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Un ramassage de volailles efficace et sûr, ça se prépare !

Contraignant et coûteux, l’enlèvement des volailles est une opération cruciale pour la valorisation économique des lots. Le succès se joue avant même l’arrivée des ramasseurs. Bilan d’une enquête nationale

Veillez à la sécurité des personnes avec le repérage des personnes (gilet réfléchissant) ou un éclairage adapté.
Veillez à la sécurité des personnes avec le repérage des personnes (gilet réfléchissant) ou un éclairage adapté.
© Crab

À la demande des professionnels, une enquête sur le ramassage des volailles a été menée cette année auprès de 300 éleveurs en Pays de la Loire, Bretagne, Sud-Ouest et Rhône-Alpes. Elle a été complétée par des entretiens avec des entreprises de ramassage, des abattoirs et des organisations de production. Le but était d’actualiser les références, d’identifier les pratiques innovantes et de recenser les équipes disponibles pour répondre à une pénurie localisée de main-d’œuvre. « Pour une même production, les coûts de ramassage sont très variables », indiquent Marie-Laetitia Gilliot et Gaëlle Dennery, de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, qui ont réalisé l’enquête. Elles ont aussi montré que certaines pratiques permettent d’optimiser le déroulement du ramassage.



Mettre en place le chantier et l’accueil du personnel


« Prévenez l’équipe de la date du chantier dès que vous la connaissez, sans attendre la dernière heure », conseillent les enquêtrices. Pour plus d’efficacité et de sécurité, il est essentiel de remonter ou retirer tout ce qui pourrait gêner l’équipe ou la machine : les chaînes d’aliment, lignes d’eau, sondes, perchoirs, mais aussi d’enlever les morts et de repailler en cas de litière grasse. Il est conseillé aussi de parquer les oiseaux et de lutter contre la poussière en augmentant la ventilation, en paillant, en brumisant, ou en dépoussiérant régulièrement les allées en pondeuses. En canard, des rails ou des convoyeurs à rouleaux facilitent le transfert des caisses ou des containers.
Autre point essentiel, l’accueil de l’équipe. Plus que la collation, appréciée mais qui reste secondaire pour les entreprises, celles-ci insistent sur la nécessité d’avoir un endroit propre et sec pour se changer et poser ses affaires, avec une table et des chaises, de l’eau potable pour s’hydrater pendant le chantier, un lavabo et du savon pour se laver les mains et un point d’eau pour laver les bottes. La présence de l’éleveur avant et pendant le chantier est également indispensable et appréciée.


Ne pas badiner avec la sécurité


La sécurité est primordiale. « Pensez à mettre à disposition de l’équipe des équipements de protection individuels tels que gants, chaussures de sécurité et masques à poussière, surtout en cas d’entraide », insiste Gaëlle Dennery. Un équipement réfléchissant (casquette, gilet, baudrier, brassard…) permet d’être vu par le conducteur du télescopique. En début de chantier, il est essentiel de rappeler systématiquement les consignes, même avec des professionnels. En cas de contamination du lot (salmonelle ou autre), il faut informer l’équipe avant son arrivée et mettre en place des dispositifs de biosécurité (pédiluves, solutions de désinfection pour les bottes, cottes jetables…).


Limiter la nervosité et les entassements


Tout ce qui peut limiter la nervosité des animaux est essentiel pour éviter les entassements, les blessures et la mortalité. Ramasser en plein jour n’est pas courant et certains le refusent. Des lanières en plastique au niveau des portails permettent d’atténuer la luminosité. Des bâches en travers du bâtiment freinent les mouvements de foule. Pour les enlèvements de nuit, certains éleveurs laissent l’intensité lumineuse à un niveau normal pour une meilleure sécurité, notamment en canard ou en dinde. « Rester à une intensité habituelle d’élevage n’a pas forcément d’incidence sur le comportement du lot », remarque Marie-Laetitia Gilliot. Des éleveurs de dinde et poulet utilisent la lumière bleue qui ne serait pas perçue par les animaux (en Espagne et en Suisse, des éleveurs utilisent de la lumière verte). Certains se servent de lampes frontales, normales ou rouges. D’autres encore utilisent des lampes torches pour guider le télescopique lorsqu’il vient poser les containers ou bien recouvrent les phares du télescopique de film bleu ou rouge, pour ne pas aveugler et apeurer les animaux. Autres astuces employées : éteindre la lumière une heure avant le ramassage pour endormir les animaux ou au contraire manœuvrer le télescopique à côté du bâtiment avant le début du chantier pour les habituer au bruit. Enfin pendant le chantier, des sacs ou balais en lanières plastiques permettent de faire avancer les animaux et d’éviter les entassements. Des éleveurs conseillent de ramasser d’abord les coins du bâtiment puis d’alterner la droite et la gauche.

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