En Gironde : « Les résultats de lutte contre le mildiou de la vigne avec Axpéra ont été extrêmement encourageants »

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François Brehant, directeur technique du Château Léoville Barton, à Saint-Julien-Beychevelle, en Gironde, a testé le produit à base de lysat d'amibe Axpéra, en 2025. Crédits : © F. Brehant

« J’ai entendu parler de ce produit à base de lysat d’amibe fin 2024. Son innocuité envers l’humain et l’environnement m’a interpellé car mon objectif est de diminuer les intrants, et notamment le cuivre. Jusqu’alors, je n’avais testé que des produits de biocontrôle, comme les phosphonates, mais je n’étais pas convaincu car ils doivent être ajoutés au cuivre.

Lorsque j’ai vu une vidéo sur les résultats d’essai d’Axpéra dans le Barolo, j’ai eu un déclic. Nous l’avons testé en 2025, sur une parcelle de merlot d’un hectare, située en zone humide favorable au mildiou. C’est une parcelle de test qui contient un témoin non traité, une partie conduite selon notre itinéraire conventionnel (pas de CMR), une partie protégée sans produit de synthèse (itinéraire « bio »), une partie avec notre dose de cuivre à -30 % et une partie avec notre dose de cuivre à -50 %.

Une pression bien présente en 2025

Nous avons plusieurs modalités de 6 rangs car nous traitons avec la rampe Bliss, avec des répétitions dans la parcelle pour s’affranchir de toute hétérogénéité. L’itinéraire -50 % de cuivre décroche toujours en cas de forte pression. Il s’agit d’essais rigoureux, suivis par la chambre d’agriculture dans le cadre du projet Alt’fongi, ainsi que par deux stagiaires. Bien qu’il soit communément admis que la campagne 2025 était peu favorable au mildiou, le témoin non traité (TNT) a complètement décroché vers le 20-26 juin. La pression était donc bien là, même si plus tardive qu’en 2024, où le TNT était dans le même état mais dès le 22 mai.

Nous avons réalisé 8 passages d’Axpéra, le premier à boutons floraux agglomérés (30 avril) et le dernier le 10 juillet, à raison de 2 litres par hectare et 130 à 150 litres de bouillie par hectare. Nous l’avons pulvérisé avec la rampe Bliss à notre vitesse habituelle de 4,5 km/h et n’avons rencontré aucun problème de bouchage ou autre. Pour ce premier test, nous ne l’avons pas mélangé, ni avec des adjuvants, ni avec du cuivre, et l’avons ajouté dans l’itinéraire -50 % de cuivre.

Des résultats similaires à l’itinéraire pleine dose de cuivre

Les résultats ont été extrêmement encourageants et nous allons agrandir l’essai cette année. En effet, dans l’itinéraire programme conventionnel la fréquence d’attaque sur feuilles a été de 8 % et sur grappes de 0 %. L’itinéraire « bio » a eu 12 % de fréquence d’attaque sur feuilles et 4 % sur grappes. L’itinéraire -1/3 de cuivre s’est situé à une fréquence d’attaque de 28 % sur feuilles et 12 % sur grappes, tandis que le ½ cuivre était à 40 % sur feuilles et 32 % sur grappes. L’itinéraire lysat a quant à lui subi des fréquences d’attaque de 12 % sur feuilles et 4 à 6 % sur grappes, soit la même chose que l’itinéraire pleine dose de cuivre, ce qui est très encourageant.

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Cette année, nous allons le mélanger avec le cuivre et l’essayer dans la modalité -30 % de cuivre. Je ne vois que des avantages à ce produit. Le seul bémol risque d’être le prix. »

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