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Un parcours arboré et source de protéines pour les poules pondeuses

Pour inciter ses poules pondeuses bio à occuper les parcours, Violaine Quéré a planté des haies et des arbres de bois-d’œuvre et fruitiers. Elle teste aussi l’intérêt de prairies alimentaires.

Violaine Quéré, productrices d'œufs bio : « Le principal objectif de l’agroforesterie est d’inciter les poules à sortir davantage et à aller jusqu’au bout du parcours enherbé. »
Violaine Quéré, productrices d'œufs bio : « Le principal objectif de l’agroforesterie est d’inciter les poules à sortir davantage et à aller jusqu’au bout du parcours enherbé. »
© A. Puybasset

En développant l’agroforesterie dans son élevage finistérien de poules pondeuses bio, Violaine Quéré entend bien exploiter les multiples avantages d’un parcours bien aménagé. « Il a des bénéfices en termes de bien-être animal, d’image de la production, d’environnement avec notamment le stockage de carbone, de biodiversité avec les ruches et de valorisation économique », a-t-elle expliqué lors des Rendez-vous technique bio organisés en octobre par la chambre d’agriculture de Bretagne. « On a commencé à planter en décembre 2019 avec un objectif de 800 plants sur 3,7 hectares d’ici 2024. »

La jeune femme de 37 ans a repris en 2019 l’exploitation familiale à Milizac-Guipronvel dans le Finistère, après avoir travaillé seize années comme aide-soignante puis dans l’armée de terre. Elle a converti les 35 hectares de cultures en agriculture biologique, arrêté l’atelier lait et investi dans un poulailler de 9 400 poules pondeuses qu’elle exploite avec sa mère Martine. Découvert lors de sa formation à Ploufragan, le concept de l’agroforesterie s’intègre bien dans son projet d’installation.

Des haies brise-vent pour faire sortir les poules

Le bâtiment, comprenant une ligne centrale de pondoirs, est équipé de trappes de sortie de chaque côté. Elles donnent accès à quatre parcours arborés dont l’aménagement de la moitié nord est pratiquement achevé. « Son principal objectif est d’inciter les poules à sortir davantage et à se disperser sur toute la surface enherbée. » Il s’articule autour de trois éléments principaux : des haies bocagères brise-vent autour du site, des haies arbustives brise-vent en sortie de trappes et des alignements d’arbres isolés sur toute la surface en herbe.

 
Jean-Max Le Filleul, conseiller agroforestier à la chambre d’agriculture de Bretagne : "L'ombre des arbres isolés favorise la dispersion des poules vers le fond du parcours."
Jean-Max Le Filleul, conseiller agroforestier à la chambre d’agriculture de Bretagne : "L'ombre des arbres isolés favorise la dispersion des poules vers le fond du parcours." © A. Puybasset
« La haie bocagère en bordure du site permet déjà un effet brise-vent, détaille Jean-Max Le Filleul, conseiller agroforestier à la chambre d’agriculture de Bretagne. « Elle va être prolongée jusqu’au niveau du pignon exposé au vent dominant. Les haies en « peigne », perpendiculaires au bâtiment, favorisent également la sortie des poules. Elles sont orientées de façon à ce que la poule suive l’ombre des peignes jusqu’aux arbres isolés. L’ombre des alignements d’arbres, espacés tous les 15 mètres, favorise ensuite la dispersion des poules vers le fond du parcours. »

 

 

 
Un parcours arboré et source de protéines pour les poules pondeuses

 

En complément de l’aménagement forestier, deux bandes enherbées de 150 mètres de long ont été intégrées entre les alignements d’arbres, pour tester l’intérêt de plantes riches en protéines dans le cadre du programme de recherche Valorage (voir ci-dessous).

Des arbres alignés de bois d’œuvre

Les haies brise-vent sont constituées d’essences locales et traditionnelles du paysage bocager breton. Avec une alternance d’arbres et d’arbustes tous les mètres, il s’agit essentiellement de chênes, de hêtres, de châtaigniers, de noisetiers, de prunelliers… « Les haies en peignes sont composées d’arbustes acceptant d’être taillés à 1,5-2 mètres de hauteur (charme, noisetier, fusain). » Dans la zone d’alignements d’arbres, du mûrier blanc a été planté un peu partout. « C’est un arbre apprécié des poules pondeuses, probablement parce qu’il attire les insectes. »

 

 
Les ruches sont situées au fond du parcours.
Les ruches sont situées au fond du parcours. © A. Puybasset
Plusieurs essences de bois-d’œuvre ont été choisies, pour assurer une valorisation d’ici trente à quarante ans minimum (merisier, alisier, aulne, noyer, érable…). Le fond du parcours comprend des arbres fruitiers porte-greffes (pommier franc). C’est également là qu’ont été installées cinq ruches, l’une appartenant à Violaine Quéré et les autres à un apiculteur voisin qui la forme. « 15 kilos de miel par ruche ont été récoltés pour cette première année », précise l’éleveuse, qui envisage à terme de développer cette activité pour faire de la vente directe.

 

Ayant intégré l’Expérimentation agroforesterie menée depuis 2020 par le conseil général du Finistère, l’élevage de Violaine Quéré bénéficie, hors main-d’œuvre, d’une subvention à hauteur de 80 % du coût des plants, des protections et du paillage.

En savoir plus

Les chambres d’agriculture de Bretagne organisent une formation sur l’aménagement arboré des parcours en volailles les 20 janvier et 24 février en centre Bretagne. L’objectif de ces deux jours est d’acquérir les bases sur la conception d’un parcours arboré performant et sur sa gestion (choix des végétaux, plantation, entretien…)

 

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