Après plusieurs trimestres de dynamique laitière, la Rabobank s’attend à un revirement de la collecte laitière mondiale notamment à cause de la morosité en Europe, plombée par les conditions climatiques défavorables de l’été et la flambée des coûts de production.
+4,6 % sur un an au dernier trimestre 2025. +3,8 % au premier trimestre 2026, puis +2 % au second. L’évolution de la collecte laitière chez les grands exportateurs mondiaux va-t-elle ralentir fortement ? C’est ce que prévoit la Rabobank dans son dernier rapport, tablant sur +0,5 % au second semestre. Un changement de dynamique principalement lié à la situation en Europe.
Le Royaume-Uni a impulsé la baisse, avec un recul des volumes de 2,5 % en juin comparé au même mois de 2025, tandis que l’Allemagne et les Pays-Bas étaient encore très dynamiques, respectivement de 5,8 % et de 9,9 %.
L’Irlande affichait aussi une baisse des volumes en juillet, de -2,2 %. Au Royaume-Uni, en août, la baisse de la collecte atteint -4,5 %, « à cause des chaleurs extrêmes du milieu du mois et de la chute des rendements des vaches en stress thermique » précise AHDB. Sur cette rentrée, la tendance se stabilise en France (+0,7 % sur un an en semaine 35), l’Allemagne reste dans le vert (+1,6 %), le Royaume-Uni reste dans le rouge (-4 %).
La Rabobank pointe la dégradation de la marge des producteurs laitiers, avec des prix du lait qui sont retombés à des niveaux plus proches de la moyenne et des coûts de production qui ont augmenté, notamment le GNR et les engrais dans le sillage de la guerre en Iran.
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Pour les mois à venir les perspectives sont donc baissières du côté de l’offre européenne. L’événement El Niño attendu fort cette année pourrait aussi impacter la production en Océanie.
Une demande davantage orientée sur les protéines laitières
Si l’offre est attendue moins présente sur le marché laitier, l’évolution de la demande est moins évidente à anticiper. Pour ce qui est des matières grasses, les stocks sont plutôt élevés après les bonnes fabrications du début d’année : +9,2 % en beurre au premier semestre.
En protéines laitières en revanche la demande pourrait rester dynamique, avec les utilisations en nutrition-santé de la poudre de lait et plus particulièrement du lactosérum. Les yaourts, fromages blancs et fromages frais ont le vent en poupe. Enfin ; les acheteurs internationaux sont au rendez-vous, cherchant à sécuriser leurs approvisionnements face aux risques perçus sur les volumes en origine UE ou Océanie dans les prochains mois. La cotation Atla de la poudre de lait dépasse les 3 000 €/t pour la première fois depuis 2022.