Le bien-être de l´éleveur et de ses animaux, et la chasse aux pertes de temps inutiles : ces objectifs ont guidé les choix des six associés (trois couples) du Gaec de La Source, à Mornay (Côte-d´Or). « Beaucoup de choses sont faites en autoconstruction, pour limiter les charges et les annuités d´exploitation », souligne François Bourguignon, lauréat 2003 du Prix de l´éleveur futé. « Nos vaches ont une douzaine d´hectares contigüs au bâtiment, où elles vont pâturer quand elles veulent, en libre accès. Elles sortent au printemps et rentrent en début d´été (4 mois environ) quand l´herbe est insuffisante. Les 70 vaches ont toujours du maïs, même au printemps, car le pâturage seul ne suffit pas pour maintenir le niveau d´étable (8887 kg/an) ».
Pas de problème d´approvisionnement en paille
Par conséquent, le bâtiment a un rôle important au Gaec de La Source, qui a su en faire un outil fonctionnel. Une marche de 1,80 m de largeur pour faciliter le paillage de l´aire d´exercice, des jeux de barrière pour faciliter la contention, un bardage entièrement escamotable pour une bonne ambiance des bâtiments, deux caméras de surveillance : le Gaec a aménagé le bâtiment pour que le bien-être de l´animal rejoigne celui de l´éleveur. « Nous sommes dans une région céréalière, et les éleveurs sont aussi céréaliers. Nous n´avons donc aucun problème d´approvisionnement en paille. Le Gaec est même excédentaire (en temps normal). Ceci explique pas mal de choses quant à la conduite du troupeau. Nous avons choisi l´aire paillée plutôt que les logettes et une conduite tout fumier (la fosse ne récupère que les effluents peu chargés de la salle de traite) ». L´aire d´exercice est paillée à l´aide d´une pailleuse (paillage mécanisé depuis 1986).
« En 2000, lors de la mise aux normes, nous avons construit un nouveau bâtiment, avec une aire paillée et une fumière couvertes, l´ensemble permettant au moins 20 semaines de stockage. Comme je voulais garder la pailleuse, j´ai travaillé avec le constructeur à la conception du bardage escamotable pour une évacuation rapide de la poussière et demandé la réalisation d´une marche de 1,80 m derrière l´auge ». Contrairement à beaucoup d´ouvrages du Gaec de La Source, le bâtiment des vaches laitières a été construit par entreprise (sauf l´électricité et l´aménagement de l´intérieur), faute de temps.
Une personne seule doit pouvoir assurer le travail
« Chaque couple travaille un dimanche sur trois, et depuis cette année, on est passé à un week-end sur trois (de novembre à mars, lorsqu´il n´y a pas de travail aux champs). Le travail doit pouvoir être fait par une personne seule. Grâce à la pailleuse et au DAL, c´est possible. Et on prépare le maximum le vendredi (foin dans tous les rateliers et seaux de céréales devant chaque lot) », continue François Bourguignon. Il y a deux ans, dans le cadre d´un CTE, le Gaec a investi dans une presse avec couteaux pour pouvoir mettre du foin coupé court dans la mélangeuse : « C´est plus facile à doser et à mélanger ». Le Gaec a également pu faire passer l´achat de deux caméras de surveillance dans le volet investissement de son CTE. « Mon objectif premier est de surveiller les chaleurs. Les caméras servent aussi à contrôler les vêlages. J´ai gagné en confort de travail, mais aussi en efficacité, puisque les vaches ne sont pas dérangées par ma présence ». Les projets du Gaec suivent toujours l´objectif de supprimer les pertes de temps inutiles : rassembler tout le stockage de la paille à côté des bâtiments, avoir une aire de lavage et un local pour pouvoir bricoler et réparer...
(Voir aussi en rubrique machinisme du 31/10, 3/11 et 5/11/2003, trois autres « matériels astucieux » imaginés par François Bourguignon.)
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