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En Gironde : arrachage et actions de communication pour remettre Bordeaux en orbite

L’interprofession bordelaise, le CIVB, mise sur le rééquilibrage entre l’offre et la demande, et une nouvelle dynamique de communication, pour relancer le vignoble.

<em class="placeholder">Evolution des récoltes et sorties de chai à bordeaux</em>
Une production qui se rééquilibre avec la commercialisationEvolution des récoltes et des sorties de chais des AOP bordelaises sur dix ans
© CIVB

Bordeaux, dans la tourmente depuis plus de trois ans, est en pleine mue. Et son interprofession, le CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux), a souhaité le faire savoir en communiquant sur la stratégie de la filière.

Le premier volet porte sur la pérennité du vignoble. Cet aspect passe par la régulation des surfaces, afin d’adapter la production au volume commercialisé annuellement. 12 283 ha ont été arrachés depuis 2023, avec des aides. En prenant en compte les arrachages non aidés, le CIVB estime que plus de 20 000 ha ont disparu, ce qui porte à 86 000 ha la superficie de vignes bordelaise. À cette diminution devraient s’ajouter les arrachages 2026. « On pense perdre au total 30 000 ha », estime Bernard Farges, président du CIVB.

Travailler sur la productivité du vignoble

La distillation sera sûrement aussi nécessaire, afin de réguler des stocks « toujours importants », indique Jean-Pierre Durand, co-président de la commission promotion du CIVB. L’interprofession souhaite également mettre l’accent sur la productivité du vignoble et va pour cela s’appuyer en partie sur le PNDV (Plan national de durabilité de la vigne et du vin).

La protection du revenu des vignerons et négociants est également sur la table, et devrait passer par l’activation de l’article 172 ter (possibilité pour une AOC ou IGP d'établir une indication de valorisation sur la base d'indicateurs sur les coûts de production) permise par le Paquet vin.

Le deuxième axe de la stratégie bordelaise repose sur le partage des valeurs communes, à savoir la poursuite des efforts environnementaux. Plus de 75 % des surfaces bordelaises sont à présent certifiées par une démarche environnementale.

Une diversification des produits pour cibler de nouveaux consommateurs

Last but not least, le troisième axe concerne la conquête de nouveaux consommateurs. Pour ce faire, la région compte activer plusieurs leviers. Le premier est celui de la diversification, avec le récent lancement du claret (rouge frais et fruité), du médoc blanc, de l’entre-deux-mers rouge, ou encore l’accent mis sur le crémant, pour conquérir de nouveaux consommateurs, jeunes et internationaux notamment avec le claret. Les profils des vins évoluent également, à la faveur du changement climatique et des choix techniques au vignoble, visant à gommer les tanins trop durs.

L’œnotourisme figure sur la liste, avec par exemple l’idée de miser sur des évènements de fooding. Le CIVB fait également le constat du recul des produits bordelais en GD. Pour y remédier, il mise sur un travail auprès des cavistes et CHR, avec notamment des opérations de type Bordeaux se met au verre. Et sur un travail de proximité. « Il faut que les entreprises aillent au contact des clients » martèle Jean-Pierre Durand. Pour les y aider, l’école du vin propose des formations. « 3 millions d’hectos à écouler sur un marché de 214 millions, c’est jouable » conclut Jean-Pierre Durand.

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