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Onologie raisonnée
La Champagne tient compte de son environnement

Les Champenois ont listé les mesures à adopter pour mieux prendre en compte l´environnement dans leurs activités vinicoles.


En matière d´environnement, la Champagne a pris une longueur d´avance. Le Comité interprofessionnel a lancé une vaste étude sur l´impact des activités vinicoles sur l´environnement et recherché des solutions pour maîtriser les nuisances. Par exemple, la consommation moyenne d´eau pour les seules pratiques oenologiques se chiffre en Champagne à 2,6 litres par litre de vin élaboré, avec une variation de 1,7 à 9,1 l suivant les caves. Les centres de pressurage étant les plus gourmands avec 40 % de la consommation totale. « Des économies sont possibles chez certains opérateurs sans pour autant remettre en cause les règles minimales d´hygiène, estime Arnaud Descotes, responsable environnement du CIVC. Pour cela, il faudrait généraliser les procédures de nettoyage avec des équipements comme les jets stoppeurs ou les surpresseurs. Il faut abandonner le ruissellement des cuves de fermentation en eau perdue, recycler les eaux très peu chargées comme les eaux de rinçage des bouteilles neuves ou des bouteilles avant habillage, mais aussi adapter le matériel, les laveuses de caisses ou les chaînes de dégorgement, et les locaux et faire la chasse au gaspillage. »

L´équivalent de la pollution d´une ville de 200 000 habitants
Autre exemple, celui de la pollution due aux matières organiques contenues dans les effluents et les sous produits (jus de marcs, bourbes.). L´oenologie champenoise rejette ainsi chaque année l´équivalent de la pollution domestique d´une ville de 200 000 habitants, soit près de 10 000 tonnes de DCO (demande chimique en oxygène). Près de 70 % de cette pollution est correctement valorisée ou épurée. Il reste encore l´équivalent de 1500 tonnes de DCO d´effluents à épurer. Arnaud Descotes table sur la mise en oeuvre de solutions de retraitement collectives pour y parvenir. Le gros problème concerne les jus de marcs (ou jus d´aignes), qui ne sont actuellement retraités qu´à 40 % et génèrent encore près de 1 300 tonnes de DCO. Les autres sous-produits, lies et bas-vins de dégorgement, sont valorisés à 100 % et les bourbes à 91 %.

Troisième exemple, les déchets générés par les seules activités vinicoles représentent approximativement 8500 tonnes à l´échelle de la Champagne, soit 30 g par bouteille. La majeure partie (6500 tonnes) est constituée de déchets industriels  : emballages des matières sèches (cartons, plastique.), capsules, verre cassé, mais aussi tartre, terres de filtration. « Il y a un effort à faire sur le devenir des emballages, malheureusement parfois brûlés ou éliminés dans le circuit des ordures ménagères. Les autres déchets sont correctement valorisés ou traités. » La catégorie déchet englobe également les boues provenant des stockages aérés, soit 2000 tonnes, bien valorisées par épandage.

Question consommation énergétique, les activités vinicoles consomment 390 GWh, soit 1,39 kWh par bouteille, surtout pour le chauffage, la climatisation des locaux et la régulation thermique de la cuverie.
Pour mieux évaluer l´impact de leur activité sur le climat, les Champenois ont poussé le raisonnement jusqu´à la quantification de leurs émissions de gaz à effet de serre. Le bilan carbone lié aux entreprises champenoises (viti et vinicoles) s´élève à près de 50 000 équivalent carbone (près de 200 000 si on intègre les activités amont et aval). Arnaud Descotes estime qu´une réduction de ces émissions est « possible et réaliste sur tous les grands postes ». Il faudra jouer sur la conception initiale des locaux, passer à des énergies alternatives, intégrer davantage la consommation en énergie dans le choix des matériels et process, contrôler les groupes de froid et diminuer le recours aux fluides halogénés, et même réduire les déplacements, notamment en avion dans les grandes entreprises, l´avion alourdissant considérablement le bilan carbone.

L´ensemble de ces pratiques respectueuses de l´environnement sera listé dans un référentiel, à paraître avant les vendanges 2004. Il permettra à chaque opérateur de se situer, d´identifier ses faiblesses pour « entrer dans une logique de progrès ». Il restera, précise Arnaud Descotes, à définir une procédure pour crédibiliser la démarche auprès des consommateurs et de la société.
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