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La nouvelle carte des interprofessions régionales du lait de chèvre se met en place

La carte de France des interprofessions régionales du lait de chèvre a été présentée et commentée lors de l’assemblée générale de l’Association nationale interprofessionnelle caprine. Une nouvelle structuration qui veut rapprocher l’interprofession des éleveurs, notamment les fromagers fermiers.

L’assemblée générale de l’Association nationale interprofessionnelle caprine (Anicap) s’est tenue les 24 et 25 juin à Rocamadour, dans le Lot. En région, pour montrer la nouvelle structuration régionale de l’Anicap, et en Occitanie, pour saluer l’ancien président Jacky Salingardes. Le nouveau président, Mickaël Lamy, éleveur coopérateur dans le Maine-et-Loire, a d’ailleurs tenu à remercier son prédécesseur, éleveur de chèvres dans l’Aveyron, qui a assuré pendant neuf ans la présidence de l’Anicap : « Grâce à ton impulsion, l’Anicap a aujourd’hui un vrai budget. À chaque fois que c’était nécessaire, tu as su rassembler et faire le consensus. Or trouver des consensus, ça ne fait pas forcément plaisir à tout le monde, et on se prend pas mal de coups. En assurant la coordination entre l’ensemble des parties prenantes, tu as fait grandir la filière, et j’espère poursuivre la voie qui a été tracée. »

Les régions changent de périmètre

L’interprofession caprine achève sa réorganisation régionale en passant de quatre interprofessions dans les principaux bassins de production laitière à une structuration qui colle davantage aux périmètres géographiques des nouvelles régions administratives. « Cela implique la création d’une nouvelle entité, l’Anicap Pays de la Loire-Bretagne, qui va permettre à la filière bretonne d’intégrer officiellement les travaux interprofessionnels », explique Mickaël Lamy.

« Plus de lisibilité sur le terrain et davantage de fédérations de la filière caprine »

Non seulement ces interprofessions changent de périmètre, mais elles changent aussi de nom pour s’appeler désormais Anicap, suivi du nom de la région. « Cela doit nous assurer plus de lisibilité sur le terrain et fédérer toute la filière autour de l’Anicap », espère Mickaël Lamy. « J’espère que ces nouvelles interprofessions régionales intégreront davantage de producteurs fermiers, exhorte Jacky Salingardes. Ça me peine d’entendre encore des éleveurs de chèvres qui ne savent pas ce qu’est l’Anicap. Il ne faut pas louper ce nouvel élan et communiquer largement sur nos actions. »

Financement d’études et de la promotion collective

Les actions de l’Anicap sont nombreuses. L’interprofession finance, par exemple, des travaux sur les germes ou sur les Stec. Avec les cotisations de ces membres, elle soutient l’observatoire des maladies caprines (Omacap) et le suivi des réglementations sanitaires, assuré par la Fnec. L’interprofession a aussi financé des études sur les lactations longues, la pesée automatique des chevrettes ou la résistance génétique au parasitisme. Ses financements couvrent aussi des thématiques comme le bien-être animal, l’environnement ou l’installation et la transmission. Un des gros volets de l’action de l’interprofession concerne la promotion collective en faveur des fromages de chèvre tant en France qu’à l’export. Cela passe par la présence sur les salons, le site fromagesdechevre.com ou la promotion du chèvre français en Allemagne.

Un lieu d’échange et de concertation

La création des interprofessions régionales est l’occasion de bien clarifier les rôles entre les différents étages. Le cadre juridique des interprofessions est assez précis, et l’Anicap doit, par exemple, notifier à la Commission européenne les accords, décisions ou pratiques qui relèvent du droit à la concurrence. Au national, reviennent la représentation de la filière auprès des pouvoirs publics et autres acteurs, le financement d’actions de promotion ou de recherche et la mise en place de stratégie de filière telle que le code mutuel ou le plan de souveraineté de la filière caprine.

Le niveau régional est, lui, le représentant privilégié auprès des pouvoirs régionaux. « Les Anicap régionales devront animer le territoire et assurer le lien avec les organisations professionnelles agricoles, les organismes de conseils en élevage et les conseils régionaux dont l’influence dans les politiques de développement agricole est de plus en plus forte », développe Mickaël Lamy.

Davantage de moyens en région

Chaque Anicap régionale peut mettre en œuvre des actions spécifiques comme la promotion des fromages locaux, le repérage des fermes à reprendre ou le suivi des questions sanitaires relatives à la production fermière. Les interprofessions régionales veillent aussi à animer le code mutuel sur le terrain ou à mettre en place localement la stratégie bas carbone, par exemple. En intégrant les organisations de producteurs et les AOP, les interprofessions régionales sont un lieu d’échanges privilégiés entre producteurs et laiteries.

Cette redéfinition des interprofessions régionales s’est accompagnée de moyens supplémentaires et, désormais, 15 % des cotisations volontaires obligatoires reviennent aux régions. L’Anicap peut aussi cofinancer des actions régionales ou prendre en charge une partie des salaires d’animation, comme c’est le cas en Occitanie. À regarder la carte des interprofessions régionales, Franck Moreau (Fnec) émet aussi l’idée de créer une structure pour la région Bourgogne Franche-Comté. Une zone de production fermière bienvenue alors que l’interprofession souhaite maintenant relancer une dynamique fermière au sein de l’Anicap.

Coté Web

Rapport d’activité

Le rapport d’activité 2023 de l’Anicap peut être téléchargé sur le site de l’Anicap tandis qu’une vidéo présente ces actions de façon animée.

Tenir les prix français face à la baisse européenne

Virginie Hervé-Quartier, de l’Institut de l’élevage, a présenté la conjoncture récente du lait de chèvre. La collecte est en léger retrait, à 514 millions de litres en 2023, alors que les coûts de production se sont détendus. L’Ipampa lait de chèvre a ainsi baissé de 5,8 % sur un an. Mais « avec les mauvaises récoltes de fourrage que l’on est en train de faire en ce moment, même si le prix de l’aliment baisse, nos coûts alimentaires vont augmenter, défend Sylvain Boiron, éleveur de l’Indre et secrétaire général de la Fnec. Si on met plus de grammes d’aliments au litre de lait pour compenser la faible valeur des aliments, nos coûts de production ne vont pas baisser. »

Montrer qu’on est résilient

La présentation de la chute des prix du lait en Espagne (-9 %) et aux Pays-Bas (-7 %) a aussi soulevé quelques inquiétudes. « J’exhorte les laiteries à ne pas baisser le prix français du lait de chèvre, s’est emporté Jacky Salingardes. Sinon, on pourra faire une croix sur tout le travail que l’on mène depuis dix ans sur le renouvellement de générations. Le lait français a une valeur et il faut la défendre. »

« C’est le moment de montrer qu’on est résilient, a renchéri Mickaël Lamy. Notre filière est organisée avec un lien fort entre amont et aval et une forte demande en lait d’origine française. On est au bout d’un cycle de revalorisation du lait de chèvre. À nous d’être solides pour préserver la filière. »

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