Une étude d’envergure pilotée par l’Anses sur les lots de canards vaccinés contre l’influenza aviaire met en avant les facteurs pouvant influencer la réponse immunitaire des animaux, tels que l’âge au moment des vaccinations, le type de vaccin et la taille de l’élevage.
Elle est aussi plus favorable pour les lots dont les élevages adhèrent à une organisation de production. « Cela pourrait être lié à un meilleur appui technique, un encadrement renforcé… », supposent les experts de l’Anses et les vétérinaires à l’origine de la publication. L’influence du vaccin utilisé est également mise en évidence, « avec une séropositivité plus élevée lorsque les animaux sont vaccinés avec le vaccin Respons. Ceci pourrait être lié à la nature du vaccin ou à ses conditions d’application. » Le vaccin Respons, aqueux, est administré en intramusculaire à faible dose (0,2 ml), quand le Volvac, huileux, est injecté en sous‑cutanée à plus forte dose (0,5 ml). « Ces différences dans la consistance, le volume et la voie d’administration peuvent être liées à des phénomènes de reflux, notamment observés chez les jeunes animaux », souligne l’étude. Cela est lié à la qualité d’administration d’un vaccin huileux à J1 et aux anticorps maternels. Les âges aux injections et les délais entre les vaccinations semblent influencer également la qualité de la réponse immunitaire post-vaccinale. « Une administration trop précoce de la première dose de vaccination est associée à des titres en anticorps plus faibles et à une moindre probabilité de séropositivité. Ceci pourrait être lié à de mauvaises conditions d’application du vaccin sur des animaux jeunes, ou encore une interférence potentielle avec les anticorps d’origine maternelle, déjà montrée dans la littérature pour d’autres vaccins. » Ces résultats préliminaires mettent en évidence l’importance de ces multiples facteurs pour interpréter la réponse immunitaire en élevage.
Le saviez-vous
Commencée en octobre 2023, la campagne de vaccination des canards contre l’IAHP a permis de réduire le nombre de foyers, passant de 1 870 foyers sur les saisons 2021-2023 à 29 foyers pour les saisons 2023-2025.
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Trois doses de vaccin IAHP aussi efficaces que cinq
« Trois injections sembleraient suffire à atteindre des niveaux de sérologies similaires aux groupes de canes reproductrices ayant reçu un protocole avec 4 et 5 injections par voie intramusculaire de vaccin ARN contre l’IAHP », concluait Florent Lavigne, doctorant au sein du laboratoire Ceva, lors des Journées de la recherche avicole. Un protocole d’injection du vaccin Respons AI H5 a été testé sur des femelles Pékin dès J1 jusqu’à J70 réparties dans trois groupes selon le nombre d’injections : 3 injections sur 10 semaines, 4 sur 24 semaines et 5 sur 30 semaines. L’objectif était de diminuer le nombre de doses tout en ayant des données pour étayer les protocoles. À partir de 12 semaines d’âge, 100 % des oiseaux des trois groupes étaient séropositifs dans l’essai. Dans les trois groupes de canards, « les titres en anticorps se sont stabilisés après le boost post-troisième dose à la semaine 10. Il n’y a pas besoin de quatrième et de cinquième doses », confirme le chercheur.