Champagne Réussir le sulfitage des moûts

- - 3 min


Le sulfitage, opération ô combien ancienne et courante, n´est pas pour autant totalement maîtrisée dans les caves françaises. L´interprofession champenoise souhaiterait y remédier. " Il nous semble que nous n´avons pas en Champagne un niveau de maîtrise suffisant, au vue de l´importance oenologique de cette opération ", estimait ainsi Xavier Rinville, oenologue à l´interprofession champenoise (CIVC), lors de la dernière assemblée générale de l´Association viticole champenoise. " Le sulfitage initial est pourtant stratégique, il est très difficile de rectifier le tir ensuite s´il est raté. "
Lors du pressurage, si l´écoulement des jus s´opère dans des cuves ouvertes, tous les dispositifs de sulfitage conviennent. ©C. Bioteau

La bonne dose, incorporée au bon moment
D´autant plus, poursuit le spécialiste que " le profil toxicologique du SO2 n´est pas trop défavorable ", le SO2 total dépassant rarement les 70 mg/l dans le champagne.
Et un sulfitage réussi, c´est la bonne dose, incorporée au bon moment, avec une répartition homogène. Pour ce faire, les vinificateurs ont à leur disposition trois dispositifs de sulfitage : les systèmes discontinus, qui correspondent tout simplement à l´ajout de solutions liquides ou de comprimés, les systèmes continus mais non proportionnels à l´écoulement des jus, comme les sulfidoseurs et les pompes, et les systèmes continus proportionnels à l´écoulement des jus, tels les pompes asservies à un débitmètre.

Néanmoins, c´est que ces équipements doivent être adaptés à la solution de fractionnement des jus retenue, ce qui n´est pas toujours le cas. Si l´écoulement des jus s´opère par gravité dans des cuves de débourbages ouvertes, il n´y a pas de problème : tous les dispositifs de sulfitage conviennent. Il suffit de brasser. Par contre, si l´écoulement s´opère par gravité dans des cuves fermées, le sulfitage doit obligatoirement être continu car l´homogénéisation après écoulement est très contraignante. Enfin si le jus est pompé, le sulfitage doit être à la fois continu et proportionnel au débit d´écoulement pour assurer une bonne homogénéisation.
Le CIVC déconseille également l´emploi des doses préconditionnées de SO2. Ces tridoses ou bidoses, dont la dose par emballage est adaptée au volume de jus sortant d´une pressée, sont employées par plus de la moitié des centres de pressurage. " Elles ont beaucoup d´inconvénient : elles sont coûteuses, génèrent beaucoup de déchets d´emballage, déresponsabilisent l´utilisateur et, surtout, ne permettent pas l´adaptation de la dose. C´est une forme d´anti-raisonnement ", regrette Xavier Rinville.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre
Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires