Prix du lait : « à 400 euros les 1 000 litres, ça ne fait clairement pas bouillir la marmite ! »

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Conférence de presse de la Fédération nationale des producteurs de lait au Sommet de l'élevage. Crédits : © Pamac

Le coût de la sécheresse est évalué à 60 euros les 1 000 litres pour les producteurs de lait. Ces 60 euros c’est justement ce qui manque sur leur paye de lait depuis que les prix ont dévissé au printemps. Ils ont détaillé leur revendication, lors d'une conférence de presse au Sommet de l'élevage. 

La Fédération nationale des producteurs de lait tire la sonnette d'alarme au Sommet de l'élevage

À l’occasion d’une conférence de presse, hier matin au Sommet, les responsables régionaux et nationaux de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) ont dressé un constat accablant sur la situation des éleveurs laitiers face à la sécheresse et à la hausse des coûts de production.

"Quelles perspectives pour les jeunes agriculteurs avec des prix aussi bas ?"

Cyril Godefroy s’est installé en Haute-Loire en production laitière avec plusieurs associés. « Si je devais m’installer aujourd’hui avec les prix du lait actuellement pratiqués, c’est clair que ça ne passerait pas », témoigne le JA, qui, comme ses collègues, se demande bien comment il va tenir tout l’hiver pour nourrir ses vaches. Sans précipitation à l’horizon, la sécheresse s’intensifie et les perspectives de repousse des fourrages semblent s’éloigner chaque jour davantage.

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" Les éleveurs sont les grands oubliés du plan CASI "

Et pour le moment, pas question de compter sur le soutien de la puissance publique : « Les grands lésés du plan CASI, ce sont les éleveurs. Le système indiciel fait état de pertes de fourrages entre 30 et 40 % quand, en réalité, elles oscillent entre 50 et 60 %. Nous demandons donc des expertises terrain et des indemnisations à hauteur des pertes réelles. Si la ministre vient jeudi au Sommet, elle devra nous apporter des garanties », détaille Yohann Barbe, président de la FNPL.

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Le coût de revient du lait de vache à 482 euros les 1 000 litres

Quant à la disponibilité des fourrages, les professionnels estiment qu’il faut d’abord garantir aux producteurs le pouvoir d’achat. « Et pour cela, il nous faut du prix ! Le coût de revient est à 482 euros les 1 000 litres de lait, on est donc loin du compte. Les transformateurs doivent absolument comprendre que sans prix payé au niveau du coût de production, c’est la viabilité de l’élevage laitier qu’ils mettent en péril », insiste Stéphane Joandel, président de la section régionale laitière d’Auvergne-Rhône-Alpes et secrétaire général de la FNPL.

"L'agriculture brûle, le satellite regarde ailleurs"

FNSEA et JA, armés de banderoles, ont dénoncé le système assuranciel sur les stands de plusieurs assureurs présents au Sommet de l’Élevage ainsi que sur le stand du ministère de l'Agriculture. Après un été brûlant, les esprits sont chauffés à blanc. Les exploitations sont « en grande souffrance », tout comme les animaux qui ont pâti des températures « malgré tous les efforts des éleveurs ». Le 1,5 milliard d’euros annoncés par l’État pour faire face à cette sécheresse historique ne sont « pas suffisants », a rappelé Jean-Luc Perrin, secrétaire général de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes.

Annie Genevard devrait venir jeudi 8 octobre au Sommet de l'élevage

 Les éleveurs dénoncent depuis plusieurs semaines déjà, un Indice Prairie et les observations par satellite, qu’ils jugent totalement déconnectées du terrain. L’indice n’a d’ailleurs pas été modifié depuis 2016 et « aucune corrélation satellite terrain n’a été vérifiée depuis 2019 »,a indiqué Patrick Bénézit, président de la FNB. « On nous avait promis des ajustements. On les attend encore » ne décolère par David Chauve, président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes. La profession attend désormais « un positionnement clair et un peu de courage » de la part d’Annie Genevard, dont la visite prévue hier au Sommet de l'élevage pourrait être reportée à jeudi.

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