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Congrès de la FNO Sur les sentiers ovins de l’Hérault : à quoi ressemble l'élevage ovin dans ce département ?

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Schéma : Les secteurs agricoles de l'Hérault©Agreste - recensement agricole 2020 Crédits : © Agreste - recensement agricole 2020

Ovins viande, ovins lait, conduite extensive ou plus intensive, transhumant ou sédentaire… l’élevage ovin a plus de visages qu’on ne le pense dans l’Hérault. Cette année, c’est ce petit département ovin qui accueillera le congrès de la Fédération nationale ovine au Cap d’Agde les 29 et 30 septembre 2026. L’occasion de se pencher sur ce territoire, entre villes, vignes, garrigues et causses.

Les 46 000 ovins qui peuplent l’Hérault se concentrent dans le nord de ce département méditerranéen. Depuis les garrigues au nord de Montpellier, des troupeaux ovins allaitants transhument vers les Cévennes, la Lozère et l’Aveyron. « Ce sont des systèmes extensifs, utilisant des ressources maigres, et reposant sur le gardiennage », décrit Aude Geiger, référente élevage à la chambre d’Agriculture de l’Hérault et éleveuse ovin. La mise bas se fait en septembre, à la descente d’estive. Au contraire, dans les causses aux marges de l’Aveyron et à la limite du Tarn, l’élevage ovin est plutôt sédentaire. « L’herbe y est plus riche, les pâtures meilleures, et la culture de céréales y est possible. » Les élevages sont allaitants mais aussi laitiers, avec essentiellement des livreurs de lait sous AOP Roquefort. « Du côté du Tarn, le climat plus océanique rend le paysage plus verdoyant, tandis que sur les causses de l’Aveyron, les sols sont plus séchants, l’élevage s’y fait plus extensif. » Au total, ce sont près de 40 % de la SAU de l’Hérault, dont 69 000 hectares de surfaces toujours en herbe, qui sont valorisés par l’élevage.

Entre villes et vignes

Mais l’Hérault est avant tout un département de viticulture, avec 77 964 hectares de vignes en production. La plaine viticole représente deux tiers du sud du département. « De nombreux viticulteurs sont aussi éleveurs de brebis, et vice-versa », indique Aude Geiger, qui souligne toute la complémentarité entre ces deux productions. « Cette association revient à la mode. De plus en plus de viticulteurs se posent la question de faire pâturer des brebis. »

L’Hérault est aussi un département urbanisé dans sa partie sud : de moins de 10 habitants au km2 sur le Larzac, on passe à plusieurs milliers d’habitants au km2 sur la côte. Montpellier, Béziers, Sète… ces grandes villes constituent un bassin de consommation important. La vente directe d’agneaux y est plutôt dynamique, renforcée par la proximité de l’abattoir de Pézenas, au cœur du département, mais aussi d’abattoirs dans le Gard et dans le Tarn. Le département ne compte pas de signe officiel de qualité 100 % héraultais, mais fait partie de l’aire du label rouge Agneau fermier des pays d’Oc.

Dans ce petit département ovin, voisin du mastodonte aveyronnais, la filière aval et le conseil ovin viande ont encore « une grande marge de progrès devant eux », estime Aude Geiger. « Nos systèmes sont bien différents de ceux de l’Aveyron, avec des races plus rustiques. Il y a un vrai travail à faire pour développer un accompagnement technique adapté. » Seules deux coopératives sont présentes sur le secteur, Natera et Arterris.

Le retour du loup

Voilà une dizaine d’années que le loup sévit dans le nord de l’Hérault. Mais celui-ci s’aventure désormais de plus en plus en plaine, y compris à quelques dizaines de kilomètres de Montpellier, à proximité du pic Saint-Loup. L’Office français de la biodiversité fait état d’une meute de loups sédentarisée sur le Mont Aigoual, au nord du département, où de nombreux éleveurs héraultais estivent. Au moins trois individus sédentarisés ont été identifiés sur la limite du département avec l’Aveyron, l’Aude et le Tarn.

Les visites prévues

Dans le cadre du congrès de la FNO au Cap d’Agde, quatre visites d’exploitations ovines sont prévues. « L’objectif de ces visites est de montrer un panel d’exploitations représentatif de toute la diversité de l’élevage ovin dans l’Hérault », explique Aude Geiger.

Gaec du frêne, à Notre-Dame-de-Londres

Adrien, Carine et Denis Lechalier pratiquent la transhumance vers le mont Aigoual avec leurs brebis croisées rouge du Roussillon. Ils vendent en direct une partie de leurs agneaux. Face à la prédation, le couple s’est équipé de chiens de protection, mais refuse de sombrer dans le pessimisme.

A découvrir : Du nord de Montpellier au mont Aigoual, une transhumance toujours vivante

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Bruno et Sophie Pradel, à Saint-Michel

Bruno Pradel et sa fille Sophie conduisent leurs blanches du Massif central par les parcours du Larzac toute l’année. Des pratiques pastorales qu’ils estiment vertueuses, mais remises en question par le loup.

A découvrir : Sur le Larzac, le pastoralisme à l'épreuve du loup

Earl du Théron, à Les Rives

Frédéric Boudou produit du lait de brebis sous AOP Roquefort. Ses lacaunes s’accommodent bien de la diversité de terrains sur les causses. Equipée d’un séchage en grange, l’exploitation est en quasi-autonomie alimentaire.

A découvrir : Les laitières s'accommodent bien des parcours héraultais 

Gaec du Moulin de Tironant, à Roqueredonde

Théo Albaniac et ses deux associés sont récemment passés des blanches du Massif central aux lacaunes viande. Un choix technique conforté par un diagnostic environnemental Cap2ER.

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Chiffres clés

  • 208 exploitations ovines : 37 laitières et 159 allaitantes en 2020
  • 46 830 têtes ovines en 2025
  • 56 700 têtes ovines abattues en 2023 dans les 3 abattoirs de l’Hérault et du Gard

 

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