Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a réuni le 24 septembre le premier comité de pilotage du Plan d’action et a dressé un premier bilan de sa mise en œuvre le 23 février dernier au Salon international de l’agriculture.
Le Plan d’action pour favoriser la place des femmes en agriculture a été lancé lors du Salon de l’agriculture 2026 pour susciter les vocations et ouvrir davantage les métiers agricoles aux jeunes filles. Sept mois après son lancement, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a dressé un premier bilan lors du premier comité de pilotage qui s’est tenu le 24 septembre.
Favoriser la place des femmes en agriculture : la sensibilisation commence dès la formation et l'orientation
A ce jour, selon le ministère de l’Agriculture qui affirme que la sensibilisation commence dès la formation et l’orientation, 60 établissements de l’enseignement agricole sont déjà engagés dansla démarche de labellisation « Égalité-Diversité ». Les actions en faveur de l’entrepreneuriat féminin ont déjà permis d’organiser 17 interventions et de sensibiliser 250 jeunes filles, dépassant l’objectif initial fixé pour cette première année. Par ailleurs, 537 offres représentant 1 014 places de stage ont été proposées. Le mentorat « Une agricultrice - Une élève » entre également dans sa phase de déploiement en cette rentrée scolaire, avec un premier objectif de 20 binômes cette année.
Sensibiliser les jeunes filles aux métiers de l'agriculture
Le ministère rappelle qu’a été lancé, le 8 septembre dernier, le Programme national d’orientation et de découverte des métiers du vivant. Parmi ses priorités figure la promotion de l’accès des filles de 3e et de seconde aux stages de découverte dans les exploitations agricoles. Un appel à projets doté de 500 000 euros permettra de soutenir une cinquantaine de projets visant à promouvoir les métiers du vivant, dont des initiatives destinées à sensibiliser les jeunes filles aux métiers de l’agriculture.
Permettre aux femmes de réaliser leurs projets agricoles
« Aucune femme ne doit renoncer à un projet agricole faute de droits adaptés, d’un statut sécurisé ou de conditions de travail pensées pour elle » martèle le ministère qui explique que le Plan apporte également des réponses concrètes en matière de droits sociaux, de parentalité, de statut et de conditions de travail.
« Aucune femme ne doit renoncer à un projet agricole faute de droits adaptés, d’un statut sécurisé ou de conditions de travail pensées pour elle »
Ce dernier souligne que l’accompagnement de la sortie du statut de conjoint collaborateur a connu une forte montée en puissance : 52 webinaires ont été organisés et 2 183 conjoints collaborateurs ont déjà été contactés dans le cadre de campagnes d’accompagnement individualisé.
Exonération dégressive de cotisations sociales pour les conjointes choisissant de devenir chef d'exploitation
Par ailleurs, le ministère précise que chaque conjoint collaborateur concerné par le terme des cinq ans maximum du statut de conjoint collaborateur et qui choisit de devenir chef d’exploitation, a désormais droit, s’il a plus de 40 ans, à une exonération dégressive de ses cotisations sociales. Cette mesure a été concrétisée par un décret du 8 août 2026. « Le passage du statut de conjoint collaborateur à celui de cheffe d’exploitation doit pouvoir être un choix d’émancipation professionnelle, et non un parcours d’obstacles » explique le ministère qui souligne :
France services agriculture aidera les femmes pour leur projet d’installation
En ce qui concerne le déploiement le 1er janvier 2027 de France services agriculture, le ministère affirme que le dispositif permettra de mieux intégrer les difficultés spécifiques rencontrées par les femmes dans les parcours d’installation et de transmission, à travers la sensibilisation des conseillers, des informations dédiées, des temps d’échanges entre pairs et le développement du mentorat.
Autres précisions : les acteurs bancaires se mobilisent. Une enveloppe de 150 millions d’euros, financée par la Banque européenne d’investissement et distribuée par le Crédit Agricole, prévoit qu’au moins 30 % des montants bénéficient à des entreprises répondant à des critères de leadership ou d’entrepreneuriat féminin. Par ailleurs, les travaux engagés avec les opérateurs et organismes sous tutelle du ministère sont en cours et permettront de faire progresser la représentation des femmes dans les instances de gouvernance. Ils portent notamment sur la parité lors des renouvellements, la publication d’index de représentation et le développement de chartes des temps permettant de mieux concilier exercice des responsabilités et vie personnelle.
Des agricultrices mises à l’honneur via des portraits
Toujours pour mettre en avant l’essentielle place des femmes en agriculture, le ministère valorise sur son site et ses réseaux sociaux des parcours d’agricultrices. Neuf portraits ont déjà été publiés, dépassant l’objectif d’un par mois. « Donner à voir ces parcours, c’est aussi dire aux jeunes filles que tous les métiers de l’agriculture leur sont ouverts » explique-t-il.