Réservé aux abonnés

Prix du lait 2026 : quelles perspectives pour la fin d’année ?

- - 3 min
En Europe, la Commission européenne pressent une stabilité de la production laitière sur l’ensemble de l’année, due à un déclin au second semestre. Crédits : © A. Lecerf/Cniel

Les turbulences sur les marchés laitiers, causées par une hausse de la production mondiale, sont-elles révolues ? C’est le scénario pressenti par de nombreux observateurs du secteur laitier.

Pour la Rabobank, les signaux sont à un net ralentissement de la croissance de la collecte de lait dans le monde. La banque néerlandaise dans son rapport trimestriel de juin, s’attend à une stabilisation puis une baisse sur le dernier trimestre 2026 et sur 2027. Selon elle, la collecte mondiale de lait sera encore positive en 2026, à + 1 % dans l’ensemble, puis une baisse de 0,2 % en 2027. En cause : la hausse des prix de l’énergie et des engrais qui pèse sévèrement sur les marges des producteurs laitiers des principaux bassins de production alors que les prix du lait payé aux producteurs sont globalement en baisse.

La météo ne devrait pas jouer non plus en faveur d’une hausse de la production à l’échelle du globe. L’Organisation météorologique mondiale table sur une forte probabilité d’apparition d’un épisode d’El Nino dont les effets pourraient entraîner une baisse de la production de lait en Océanie du fait de forts impacts sur les fourrages.

En Europe, la Commission européenne pressent une stabilité de la production laitière sur l’ensemble de l’année, due à un déclin au second semestre.

Un impact à retardement sur le prix du lait français

En France, « après un début d’année dynamique, la collecte laitière marque le pas sous l’effet combiné des conséquences de la FCO et des aléas météorologiques », note l’Idele dans sa note de conjoncture Tendances de juin.

Après avoir été visibles dans l’Est et le Nord, les effets de la maladie sur la repro se font désormais ressentir notamment en Bretagne, Pays de la Loire et Normandie.

« Est-ce que l’on entrevoit un redressement progressif du prix du lait en fin d’année, interrogeait Christine Goscianski, économiste à l’Idele lors de la journée Grand angle Lait 2026. Ce qui peut jouer favorablement, c’est la bonne tenue de la demande mondiale et les cours des commodités laitières. Mais les tensions géopolitiques entraînent une forte pression sur les charges. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

En entendant un rééquilibrage, le prix du lait a fortement décroché. Le prix du lait conventionnel standard s’établissait à 414,90€/1000 l en avril 2026, selon l’enquête mensuelle laitière de FranceAgriMer. Un niveau que l’on n’avait pas connu depuis mai 2022.

Le chiffre

+ 620 kg par vache

C’est la hausse de la productivité laitière des vaches françaises entre 2020 et 2025. Les raisons : un prix du lait attractif, une météo globalement favorable aux fourrages et la robotisation de la traite. De quoi compenser en partie l’érosion du cheptel (- 610 000 vaches depuis 2014). « Il y a moins de vaches mais elles sont plus productives », illustre Christine Goscianski, économiste à l’Idele.

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires