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Abattoir Teba : un prestataire privé au service des éleveurs

Basé en Normandie, Teba est un exemple de groupe multiservice intégralement privé qui offre aux éleveurs en circuit court un ensemble diversifié et étendu de prestations, depuis le ramassage des animaux à la ferme jusqu’à la livraison des produits finis.

Fondé en 2002 par Manuel Pringault, le groupe Teba fut dès sa création pensé pour fournir un débouché en vente directe aux éleveurs de la région, en associant un atelier de découpe et de transformation des viandes, un laboratoire d’analyses bactériologiques et chimiques et deux abattoirs (dont un en délégation de service public). La société gestionnaire du site de Saint-Hilaire-du-Harcouët est placée en liquidation judiciaire en 2020, et les deux unités du groupe situées à Pré-en-Pail et Grandparigny sont rachetées en juillet 2021 par Augustin Becquey, l’actuel gérant.

Une production répartie sur quatre sites

Dès l’acquisition du groupe, Augustin Becquey engage plusieurs restructurations. En plus des sites de Grandparigny et de Pré-en-Pail, il renforce l’autonomie du groupe en 2023 en rachetant l’atelier de découpe et de transformation de la PME « De la Terre à l’assiette », situé à Puceul (Loire-Atlantique). La dernière acquisition en date est celle de l’abattoir de Carentan-les-Marais. Placé en redressement judiciaire en 2024, il est cédé en avril 2025 au groupe et devient Teba Baie du Cotentin. Une fois les outils de production acquis, des investissements sont réalisés, en particulier au niveau des unités de transformation. « Quand on a repris l’abattoir de Pré-en-Pail, la chaîne était déjà en train d’être rénovée. Et l’abattoir de Carentan a été construit il y a quatre ans, il est tout neuf. » Hormis des aides du Feader et de l’Ademe, les fonds mobilisés sont intégralement privés. « Un point de vigilance pour nous, c’est qu’il n’y ait pas de distorsion de concurrence avec d’autres abattoirs où on voit parfois du personnel pris en charge par les ComCom. »

Une clientèle diversifiée

Le groupe compte 1 500 clients actifs, situés en Normandie et dans plusieurs régions voisines (Bretagne, Hauts-de-France, Pays de la Loire). « Ça va de l’éleveur qui nous met une bête par an pour lui et ses enfants à celui qui en met une par semaine. » La majorité de sa clientèle commercialise ses produits en vente directe. « On a aussi des éleveurs qui commencent à travailler avec des collectivités, notamment dans la Somme où il y a une grosse recherche de proximité dans les cantines. » Cette diversité se retrouve à l’abattoir : « on a vraiment de tout, avec une petite prépondérance de vaches limousines », mais aussi des races plus spécifiques comme l’Angus et la Wagyu. « Quand vous passez dans les frigos, c’est impressionnant, vous avez une carcasse de jersiaise à côté d’une carcasse de blonde d’Aquitaine. »

En plus des animaux abattus pour le compte des clients éleveurs, les deux abattoirs du groupe assurent en complément des prestations pour quelques bouchers, négociants et GMS du périmètre. Les abattoirs sont également sollicités pour effectuer des abattages sanitaires (ils représentent 12 % du tonnage à Pré-en-Pail), mais aussi pour prendre en charge des animaux dont le gabarit peut être problématique dans des sites industriels voisins, trop spécialisés. « Le directeur d’un abattoir Socopa m’a appelé pour me demander de prendre une Highland. Ce qu’on a pu faire. Deux jours après, il m’a rappelé en me demandant jusqu’à quelle envergure et à quelle fréquence je pouvais prendre. »

Du pré à l’assiette

Outre l’abattage et la transformation, Teba propose aussi, pour sa clientèle d’éleveurs, un système de ramassage des animaux et de livraison des viandes. « Une fois qu’un éleveur veut faire abattre ses animaux, il nous contacte. On organise la ramasse, l’abattage à proximité de l’élevage, le rapatriement de la carcasse et, selon ce qu’il veut, la découpe, la transformation et le conditionnement des viandes. Ensuite, soit on livre, soit il vient chercher le colis sur site. On fait plus de 80 % d’expédition. »

