Viande : l’UE confirme l’interdiction d’importer du bœuf et du poulet brésilien, quelles conséquences ?
Comme elle l’avait annoncé en mai dernier, la Commission européenne a suspendu l’autorisation d’importer des produits animaux brésiliens. Sont notamment concernés la viande et la volaille, à cause de l’utilisation des anti-microbiens. Si des audits sont encore en cours en volaille, le bœuf brésilien devrait bel et bien rester banni.
Comme elle l’avait annoncé en mai dernier, la Commission européenne a suspendu l’autorisation d’importer des produits animaux brésiliens. Sont notamment concernés la viande et la volaille, à cause de l’utilisation des anti-microbiens. Si des audits sont encore en cours en volaille, le bœuf brésilien devrait bel et bien rester banni.
La Commission européenne a confirmé, le 31 août, que le Brésil ne sera plus autorisé, à partir du 3 septembre, à exporter vers l’UE des animaux destinés à la production alimentaire ni des produits d’origine animale. Les États membres de l’UE avaient voté le 12 mai la liste des pays tiers autorisés à exporter des produits animaux vers l’Union européenne, où ne figurait pas le Brésil. Sont notamment concernés la viande bovine, la volaille, les œufs et le miel. L’Union européenne a importé du Brésil 368 000 tonnes de produits animaux en 2025 pour plus d’1,55 milliard d’euros. Annie Genevard, la ministre française de l’Agriculture a salué « une décision logique », insistant sur « la réciprocité des normes ».
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92 000 tonnes de bœuf importées du Brésil en 2025
Au premier semestre 2026, ce sont déjà 59 000 téc de viande bovine brésilienne qui sont parvenues en Europe, selon Eurostat, soit une hausse de 73 % des envois par rapport à la même période de 2025, déjà en croissance. En effet, le Brésil avait expédié 92 381 tonnes équivalent carcasse de viande bovine en 2025 (+36 % par rapport à 2024), un record historique avant même l’entrée en vigueur de l’accord commercial UE-Mercosur. « Désormais, même les découpes de bœuf brésilien les moins cotées de la carcasse trouvent preneur en Europe » confiait aux Marchés un cadre de Minerva, l’exportateur sud-américain.
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Des envois de volaille très dynamique en 2026
Au premier semestre, ce sont 197 400 téc de volaille brésilienne qui ont été importées par l’Union européenne, c’est 39 % de plus que sur la même période de 2025 et 72 % de plus qu’au premier semestre 2024. L’an dernier, les exportations de volailles du Brésil vers l’UE avaient été freinées sur l’été et le début de l’automne à cause d’un cas de grippe aviaire.
Qui va profiter du bannissement du poulet et du bœuf brésilien en UE ?
Les services de la DG Santé mènent actuellement, jusqu’au 4 septembre, des audits au Brésil auprès de producteurs de volailles et de miel. Si les pratiques sont jugées conformes aux exigences européennes sur l’usage des antibiotiques, ces deux produits pourraient de nouveau figurer sur la liste verte. Si le poulet brésilien n’est pas réautorisé en UE, ce sont la Chine et la Thaïlande qui devraient tirer leur épingle du jeu selon la Rabobank.
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L'Uruguay et l'Argentine sur les rangs pour la viande bovine
Mais le bœuf devrait rester interdit. En effet l'UE surveille l'usage des antibiotiques sur tout le cycle de vie de l'animal. La viande bovine exportée correspond à des animaux de deux ans abattus récemment. Or, « on ne peut pas obtenir une traçabilité rétrospectivement fiable sur les deux dernières années », selon Dr Wall, un ancien membre de l’agence européenne Efsa. Le système brésilien permet un suivi médicamenteux seulement sur les 90 derniers jours. Par ailleurs, la mise en œuvre d’une traçabilité comparable au système européen ne sera en vigueur qu’en 2036.
Pour Patrick Bénézit, président de la Fédération Nationale Bovine : « Pour la première fois depuis longtemps, l’Europe fait preuve de lucidité et décide de protéger son marché, ses producteurs et ses consommateurs ». L’Uruguay et l’Argentine devraient en profiter.