Face aux manifestations de colères des agriculteurs, Emmanuel Macron annonce ce 8 janvier que la France votera finalement contre l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur lors de la réunion des ambassadeurs des Etats membres ce 9 janvier.
« La France a décidé de voter contre la signature de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur », a annoncé Emmanuel Macron, à 19h ce 8 janvier sur X.
Une déclaration à la veille d’une réunion des ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne décisive sur le sujet demain à Bruxelles alors que la contestation agricole monte depuis plusieurs jours partout en France et en particulier ce 8 janvier à Paris.
« Malgré des avancées incontestables », « un rejet politique unanime » reconnaît Emmanuel Macron
Après avoir fait plusieurs déclarations semblant contradictoires sur son avis sur l’accord UE-Mercosur, Emmanuel Macron explique dans un long post que « malgré [des] avancées incontestables, le constat doit être dressé d’un rejet politique unanime de l’accord, comme l’ont clairement montré les récents débats à l’Assemblée nationale et au Sénat ».
La France est favorable au commerce international, mais l’accord UE-Mercosur est un accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes (mandat de 1999).
Si la diversification commerciale est nécessaire, le gain économique de l’accord UE-Mercosur…
« L’accord UE-Mercosur est un accord d’un autre âge »
« La France est favorable au commerce international, mais l’accord UE-Mercosur est un accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes (mandat de 1999). Si la diversification commerciale est nécessaire, le gain économique de l’accord UE-Mercosur sera limité pour la croissance française et européenne (+0,05% sur le PIB de l’UE à l’horizon 2040 selon la Commission). Il ne justifie pas d’exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire », écrit-il affirmant n’avoir cessé de se mobiliser « depuis l’annonce de la fin de la négociation en décembre 2024 », « pour un accord plus juste afin de protéger [les] agriculteurs ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Quelles avancées concrètes mises en avant par Emmanuel Macron ?
Au rang des « avancées concrètes » obtenues, selon lui par la France, Emmanuel Macron cite : « une clause de sauvegarde spécifique », « des mesures de réciprocité sur les conditions de production », avec «la mise en place de cette réciprocité pour plusieurs des substances pesticides » que la France vient d’interdire sur notre territoire national ou encore « un renforcement des contrôles sanitaires en Europe et des audits vétérinaires et phytosanitaires dans les pays tiers ».
Le Président de la République se félicite aussi des engagements obtenus le 7 janvier « sur le montant des aides directes de la PAC dans le prochain budget pluriannuel de l’Union européenne »avec «un complément de 45 milliards d’euros accessible dès 2028, au-delà des près de 294 milliards d’euros sanctuarisés pour les aides directes au revenu agricole ». Il cite aussi l’avancée sur les engrais.
Le vote de l’accord semble pour autant inéluctable à Bruxelles
Ce vote contre de la France ne devrait toutefois pas empêcher l’accord d’être validé ce 9 janvier par les ambassadeurs des Etats membres, l’Italie ayant notamment finalement renoncé à s’opposer à l’accord. Un vote qui « serait un catalyseur de la faiblesse de la France en Europe », déclarait cette semaine Arnaud Rousseau, président de la FNSEA devant la presse.
« L’étape de la signature de l’accord ne constitue pas la fin de l’histoire. Je continuerai de me battre pour la pleine mise en œuvre concrète des engagements obtenus de la Commission européenne et pour protéger nos agriculteurs. Au niveau européen, la priorité demeure aujourd’hui d’accélérer notre agenda de protection, de compétitivité et d’investissement », tente de rassurer Emmanuel Macron, ce 8 janvier dans son post X.
La FNSEA mise sur les députés pour saisir la Cour de justice de l’Union européenne
La FNSEA, elle, compte désormais sur les députés européens pour suspendre l’accord. Avec un premier rendez-vous le 15 janvier pour savoir si une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne est mise à l’ordre du jour de la prochaine séance publique du Parlement européen. Le 20 janvier le syndicat prévoit de s’organiser avec ses homologues européens et le Copa-Cogeca pour peser sur le vote européen de cette saisine.