Si les pièces hivernales de viande bovine sont encore peu sollicitées, les abattoirs jugent le commerce de la viande bovine bien orienté dans l’ensemble. Le filet de bœuf semble particulièrement manquer à l’appel.
La rentrée a été synonyme de reprise du commerce de la viande bovine, bien qu’avec toujours une certaine prudence des consommateurs qui s’est accrue au fil de la remontée des prix du pétrole. Le passage de la gamme estivale (arrières, pièces à griller) à la gamme hivernale (avant, pièces à braiser) s’amorce très lentement. En effet, les températures sont encore élevées pour la saison et incitent peu à mijoter les bourguignons. Les cours du jarret et du collier frémissent à peine.
Forte tension en filet de bœuf
En revanche, les abattoirs signalent depuis plusieurs semaines de tensions sur le filet de bœuf. L’offre française ne suffit pas à répondre à la demande et la tendance semble globalement la même sur le marché européen. Plusieurs explications sont avancées par les opérateurs. Pour certains c’est l’effet de l’interdiction des viandes brésiliennes qui perturbe les chaînes d’approvisionnement en Europe. Pour d’autres, c’est que les stocks ont été apurés en fin d’été avec une bonne demande de la côte méditerranéenne, en Espagne et en France.
Les remontées Normabev publiées par Interbev indiquent que les abattages de vaches viande sont en retrait, en semaine 37, de 8,2 % sur un an. La baisse est de 7,6 % en moyenne sur les semaines 34 à 37. Du côté des laitières, les abattages étaient en retrait annuel de 2,3 % en semaine 37. Les opérateurs font part de leurs difficultés à trouver des bons animaux bien finis. C’est ce qui explique la fermeté des prix des vaches U et le maintien des vaches R.
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D’autant plus qu’au niveau européen, plusieurs abattoirs, par exemple en Irlande, cherchent déjà des animaux pour remplir le vide laissé par le Brésil. Alors que les coûts de production (énergie et aliment) augmentent, ils devront assurer des prix intéressants pour que les éleveurs engraissent des animaux.