Bruno Osson, du Gnis, a formulé les huit questions à se poser pour bien choisir sa (ses) dérobée(s) fourragère(s) :
1 - A quelle date se libère la parcelle ?
Toutes les espèces n'ont pas la même vitesse d'implantation, ni la même sensibilité au froid. On aura donc selon les espèces des dates butoirs pour le semis.
2 - Est-ce que la parcelle est proche de la stabulation ou d'une prairie dans laquelle se trouvent des animaux, ce qui facilitera l'exploitation en pâturage ?
3 - Quel est le mode de destruction du couvert envisagé avant l'implantation de la culture suivante ?
Le couvert peut être détruit par le pâturage, la fauche, le gel, la destruction mécanique ou chimique, le labour.
4 - Quelle sera la culture suivante ?
Sera-t-elle une culture exigeante en eau, exigeante par rapport à la structure du sol, sensible à l'allélopathie des brassicacées, aux repousses ?
5 - À quel mode d'utilisation destine-t-on la dérobée fourragère ?
La réponse peut être pâturage d'automne, pâturage d'hiver de stocks sur pied, pâturage d'automne puis pâturage de printemps, ensilage d'automne, ensilage d'automne puis ensilage de printemps ou bien ensilage d'automne puis pâturage au printemps.
6 - Souhaite-t-on disposer rapidement de fourrage ?
7 - Quelles sont les contraintes pédoclimatiques ?
Est-on en zone froide ? Quelle est la réserve utile du sol ? Y a-t-il des contrastes climatiques à envisager (automne froid et sec, automne chaud et sec, automne froid et humide) ?
8 - Y a-t-il des objectifs complémentaires pour la dérobée fourragère ?
Ce peut être un objectif agronomique, environnemental, cynégétique.
Une fois que les réponses sont définies, on peut consulter la grille des espèces pour sélectionner une ou plusieurs espèce(s), puis les tester grâce à la grille de décision.
« La qualité de la semence est essentielle. Le rendement est directement lié à la bonne couverture du sol par la plante, donc à la bonne germination », rappelle Bruno Osson, du Gnis. Par ailleurs, la qualité de la semence doit garantir l'absence de graines indésirables qui risqueraient de polluer les cultures suivantes. « Les semences certifiées et les contrôles officiels assurent ce haut niveau de qualité. »
Ensuite, la qualité de l'implantation n'est pas à négliger pour donner toutes ses chances à la culture : il faut semer sur une terre ameublie en surface et respecter les doses de semis.
Sur notre site www.reussir-bovins.com
Retrouvez la grille des dérobées fourragères proposée par Bruno Osson, du Gnis, ainsi que sa fiche "décision" qui facilite le choix. Mettre une croix quand l'espèce présente un facteur limitant. On peut choisir l'espèce ou les espèces qui n'ont pas reçu de croix.
Identifier une plante dans une prairie
Parmi les 2 000 espèces pouvant potentiellement pousser dans une prairie, et même parmi les 100 espèces principales que l'on connaît plus ou moins de vue, identifier une plante inhabituelle n'est pas évident. Le Gnis propose une clé de détermination pour les 29 espèces principales de graminées prairiales (téléchargeable gratuitement sur www.prairies-gnis.org). L'application libre et gratuite Pl@ntNet, qui promet la reconnaissance de 800 plantes de la flore française métropolitaine, peut aussi donner de bons résultats en identifiant une espèce à partir de sa photo prise avec un smartphone. La base d'images interrogée est générée de manière collaborative.