Viande bovine au Paraguay : « L’Europe, c’est 2% de nos exportations de bœuf… et un précieux gage sanitaire »
Daniel Burt, directeur de la chambre paraguayenne des viandes, présente comment le Paraguay s'est fait une place sur le marché mondial du bœuf.
Daniel Burt, directeur de la chambre paraguayenne des viandes, présente comment le Paraguay s'est fait une place sur le marché mondial du bœuf.
Quelles sont les performances du bœuf paraguayen à l’export ?
Daniel Burt, directeur de la chambre paraguayenne des viandes : Elles sont à leur top. En 2025, on parle de 410 000 tonnes, en hausse de 6%, soit les trois quarts de notre production, pour une valeur de 2,14 milliards de dollars.
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Quelle est la raison de telles performances ?
Daniel Burt : Les contrôles sanitaires se sont généralisés dans tout le pays et le dernier foyer de fièvre aphteuse déclaré au Paraguay remonte déjà à 13 ans. En 2024, les États-Unis, puis dans la foulée le Canada, nous ont ouvert leur marché. En 2025, Singapour et les Philippines l’ont fait. Taïwan reste un débouché traditionnel de poids qui capte 10% de nos envois. Le Chili l’est plus encore, comptant pour 35% de nos exportations. Les achats russes sont tombés à 6% du total contre 20% avant, car les Américains apparus au tournant paient mieux que les Russes. L’Europe ne nous achète que 2% de nos volumes, mais ce débouché est stratégique pour notre réputation sanitaire. On écoule en Italie, en Allemagne, en Suisse et au Royaume-Uni.
Comment voyez-vous le marché européen ?
Daniel Burt : Le Paraguay a droit à un tout petit quota Hilton, de 1 000 tonnes (t), qui ne sont pas toujours remplies. Le coût des démarches de traçabilité n’en vaut pas forcément la chandelle. Si nos clients du Chili paient juste un peu moins que les Européens, pourquoi certifier notre viande ? Le règlement européen sur la non-déforestation importée est un autre défi. À moins que les importateurs européens en viennent à payer la tonne de bœuf 20 000 euros, le Paraguay préférera toujours exporter son bœuf ailleurs. Le Chili, pour reprendre cet exemple, est un marché preneur de 19 morceaux. L’Allemagne paie 18 000 dollars le filet, certes, mais c’est 1% de la carcasse.
Comment le Paraguay s’est-il fait sa place sur le marché mondial du bœuf ?
Daniel Burt : Vers l’an 2000, une poignée d’abatteurs ont vu l’opportunité d’exporter non plus des demi-carcasses vers le Brésil et le Chili, mais des pièces de découpe au monde entier. Une vague d’investissements a eu lieu. Actuellement, neuf sociétés exploitent 14 abattoirs. Leur parc est utilisé à 50% de ses capacités. Le bétail fini manque au Paraguay à cause de la sécheresse subie ces trois dernières années, mais les pluies sont revenues en 2025.