Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

MESSAGE ABONNES IMPORTANT

Afin d'être sûr de recevoir nos futures publications quelle que soit l’évolution de la situation sanitaire, activez votre compte numérique au plus vite en complétant vos informations.

J’active mon compte numérique

Baisse prévisible du nombre d’exploitations allaitantes

Les données du dernier recensement général de l’agriculture ne se sont pas traduites par une fonte du nombre d’exploitations détenant plus de 20 vaches allaitantes. Les perspectives sont moins réjouissantes pour les années à venir.

Après un sursaut dans le milieu des années 2000, les effectifs du cheptel allaitant sont repartis à la baisse.
Après un sursaut dans le milieu des années 2000, les effectifs du cheptel allaitant sont repartis à la baisse.
© F. d'Alteroche

En 2010, au moment de l’établissement du dernier recensement général de l’agriculture (RGA), il y avait en France 4 100 000 vaches allaitantes réparties dans 120 000 exploitations dont bon nombre de micro-cheptels. Ces chiffres traduisent une grande diversité de situations que ce soit pour la dimension des troupeaux, le type d’animaux produits, mais également le degré de spécialisation de ces exploitations dans la seule production de viande bovine. « La moitié des détenteurs possèdent près de 80 % du troupeau », précise l’Institut de l’élevage dans un document synthétisant différentes données relatives aux élevages d’herbivores issues du dernier RGA(1). Derrière cette grande diversité, en 2010, il y avait 34 000 exploitations véritablement spécialisées dans l’élevage de vaches allaitantes. Elles détenaient ensemble 2 030 000 mères pour un cheptel unitaire moyen de 60 femelles reproductrices. « Au-delà des moyennes, une minorité de grandes exploitations émergent progressivement. Les chiffres du dernier RGA font état de 6000 exploitations détenant plus de 100 vaches mères, 1 400 à plus de 150 vaches et 400 à plus de 200 vaches. » Le nombre de ces troupeaux de grande dimension a doublé depuis le recensement réalisé en 2000 et cette tendance à la concentration des cheptels ne s’est probablement guère ralentie ces trois dernières années.
« Ces exploitations de plus de 100 vaches allaitantes qui regroupent 20 % du cheptel français (en 2010) contre 11 % en 2000 jouent un rôle clé dans la restructuration du secteur. Mais la quasi-stabilité du cheptel de vaches allaitantes entre les deux derniers recensements doit aussi beaucoup à la classe des troupeaux de 60 à 100 vaches (28 % du cheptel en 2010). Elle se développe encore, tant en nombre de vaches (120 000 de plus qu’en 2000, soit + 11 %) qu’en nombre d’exploitations (+ 1100 soit + 8 %). »

Peu d’installations dans un cadrenon familial


Alors qu’il était resté relativement stable depuis le début des années 90 avec peu ou prou 60 000 troupeaux, le nombre d’exploitations détenant plus de 20 mères devrait s’orienter à la baisse dans les années à venir. Ce phénomène avait pu être contenu ces trente dernières années compte tenu des reconversions du lait vers la viande. Un phénomène initié après la mise en place des quotas laitiers qui a perduré bien après la fin des années quatre-vingt. Mais depuis le début des années 2000, l’évolution de la structure démographique des éleveurs allaitants n’échappe plus au vieillissement. La stabilité du nombre d’exploitations est menacée en raison d’une hausse prévisible des départs en retraite et des difficultés pour trouver des repreneurs. Les exploitations sont de dimensions de plus en plus importantes et leur rentabilité a été pénalisée depuis la fin des années 2000 par une succession d’années difficiles. Elles ont hypothéqué certains projets d’installation ou donné priorité à d’autres productions. C’est tout particulièrement le cas dans des zones intermédiaires dès qu’il est possible de cultiver des céréales plutôt que de valoriser des surfaces en herbe avec un cheptel allaitant. « Cette production à forte intensité capitalistique et faible rentabilité du capital laisse peu de place aux installations dans un cadre non familial », rappelle l’Institut de l’élevage. Entre 2007 et 2011 et d’après le Réseau d’information comptable agricole, pour dégager 1000 € d’EBE, il fallait mobiliser deux à trois fois plus de capital en élevage bovin allaitant qu’en production de grandes cultures et 50 % de plus qu’en production laitière bovine.

L’évolution de la pyramide des âges des détenteurs de cheptels allaitants traduit d’ailleurs clairement ce vieillissement des chefs d’exploitation. Le pourcentage de vaches détenues par des éleveurs de moins de 40 ans est passé de 36 à 25 % entre les deux recensements.
Au cours de ce même intervalle de temps, il y a pourtant eu 11 800 installations dans les 56 000 exploitations détenant plus de 20 vaches allaitantes et non laitières, soit un taux d’installation de 21 % au cours de la dernière décennie.
Ce ratio est loin d’être uniforme sur le territoire français. Il n’est que de 17 % dans les zones herbagères du Nord Ouest, plafonne autour de 22 % dans les zones herbagères charolaises et limousines, mais monte à 25 % dans les montagnes auvergnates. Il intègre les reconversions lait-viande qui ont souvent lieu autour de l’installation. Ce taux d’installation semble donc meilleur dans les zones d’altitude ou défavorisées où il y a peu d’autres alternatives en termes de production que l’élevage de ruminants. « Une évolution qui devrait conduire à une poursuite de la reconcentration du cheptel dans ces zones défavorisées. »



(1) L’élevage d’herbivores au recensement agricole 2010, cheptels, exploitations, productions. Étude réalisée par l’Institut de l’élevage avec le soutien de FranceAgrimer, du Cniel et du Fonds national de l’élevage.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Bovins Viande.

Les plus lus

chargement de bovins en ferme
[Covid-19] Les abatteurs se démènent pour remplir leur mission

Après une première semaine folle, au cours de laquelle la demande en viande a explosé, les entreprises du commerce et de l'…

[Covid-19] La « renationalisation » des achats de viande bovine doit aussi profiter aux éleveurs
Alors que suite à l’arrivée du coronavirus les enseignes de la grande distribution ont vu leurs ventes gonfler suite au…
Cette étude confirme que le rapport entre le poids de l’animal à la sortie de la ferme et la viande nette réellement utilisable (250 kg), varie selon de nombreux critères amont (race, catégorie de l’animal, état d’engraissement…). © C. Delisle
De l’animal au steak, des rendements passés à la loupe
L’Institut de l’élevage et Interbev ont mis à jour les rendements d’abattage et de découpe des principales races bovines abattues…
[Covid-19] Le marché de la viande bovine bouleversé
Les restrictions prises par les différents Etats membres pour contenir la pandémie de Covid-19 auront inévitablement des effets…
France Conseil Elevage demande le report de toute intervention en élevage
Les entreprises de conseil en élevage demandent le report des interventions de leur techniciens dans les exploitations, se…
Vaches du lot "moins de 8 ans avec une NEC supérieure à 2 à la mise en finition". Ici, 75 jours après le début de la période expérimentale, soit un mois avant abattage.  © OIER des Bordes
Un essai à la ferme des Bordes croise l’effet de l’âge et de la note d’état sur l’engraissement de Charolaises
Avec de jeunes vaches, les croissances en finition sont assurées. Une vache âgée peut être très performante en finition ou pas du…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8,50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande