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Le Marvillois valorise les bovins locaux avec EMC2

Partie d’une petite activité de salaison, l’entreprise Le Marvillois dans la Meuse s’est progressivement développée jusqu’à attirer la coopérative EMC2. L’atelier de Douzy dans les Ardennes traite environ une carcasse par semaine et joue un rôle important pour les éleveurs bovins du territoire.

<em class="placeholder">Atelier de découpe, bouchers en train de tailler la viande</em>
Le Marvillois est équipé d'un atelier de découpe très fonctionnel, en une matinée une carcasse est débitée en caissettes
© G.Chatel

L’histoire du Marvillois commence en 2013 lorsque Bertrand Monteil rachète une petite activité de salaison qui réalise alors environ 300 000 euros de chiffre d’affaires. Ancien commercial en grande distribution, il connaît bien les circuits de commercialisation et dispose déjà de contacts solides en GMS. Il développe rapidement une gamme de produits de charcuterie, notamment des saucissons, fuseaux lorrains et produits de saucisserie.

La croissance est rapide. « Les débouchés se multiplient et les volumes augmentent. Juste avant la crise sanitaire, les installations deviennent trop étroites », nous indique Bertrand Monteil. « Nous avons alors décidé de construire un nouvel atelier de transformation de 1 000 m² à Montmédy afin d’augmenter les capacités de production. » Parallèlement, l’entreprise diversifie ses débouchés et un second site est ouvert à Douzy, dans les Ardennes, avec une boucherie et un atelier de découpe destinés notamment aux éleveurs du secteur.

D’une petite salaison à une entreprise structurée

En 2021, la coopérative EMC2 rachète Le Marvillois. « Pour la coopérative, l’objectif est clair : compléter son maillage territorial et disposer d’un outil supplémentaire pour valoriser les productions animales de ses adhérents. L’entreprise s’inscrit alors dans une logique de filière intégrée. Les conseillers techniques accompagnent les éleveurs sur la production tandis que la transformation et la commercialisation peuvent être assurées localement. » Cette approche correspond à la volonté de la coopérative d’aller « de la fourche à la fourchette ». « Aujourd’hui, l’ensemble représente environ 5,8 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’atelier de découpe pour les éleveurs génère quant à lui environ 50 000 euros de chiffre d’affaires. »

<em class="placeholder">Chambre froide avec des carcasses bien conformées </em>
Carcasse bien conformée U-4 destinée à la vente en boucherie sur le site de Douzy. © G.Chatel

Même si son poids économique reste modeste dans l’ensemble de l’entreprise, l’atelier de découpe joue un rôle important pour les éleveurs bovins du territoire. « L’atelier traite environ une carcasse par semaine pour la prestation de services, soit une quarantaine de bovins par an pour près de quinze tonnes de viande. Pour la boucherie, c’est l’équivalent de 5 bovins par semaine qui sont valorisés à Douzy. L’approvisionnement est très local puisque 95 % des animaux proviennent de la Meuse et des Ardennes. » Une quinzaine d’éleveurs fournissent régulièrement des bovins. « Les animaux sont abattus principalement à Verdun avant d’être acheminés vers Douzy pour la transformation. Les carcasses recherchées correspondent à un minimum de 380 kg en conformation R + 3. Dans les faits, les animaux travaillés se situent plus souvent autour de 420 à 430 kg, avec parfois des carcasses de 500 kg en U = 4. » « L’atelier s’est construit une bonne réputation sur la qualité de la découpe avec des rendements dépassant régulièrement 60 %. »

Conseil technique et qualité de la découpe

L’intégration dans EMC2 permet également de relier la transformation au conseil technique en élevage. Les techniciens de la coopérative orientent les producteurs via un cahier des charges simple. « Les conseillers recommandent notamment de limiter le maïs dans la ration afin d’éviter une viande trop aqueuse et de garantir une bonne tenue en boucherie. » « Cette complémentarité entre production, conseil et transformation constitue l’un des points forts du dispositif. Elle permet de mieux aligner les pratiques d’élevage avec les attentes du marché. »

Un équilibre économique fragile

« Comme pour de nombreux ateliers de découpe, l’équilibre économique reste toutefois fragile. La hausse du prix des bovins peut rendre la transformation en caissettes moins attractive que la vente classique à un négociant », explique Bertrand Monteil. Le coût de la transformation se situe généralement entre 800 et 1 000 euros et peut atteindre environ 1 300 euros pour une carcasse de 500 kg, abattage compris. Dans ce contexte, l’atelier de Douzy constitue avant tout un service de proximité pour les éleveurs.

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