Le groupe possède sa propre flotte de camions et sous-traite à un prestataire une partie de la collecte des animaux. Pour optimiser la logistique avec les exploitations les plus isolées, un système de partenariat a été mis en place avec des abattoirs de plusieurs départements parmi lesquels Formerie (Oise), Cany-Barville (Seine-Maritime), Coutances (Manche), Saint-Aubin-d’Aubigné (Ille-et-Vilaine), Craon (Mayenne) ou encore Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire). L’avantage pour les éleveurs est double. D’une part, TEBA organise et coordonne l’intégralité des étapes de la production depuis le ramassage des animaux jusqu’à la livraison de la viande. D’autre part, comme le groupe apporte à ses abattoirs partenaires des lots d’animaux, il bénéficie de tarifs négociés auxquels un éleveur individuel ne pourrait prétendre.

Une offre dans l’ère du temps

Augustin Becquey mise aussi bien sur la qualité de ses produits que sur leur adéquation à l’évolution des modes de consommation. « On propose un vrai steak haché, fabriqué à très basse pression façon bouchère. Ce n’est pas de la préparation à base de viande hachée, il n’y a pas de sel, pas de conservateurs, c’est du 100 % pur bœuf. » Le laboratoire d’analyses bactériologiques et physico-chimiques présent sur le site de Grandparigny constitue un argument supplémentaire pour convaincre les éleveurs : « chaque lot est analysé avec recherche systématique d’Escherichia coli. » Entre qualité organoleptique et sanitaire, son offre séduit les éleveurs en vente directe en ce qu’elle correspond pleinement aux nouvelles manières de se nourrir. La fabrication de charcuteries et de plats cuisinés appertisés permet également d’utiliser des morceaux de seconde catégorie souvent moins bien valorisés.

Consolider l’existant

Après quatre ans d’investissements conséquents, il s’agit désormais de sécuriser. Bien que les circuits courts soient fragilisés par la hausse du prix des gros bovins, Augustin Becquey se veut optimiste : « c’est vrai que depuis mi 2025 on sent un coup de frein. Mais en même temps, ce n’est pas le tout de vendre cher, encore faut-il préserver sa marge. Comme les cours sont élevés, la viande sur les étals des GMS ou des boucheries va coûter cher. Les éleveurs en circuit court ont peut-être une vraie cartouche à tirer en vendant un peu moins cher en direct tout en ayant une marge franchement meilleure. »

Une offre de services étendue

« On doit être un des seuls groupes à avoir l’offre de service la plus complète pour l’éleveur quand il veut valoriser sa bête. » Avec deux abattoirs multiespèces et deux sites de découpe et de préparation des viandes, le groupe Teba offre une large gamme de services. Les sites de Grandparigny et de Puceul réalisent des prestations de découpe et de transformation pour toutes les espèces (steak haché, saucisserie, charcuteries fraîches, bocaux appertisés de charcuterie et de plats cuisinés, etc.). Entre 2024 et 2025, le site de Grandparigny a découpé et préparé 1 350 tonnes de viandes. Côté abattage, le site de Pré-en-Pail a atteint l’an dernier 1 147 tonnes équivalent carcasse pour une capacité de 1 200 tec/an. Celui de Carentan a produit 1 437 tonnes pour une capacité de 3 000 tec/an. L’objectif étant, pour 2026, de parvenir à 2 400 tonnes.

Contribuer à la réassurance des citoyens

Pour Augustin Becquey, être au service des éleveurs, c’est aussi favoriser la transparence. « Nos clients disent très clairement que ce qui importe aux consommateurs, c’est d’avoir accès à l’éleveur directement, de voir l’élevage. Il y a une recherche d’authenticité, qui est le moteur du circuit court. » Le groupe met en ligne sur son site internet une carte interactive localisant ses différents éleveurs partenaires, ainsi qu’une fiche personnalisée pour chacun d’entre eux comprenant le descriptif de l’exploitation, son adresse, les animaux élevés, le type de vente pratiqué et quelques photos.

Rédaction Réussir

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