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Réemploi des bouteilles de vin : trois solutions logistiques pour optimiser la consigne

Nerf de la guerre du réemploi, la logistique est au cœur de toute solution. Voici trois exemples assurant un bon taux de retour des bouteilles réemployables.

Elément indispensable dans la logistique du réemploi des bouteilles de vin, le casier à bouteilles fait son grand retour.
© C. Gerbod

En attendant un développement massif de la consigne, des domaines viticoles et des maisons de négoces expérimentent différents dispositifs visant à maximiser le taux de collecte des bouteilles.

Hecht & Bannier fait équipe avec la Maison Richard

 

Pour expérimenter le réemploi, le négociant Hecht & Bannier travaille avec l’un de ses clients, la Maison Richard. Ce distributeur de boissons historique du CHR en île de France n’a jamais cessé de pratiquer la consigne, même pour le vin. « Il dispose déjà d’un parc de bouteilles d’un litre, de casiers, d’une ligne d’embouteillage à Gennevilliers », explique François Bannier, cofondateur d’Hecht & Bannier. « Ce qui est innovant, c’est que jusque-là, la Maison Richard consignait des vins génériques. Mais là, pour la première fois, un producteur est mis en avant », se réjouit François Bannier, cofondateur d’Hecht & Bannier.

Le vin est donc une cuvée AOP languedoc labellisée bio, que la Maison Richard lui achète depuis dix ans. Le conditionnement hors zone de production est possible dans le cahier des charges de l’AOP. « Le prix a été adapté en fonction. Chacun a fait un pas », indique le dirigeant. Le format 75 cl est toujours livré pour un service en bouteille.

 

La Ferme des Arnaud met en place une tournée avec Joyons

 

 

Martial Arnaud, vigneron de la Ferme des Arnaud, à Villedieu, dans le Vaucluse, a lancé la cuvée Joyons en bouteille consignée sur Paris. Le projet repose sur une société coopérative du même nom, dans laquelle il est associé avec Amaury Boussard d’Iroma, son principal distributeur sur Paris et l’association Yes We Camp.

À chacun son rôle. Martial Arnaud livre son vin en vrac, un rouge bio en vin de France. Yes We Camp, acteur de l’économie solidaire l’embouteille. Iroma le vend en bouteilles consignées à une dizaine de clients restaurateurs engagés dans le réemploi et gère la logistique : livraison en casiers, récupération des casiers de bouteilles vides, lavage chez un prestataire, mise à disposition des contenants pour un nouveau cycle à Yes We Camp puis nouvelle tournée des clients. « Il n’y a pas d’étiquette collée mais une collerette, pas de bouchon ni de surbouchage mais une capsule couronne, pas de cartons », énumère Martial Arnaud. Le premier embouteillage a eu lieu début mars. Le prix de vente intègre toutes les étapes, y compris l’amortissement de la machine d’embouteillage. La cuvée est vendue « 5 euros, livrée, récupérée, lavée », précise Amaury Boussard.

 

Maison Ravoire se référence chez Le Fourgon

À côté d’expériences en grande distribution avec la start-up Loop et Carrefour, le négociant Maison Ravoire développe aussi le réemploi via la plateforme Le Fourgon. Cet e-commerçant distribue des produits en bouteilles consignées sur une quinzaine de villes et zones urbaines en France. Si le client commande un vin Maison Ravoire, il peut remettre la bouteille bue dans la caisse, aux côtés de celles de jus de fruit ou de lait.

Le tout sera récupéré lors de la livraison suivante puis confié à des opérateurs du réemploi. « Le consommateur a donc un effort minimum à faire », apprécie Alexandra Parfus, directrice marketing et développement de Maison Ravoire. Auparavant, le négociant a travaillé pour rendre sa gamme consignable sans surcoût. Aujourd’hui, la démarche de réemploi concerne au total 300 000 cols sur 6 millions de cols par an mais l’objectif est de rendre « 100 % de nos gammes lavables d’ici 2024 », assure la directrice marketing.

 

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