Sur la commune de Clavières, Le gîte La Margeride de Marinou concilie préservation du patrimoine bâti, complémentarité agricole et accueil touristique. La qualité des aménagements se voit récompenser d’un “coup de cœur”.
Inauguration
Mardi 29 septembre, les trois partenaires Gîtes de France, Crédit agricole et le Conseil en architecture, urbanisme et environnement (CAUE) se sont retrouvés au hameau de Grane sur la commune de Clavières pour la remise du prix annuel “Coup de cœur” 2025 à Elsa et Jérémy Pic pour leur gîte La Margeride de Marinou. Initiée il y a plus de 20 ans, cette reconnaissance s’accompagne d’un chèque de 1 000 € remis en début de semaine aux porteurs de projet. Il récompense “une initiative exemplaire”, précise Carole Montil, directrice adjointe des Gîtes de France Cantal, en matière de rénovation du bâti existant avec comme objectif l’hébergement touristique.
Garder un bien familial
L’histoire remonte à 2023. La grand-tante d’Elsa, affectueusement surnommée Marinou, décède. Il faut alors se porter acquéreur pour conserver ce bien de famille qui porte bien des souvenirs depuis l’enfance tant pour Elsa que pour Jérémy. Mais pour conserver un tel bien faut-il encore avoir un projet pour le valoriser. Ce sera donc une mise en valeur touristique avec la création d’un gîte d’une capacité de douze couchages et un plus indéniable apporté par la création d’un espace bien-être avec spa, sauna et douche. On pourrait s’en arrêter là, mais ce qui a séduit le jury des partenaires repose sur la qualité des travaux et de l’agencement. La maison a conservé son âme, celle de ces fermes blocs de la Margeride alignant partie habitation et écurie-grange. L’intérieur a été aménagé avec goût, recyclant par exemple d’anciennes portes en têtes de lit et une décoration laissant apparaître, au loisir des yeux, quelques objets retrouvés dans la maison. La vente ayant été signée en début d’année 2024, Jérémy Pic, aidé de son beau-père, s’est tout d’abord attaché à vider la maison puis à entreprendre la démolition de l’intérieur pour ne conserver presqu’exclusivement que les quatre murs. Si beaucoup a été effectué par les propriétaires, il a fallu faire appel à des artisans pour certains travaux. Le chantier a durée 13 mois en comptant les extérieurs. “Nous nous sommes beaucoup appuyés sur les conseils de Gîtes de France et les services de la Chambre d’agriculture dans le cadre d’un projet d’agri-tourisme”, révèle Elsa Pic. Compte-tenu des volumes de la bâtisse, il a été recommandé de réaliser un gîte de groupe, qualitatif, et avec des équipements pouvant faire la différence, en l’occurrence l’espace bien-être peu développé sur le territoire de la Margeride. Le cadre agri-tourisme a permis de capter des subventions à hauteur de 60 000 € de la part de l’Europe (Feader) et du Pacte Cantal.
En lien avec l’exploitation
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“Avec ce projet, nous touchons les deux premières économies du Cantal : l’agriculture et le tourisme”, fait remarquer Martine Chauvet, vice-présidente de la caisse régionale de Crédit agricole Centre-France. Le gîte intègre le Gaec de la Margeride (élevage allaitant limousin) dans lequel Jérémy est associé avec ses beaux-parents. “Nous avons de plus en plus de projets de gîtes ou de chambres d’hôte répondant à un souhait de diversification sur les exploitations ou bien même d’installation, explique Lisiane Lacanal, conseillère d’entreprise à la chambre d’agriculture duCantal. C’est le moyen pour beaucoup de valoriser des biens immobiliers en cœur de village.” “Il y a notre souhait de valoriser cette maison de famille, mais aussi, pour moi, de faire connaître notre région, notre agriculture avec nos produits locaux que je fais découvrir en proposant notamment des planches-apéro et en organisant des visites sur notre exploitation familiale”, présente Elsa Pic. Cela nous apporte aussi du lien social en accueillant des personnes de différentes régions.” À proximité, les centres d’intérêt ne manquent pas avec : la ville de Saint-Flour, Ruynes-en-Margeride (le Parc Aventure, l’écomusée, le Monde en peluche), Chaudes-Aigues, Le Malzieu, Garabit-Grandval pour la pêche, le Mont-Mouchet et la randonnée dans la Margeride et l’Aubrac. Ouvert depuis ce printemps, le gîte La Margeride de Marinou n’a pas désempli cet été et affiche déjà complet pour les vacances de Toussaint et de fin d’année. Il est aussi ouvert les week-ends, vendredis, samedis, dimanches.
Réservation : un bon début
La clientèle se compose essentiellement de familles ou de groupes d’amis, principalement originaires du Rhône, de la Loire, de Bretagne, souhaitant profiter de la nature et... de l’autoroute A75 pour rejoindre les hauteurs de Clavières, à 1 040 m d’altitude. Président départemental de Gîtes de France, Bernard Vidal souligne tout l’intérêt de “préserver le patrimoine et de participer à l’économie du Cantal”. Rappelant l’importance du tourisme dans l’attractivité du département, Marina Besse, conseillère départementale, met en exergue, à la vue de ce nouveau gîte en lien avec une exploitation agricole, de ne pas “mettre tous les œufs dans un même panier”.