Le concours général agricole des prairies fleuries a remis ses prix à l’occasion du dernier Salon de l’agriculture. Parmi les 48 éleveurs finalistes désignés par les jurys locaux, quinze lauréats nationaux ont été distingués dans les cinq catégories de prix d’excellence agroécologique. Et parmi ces quinze, quatre sont des éleveurs ovins. Pour ces éleveurs, ce prix est une reconnaissance des savoir-faire déployés au quotidien pour entretenir et tirer le meilleur profit alimentaire de la biodiversité des prairies naturelles et parcours riches en espèces, tout en répondant, aux enjeux environnementaux dont ils ont la charge.
« En plus de valoriser le travail des éleveurs, ce concours est une façon de faire échanger localement les éleveurs entre eux sur leurs pratiques et sur la valeur fourragère des prairies permanentes, explique Pierre-Yves Motte, président de la chambre d’agriculture des Hautes-Alpes et président du jury national. Ces prairies naturelles sont souvent moins productives que les prairies plantées mais la diversité des plantes présente un grand intérêt pour les animaux. Certains utilisent leur prairie comme une pharmacie et ces foins de qualité sont, par exemple, souvent réservés à la finition d’animaux. »
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Des prairies riches en diversités mais trop peu soutenues
Lors de la remise des prix 2018, un lauréat de 2017 a symboliquement rendu son prix au ministre de l’Agriculture pour protester contre le manque de soutien aux pratiques agricoles extensives. « Les pratiques agroécologiques sont soutenues dans les discours car elles répondent à la demande d’aller vers plus d’équilibre entre agriculture et biodiversité, apprécie Pierre-Yves Motte. Mais, dans les faits, la Politique agricole commune ne soutient pas assez ces riches prairies permanentes d’intérêt écologiques et paysagères. »
Le concours, créé en 2010 à l’initiative des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux, va changer de nom pour sa prochaine édition et s’appeler « concours des pratiques agroécologiques - prairies et parcours ». « Nous avons voulu changer de nom car « prairies fleuries » avaient une connotation « villages fleuries », remarque Pierre-Yves Motte. Notre concours ne fait pas seulement référence à l’aspect esthétique mais il prend en considération l’intérêt agricole et écologique des prairies naturelles et d’alpages. Nos jurys locaux sont des experts en agronomie, botanique, biodiversité ou de la vie des sols et des abeilles. »
www.concours-agricole.com/prairies/accueil.html
Les lauréats ovins du concours général agricole des prairies fleuries 2017
EARL la ferme de Savoyères (Isère), premier dans la catégorie « pâturage exclusif »
Frantxoa Mocho (Pyrénées-Atlantiques), deuxième dans la catégorie « pâturage (et fauche)/plaine et piémont ou montagne »
Gaec des Tuilières (Aveyron), premier dans la catégorie « fauche (et pâturage)/plaine et piémont moyen »
Eve Palacios (Isère), seconde dans la catégorie « fauche (et pâturage)/plaine et piémont moyen »