Christelle Lalondrelle a rejoint son mari sur la ferme familiale avec la reprise d’un site en poulets fermiers des Landes. La construction de cabanes mobiles est venue clore son projet d’installation.
Christelle Lalondrelle a décidé de troquer sa blouse d’aide-soignante pour une cotte et des bottes. Elle a rejoint son mari Jonathan sur la ferme familiale en janvier 2021 à Losse dans les Landes, au cœur de la forêt landaise.
À partir de l’expérience de Jonathan, éleveur de poulets et de canards Label rouge installé en 2011, ils ont cherché à optimiser ce nouveau projet d’installation, plus particulièrement l’investissement, l’adaptabilité et le temps de travail. L’éleveuse a mené deux projets en un sur une durée de quatre ans. D’abord, Christelle a repris un site en location composé de quatre bâtiments sur 15 hectares de terres pour y produire des poulets fermiers des Landes. Les trois lots annuels de poulets sont élevés en 81 jours minimum selon le cahier des charges Label rouge fermier, soit 6 270 volailles par lot pour une surface de 570 m². Les quatre bâtiments ont été rénovés : la chaîne d’alimentation, les trappes, le sas et l’isolation. L’investissement de ce premier projet est financé par 20 000 euros de prêt d’honneur, 20 000 euros d’emprunt bancaire et 10 000 euros d’aide PCAE de la région Nouvelle-Aquitaine. La totalité du projet d’installation a été financée à 50 % par la coopérative Euralis, l’abattoir et la région. Le fermage annuel des terres et des bâtiments représente une charge annuelle de 6 100 euros.
La dernière phase de son installation consiste en un site de cabanes landaises, mobiles et moins onéreuses. « Construire des bâtiments aurait coûté 600 000 euros et puis le sol sous les bâtiments ne m’appartient pas. Et je ne sais pas ce qu’il en sera à l’avenir. Avec mon système de production en cabanes mobiles, du jour au lendemain, l’élevage peut être déplacé », indique Christelle.
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Une installation en deux étapes
Quatre ans plus tard, c’est au tour de six cabanes landaises de 60 m² appelées « marensines » d’être déposées sur le site de Losse parmi les pins sur un terrain plat. Arrivées sur un camion, elles ont été montées en deux jours à quatre personnes. « Comme des legos, il s’agit de kits que nous avons monté et raccordé au système électrique », précise Christelle. L’eau du forage, contrôlée et traitée, alimente les cabanes. Un permis de construire a été nécessaire pour positionner les marensines sur deux parcours différents. 12 000 poulets JA 757 sont élevés par an dans les cabanes. À chaque fin de lot, les cabanes sont déplacées d’un emplacement à l’autre. Les cabanes neuves et équipées par le couple représentent un coût global de 117 000 euros. En effet, les éleveurs, parents de jeunes enfants, ont cherché à automatiser par des moyens « simples » et peu coûteux ces cabanes traditionnelles gourmandes en main-d’œuvre car très peu équipées. Après bien des réflexions, ces versions miniatures sont presque autant automatisées qu’un bâtiment de 400 m². « On s’en approche », concluent les jeunes éleveurs satisfaits.
« Nous avons divisé par quatre le temps de travail »
Les éleveurs ont automatisé eux-mêmes les six cabanes landaises.
L’accès empierré du site facilite l’accès des camions de livraison d’aliment. Deux silos de 6 tonnes (mobiles sur roue) alimentent les poulets automatiquement. « La troisième cabane est équipée du moteur qui remplit les assiettes Multibeck. Une chaîne aérienne transfère l’aliment jusqu’aux cabanes, équipées d’une chaîne au sol. Nous avons installé également un radiant de 6 500 W avec un thermorégulateur pour chauffer au démarrage le lot ainsi qu’un néon pour la lumière. » Les six cabanes sont branchées en série à une intensité électrique de 16 A et une tension de 380 V. Si l’ouverture des trappes est motorisée, la ventilation reste manuelle. « La présence de lumière au démarrage a permis une avance de trois jours sur le GMQ », indiquent les éleveurs. L’indice de consommation a lui baissé de 0,1 point. Jonathan qui de son côté exploite deux sites de 16 cabanes landaises « traditionnelles » à Vielle-Soubiran constate une nette différence. Sur son site, dix trémies par cabane sont remplies d’aliment tous les trois jours à l’aide d’un groupe électrogène durant 20 minutes. « Rien qu’avec la distribution d’aliment, nous avons supprimé 800 heures par an de main-d’œuvre », indique Jonathan. Il estime avoir réduit par quatre le temps de travail au global grâce à l’aménagement des nouvelles cabanes qu’ils ont réalisé eux-mêmes pour en limiter le surcoût. L’installation calibrée des équipements – un radian au lieu de deux et une rampe de 60 pipettes (et non deux) – a généré une économie de 1 500 euros par cabane. Au final, ils atteignent un surcoût modéré de 4 000 euros par cabane comparé à une cabane traditionnelle. « Nous sommes convaincus que ce type d’installation à moindre coût peut intéresser des éleveurs. En sept ans, nos cabanes seront payées. Il faut créer des ateliers automatisés de ce type pour attirer et installer des jeunes. Nous avons besoin d’assurer le renouvellement des éleveurs de poulets fermiers des Landes. »