Gérer ses rations avec le tamisage Penn State

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Le Penn State utilise trois tamis de mailles différentes pour séparer la ration selon la taille des particules et vérifier l’équilibre entre fibres longues, particules moyennes et éléments fins à risque d’acidose. Crédits : © Y. Mathioux

Dans les élevages bovins, le tamisage des rations ou Penn State se développe comme un moyen concret de vérifier la qualité du mélange. Cet outil permet de voir rapidement ce que les vaches ont réellement dans l’auge en contrôlant la longueur des fibres et les risques d’acidose.

Consultant nutritionniste indépendant, Yan Mathioux utilise régulièrement le Penn State dans les fermes pour ajuster les performances alimentaires des rations. « Le Penn State Separator a été inventé par l’université de Pennsylvanie, d’où son nom. C’est un outil de tamisage qui repose sur plusieurs grilles de tailles différentes qui permettent de séparer les particules d’une ration selon leur longueur », rappelle Yan Mathioux. Le tamisage des rations permet de vérifier si le mélange distribué aux animaux est assez homogène et bien structuré sur le plan de la longueur des fibres. L’objectif est d’éviter que les vaches trient la ration et consomment trop de particules fines, avec un risque d’acidose à la clé. « Les conseillers en nutrition et les personnes qui règlent les machines pour l’ensilage l’utilisent », indique Yan Mathioux.

Une utilisation à trois étapes clés

L’outil peut être utilisé à plusieurs moments. « D’abord à l’ensilage, pour vérifier la taille des fibres et ajuster les réglages de coupe. Ensuite sur la ration distribuée afin de contrôler la qualité du mélange. Enfin sur les refus, pour comparer ce qui a été distribué et ce que les animaux ont laissé dans l’auge. Cela permet de voir comment les animaux ont trié la ration », précise-t-il.

Cette technique repose sur une méthode assez simple. Le Penn State comporte généralement trois à quatre niveaux de tamis. Le premier, avec des ouvertures de 2 cm, retient les plus grosses fibres comme les feuilles de maïs, la paille, le foin ou certains morceaux d’enrubannage. « Les tamis du milieu, de 19 à 8 mm, puis de 8 à 1,2 mm, récupèrent ensuite les particules de taille moyenne », détaille Yan Mathioux. Tout ce qui finit dans le fond correspond aux particules très fines, comme les farines. « Ce sont les éléments performants, mais dangereux et liés à l’acidose », souligne-t-il à propos des fractions les plus fines.

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Limiter le tri pour réduire le risque d’acidose

Ces résultats permettent ensuite de corriger rapidement certains points comme la longueur de coupe, le temps de mélange ou encore l’ordre d’incorporation des aliments dans la mélangeuse. « Pour le premier tamis, l’objectif est d’avoir entre 5 et 8 % du poids de la ration. L’idée est ensuite qu’au moins 90 % du poids se retrouve dans les tamis intermédiaires et seulement 6 % dans le fond. Ces normes sont les normes jeunes bovins », précise le nutritionniste. Dans le cas des autres catégories de bovins à l’engraissement, avec des rations plus riches en fibres, cette technique présente moins d’intérêt et il conseille plutôt d’aller observer les bouses.

Le résultat du tamisage dépend de plusieurs paramètres, notamment de l’humidité de la ration et du temps de mélange. « Une ration légèrement humide ou contenant un liant, comme la mélasse, limite le tri, car les petites particules ont tendance à rester collées aux fibres plus longues. Cela évite qu’il y ait trop d’éléments fins qui tombent au fond de la mangeoire et limite donc le risque d’acidose. » Un rapide test à la main permet déjà de vérifier cela de manière simple. « Prenez une poignée de la ration et serrez-la fort dans votre main. Si les petites particules se collent légèrement dans votre paume, c’est généralement bon signe. À l’inverse, si elles se défont facilement, c’est qu’elles vont se tamiser trop vite, il faut donc être vigilant et éventuellement ajouter un liant ou adapter le temps de mélange selon la taille des fibres. »

La méthode du 5 par 7

Pour que le prélèvement soit représentatif, il faut prélever plusieurs poignées de ration tout au long du désilage. « Tous les 2 à 3 mètres, on prend une poignée. En tout, 10 à 15 poignées qu’on mélange dans un seau », explique le nutritionniste. Une partie du mélange est ensuite déposée dans le tamis. Le mouvement est standardisé avec la méthode dite du « 5 par 7 ». « Il faut faire cinq mouvements d’une amplitude de 15 à 20 cm et les répéter en faisant 7 quarts de tour », précise Yan Mathioux. Chaque fraction est ensuite pesée pour connaître la répartition des particules.

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