Les négociations commerciales se poursuivent, sous tension alors que les distributeurs cherchent à enrayer l’inflation, mais que les agroalimentaires demandent des hausses. De telles demandes sont-elles justifiées ?
Thierry Cotillard, président du groupement Les Mousquetaires, a évoqué, sur France Info le 9 janvier, « de très grandes marques qui sont venues avec des hausses de tarifs de l'ordre de 6 à 7, voire 8%, c'est énorme et totalement décorrélé de la réalité économique ». Il estime en effet que les coûts des matières agricoles ont baissé. Or, en novembre, selon Agreste, les prix à la production des produits agricoles augmentaient de 1,5 % sur un an.
Le géant américain des biscuits et chocolats Mondelez a assumé le 10 janvier demander des «augmentations de prix en France» en raison de charges toujours élevées, plusieurs distributeurs lui reprochant des hausses excessives. L'entreprise met en avant la flambée du prix du cacao notamment, et dit faire face à des coûts de production toujours élevés (énergie, emballage, transports), dans un communiqué transmis à l'AFP. Mondelez plaide n'avoir «pas répercuté toutes les augmentations de coûts subies» sur les prix négociés avec les distributeurs depuis 2022, ce qui «impacte significativement (sa) profitabilité en France», expliquent nos confrères d'Agra Presse.
Les PME ne sont pas épargnées dans les négociations
« Les relations entre fournisseurs PME-ETI et distributeurs deviennent de plus en plus difficiles avec une distribution qui se concentre dans un contexte de baisse de la consommation », regrette la Feef.
Ce qui explique peut-être que les petits fournisseurs demandent, en moyenne des hausses de 2,8% contre 6,4% pour les grands fournisseurs, toujours selon M. Cotillard. « Beaucoup trop de PME doivent encore choisir entre plier ou être déréférencées » dénonce ainsi Gilles Rouvière.