Des cas de bronchopneumonies infectieuses chez les vaches adultes sont observés plus fréquemment depuis quelques années. Ce sont principalement des infections bactériennes.
« Bien que classiquement associées aux jeunes bovins, les bronchopneumonies infectieuses aiguës apparaissent aujourd’hui comme une entité émergente chez les vaches adultes, avec une incidence en augmentation selon les observations de terrain et les données nécropsiques », a présenté Nicolas Masset, membre de la commission épidémiologie de la SNGTV, lors des journées nationales des groupements techniques vétérinaires à Dijon en mai.
Ces atteintes respiratoires profondes résultent principalement d’infections bactériennes transmises par voie aérienne. D’après une revue de publications scientifiques et une série de 21 cas étudiés dans la clientèle de la clinique EVA d’Argentonnay (Deux-Sèvres), l’implication de Mannheimia haemolytica est prépondérante. Il n’y a pratiquement jamais un passage de virus avant. Les pneumonies chez les adultes se déclarent le plus souvent sur une ou deux vaches seulement. Il peut cependant arriver aussi que les cas soient nombreux, et alors l’épidémie a une incidence économique très conséquente.
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« La pneumonie n’est pas aussi facile à diagnostiquer que sur des veaux », relève Nicolas Masset. La plupart des motifs d’appel du vétérinaire sont non spécifiques de problème respiratoire. À l’auscultation respiratoire, une augmentation de la fréquence respiratoire est relevée mais sifflement, crépitement ou toux sont rarement observés chez un adulte en pneumonie. « Souvent, une pleurésie est associée, ce qui atténue les bruits respiratoires. Le jetage, en revanche, est très fréquent. » Les vaches mangent souvent beaucoup moins et présentent des signes digestifs, avec un score de remplissage du rumen bas. « L’échographie pulmonaire est un examen complémentaire pertinent qui permet détection précoce et évaluation de l’étendue des lésions pulmonaires et aussi un suivi des animaux », signale Nicolas Masset.
Les cas de pneumonie chez l’adulte sont plus fréquents en période hivernale, en cas de surdensité dans le bâtiment, sur des vaches au statut sanitaire un peu moins favorable, et sur des animaux achetés. « Des travaux complémentaires restent nécessaires afin de consolider ces observations, d’évaluer rigoureusement l’efficacité des approches thérapeutiques, de mieux caractériser les facteurs de risque impliqués et d’apprécier l’intérêt réel des mesures préventives, notamment la vaccination », conclut Nicolas Masset.