Les analyses infrarouges du lait bientôt mieux valorisées en élevage caprin
Les analyses infrarouges du lait pourraient bientôt aider à évaluer le statut énergétique des chèvres grâce au projet Casmire, mené par l’Institut de l’élevage, Eliance et Inrae.
Les analyses infrarouges du lait pourraient bientôt aider à évaluer le statut énergétique des chèvres grâce au projet Casmire, mené par l’Institut de l’élevage, Eliance et Inrae.
Mené par l’Institut de l’élevage, Eliance et Inrae, le projet Casmire ambitionne de transposer aux chèvres les avancées obtenues depuis plusieurs années chez les bovins laitiers en exploitant pleinement le potentiel des analyses du lait par spectrométrie moyen infrarouge. Cette analyse fine des spectres du lait permet de prédire la composition en acides gras du lait et bientôt d’autres métabolites pour, à terme, estimer le statut énergétique des animaux.
« À partir du dispositif Optimir, nous avons validé les équations d’estimation des acides gras dans le lait caprin et elles s’avèrent aussi performantes que celles en bovins », se réjouit Christophe Lecomte, responsable du pôle data-conseil-qualité chez Eliance. Le projet ambitionne de mesurer encore d’autres composants du lait qui, ensemble, permettront d’estimer le statut énergétique des chèvres à partir des échantillons de lait collectés dans le cadre du contrôle de performance.
Valoriser les données existantes
Mais maintenant, « l’enjeu est de savoir comment interpréter ces données et les valoriser dans les élevages », poursuit-il. Le modèle développé pourra ainsi indiquer si une chèvre est en déficit ou en excès énergétique. Cet indicateur servirait de base à des conseils en alimentation et en gestion du troupeau.
Le programme de recherche sera mené en plusieurs étapes, d’abord dans les fermes expérimentales caprines Inrae de Bourges, de Grignon, de Lusignan et de Rennes et à la ferme du Pradel. Puis le modèle sera testé dans une centaine de fermes commerciales avec des chèvres alpines et saanen et avec des pratiques alimentaires très variées. La mise à disposition d’un outil et d’un guide d’interprétation pour les conseillers en élevage est prévue à l’horizon 2028. « L’intérêt majeur du dispositif réside dans son faible coût supplémentaire, apprécie Christophe Lecomte. Les analyses de lait étant déjà réalisées dans le cadre du contrôle de performance, l’indicateur énergétique pourrait être calculé à partir de ces données existantes. Ces données pourraient remplacer la mesure de note d’état corporel qui reste contraignante à collecter. »
Une technologie largement éprouvée en vache laitière
Chaque année, environ 15 millions d’échantillons de lait, représentant 1,7 million de vaches, sont collectés en France par les entreprises de conseil en élevage. Grâce au dispositif Optimir, ils se servent de la spectrométrie moyen infrarouge pour fournir aux éleveurs et à leurs conseillers des indicateurs permettant de détecter un déséquilibre de ration, suivre l’amaigrissement des vaches en début de lactation ou comparer un troupeau à d’autres systèmes similaires. Les indicateurs Optimir permettent aussi d’estimer la production de méthane de chaque vache.
Statut énergétique
Le statut énergétique représente la différence entre l’apport énergétique de l’alimentation et les besoins énergétiques pour l’entretien, la croissance, l’activité, la gestation et la production de lait. Quand le statut énergétique est négatif, les réserves corporelles sont mobilisées. Quand il est positif, les réserves corporelles se reconstituent.