 cm sur les murs. Il reste à travailler sur les baisses de consommation. » Partout des Led assurent l’éclairage.

Assurer la production de fourrages de qualité

Le plus grand défi des trois associés est la production de fourrages : être capable de produire et récolter dès la pousse et constituer des stocks de sécurité pour proposer des bons fourrages.

Avec trois années de sécheresse avant 2021 en toile de fond, la production laitière 2022 a été maintenue en empiétant sur les stocks, malgré un chargement faible, 0,35 chèvre par ha sur 50 ha de SAU.

Sur des terres argilo-calcaires, très séchantes, 10 ha sont cultivés en méteil (avoine triticale, vesce) et épeautre. Maïs et tourteau sont achetés. Les 40 ha de surfaces fourragères sont composées de prairies temporaires pâturées et fauchées (luzerne en pur ou associée au dactyle), et de prairies permanentes (houlque, petite fétuque), dont les fourrages de faible qualité sont vendus. « Même en fauchant tôt, la qualité issue des prairies naturelles est faible. Après la première coupe de luzerne en enrubanné, il n’y a pas eu de pluie avant juin. Les chèvres ont pu pâturer les repousses jusque mi-août. Et depuis, nous distribuons les stocks. »

Cet automne, la végétation redémarre à peine, mais Sylvain espère faire une petite coupe de luzerne. Le foin de prairie naturelle a été vendu, et de la luzerne cultivée par les voisins viticulteurs achetée.

 
 

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