Accidents : comment prévenir les risques liés au travail en hauteur en exploitation agricole ?
Les chutes de hauteur sont des accidents fréquents chez les agriculteurs, viticulteurs et les salariés agricoles. Comment les prévenir ? Quelles sont les situations à risque ? Quels sont les outils de prévention finançables ? Le point avec les services de Santé et sécurité au travail de la MSA.
Les chutes de hauteur sont des accidents fréquents chez les agriculteurs, viticulteurs et les salariés agricoles. Comment les prévenir ? Quelles sont les situations à risque ? Quels sont les outils de prévention finançables ? Le point avec les services de Santé et sécurité au travail de la MSA.
Identifier les travaux en hauteur réalisables à distance
Pour éviter les chutes en hauteur sur les exploitations agricoles, les services de santé-sécurité au travail (SST) de la MSA disposent d’un ensemble d’outils visant à éviter à l’exploitant ou au salarié de monter. Le plan santé sécurité au travail 2026-2030 de la MSA mentionne par exemple des manettes déportées, des systèmes d’observations par caméra, de suivi informatique des stocks, ou encore de nettoyage robotisé. « Ces nouvelles technologies permettent à l’opérateur de ne plus avoir à monter pour réaliser sa tâche, explique Steven Le Gallic, conseiller national en prévention des risques professionnels à la Caisse centrale de la MSA (CCMSA). Aujourd’hui, le nettoyage de panneaux photovoltaïques peut être fait par un robot, piloté via une caméra, par exemple », illustre-t-il.
Car selon ce plan santé sécurité au travail, la mesure de prévention du risque de chutes de hauteur la plus efficace « réside simplement dans le fait de ne pas monter » ! C’est une dynamique de prévention primaire que la sécurité sociale agricole souhaite développer avec son nouveau plan. L’objectif est de supprimer « à la source » les situations d’exposition au danger. « C’est pourquoi le mot “risque” a été quasiment supprimé du plan santé sécurité au travail 2026-2030. […] L’idée c’est de prendre soin du travail avant qu’il ne blesse », soutient le conseiller de la CCMSA. Les services SST des caisses MSA peuvent être contactés pour réfléchir aux solutions les plus adaptées pour chaque situation, et accompagner le financement d’outils sur les exploitations.
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Identifier les composants de la situation de travail à transformer
Quels dispositifs selon les situations de travail ?
Pour les situations qui nécessitent toutefois de travailler en hauteur, des outils de prévention existent pour limiter les risques de chute. Les dispositifs les plus préconisés et les plus déployés sont principalement des protections collectives, où l’efficacité ne dépend pas du comportement de l’utilisateur : garde-corps permanents (sur passerelles, plateformes, silos et mezzanines) ; plateformes de travail sécurisées (pour maintenance, taille ou récolte) ; barrières écluse (zones de stockage en hauteur). Ces trois premiers équipements sont les investissements qui présentent le meilleur rapport efficacité/prévention, selon Steven Le Gallic. D’autres dispositifs comme des échafaudages roulants et plateformes individuelles roulantes légères (PIRL) (interventions ponctuelles), ou des nacelles élévatrices (travaux de maintenance ou d'élagage), peuvent aussi être installés. Pour les situations où ces dispositifs ne peuvent pas être installés, lors d’interventions sur des toitures par exemple, des lignes de vie et des points d'ancrage permettent de prévenir les chutes de hauteur.
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Des outils finançables par des caisses de MSA
Les caisses de MSA peuvent aider à financer ces dispositifs. « On a des aides spécifiques pour financer des travaux, de l’équipement ou du matériel », indique Daniel Departout, conseiller en prévention des risques professionnels à la MSA d’Armorique, contacté par Reussir.fr. Des chemins de toits appelés « Sécuriplac » peuvent par exemple être financés, afin de sécuriser une intervention en hauteur sur un toit. Cette caisse MSA peut financer 50 % du montant hors taxe d’un équipement, avec un plafond de 1500 €, et sous réserve d’une formation obligatoire. Ces formations permettent d’aider les agriculteurs pour l’installation et l’utilisation des outils. « Elles servent aussi à prévenir les autres risques de certaines interventions, comme le risque amiante lors d’un changement de plaques de fibrociment », détaille Daniel Departout.
Une dynamique de prévention secondaire
Dans son nouveau plan de santé sécurité au travail, la MSA se structure désormais autour des situations de travail pour réaliser sa prévention. L’objectif est notamment de prendre en compte l’environnement de travail, les outils disponibles et le contexte réglementaire pour la réalisation d’une tâche, afin de supprimer ou diminuer l’exposition au danger. Pour une situation de travail en hauteur, les conseillers MSA cherchent donc à identifier composants de la situation de travail sur lesquels jouer pour transformer le travail et créer l’environnement le plus sécurisant possible. C’est une dynamique de prévention secondaire, qui vise à diminuer les situations d’exposition aux dangers avérés, en réduisant leur fréquence et/ou leur gravité.
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Les réflexes à avoir pour anticiper les risques de chutes de hauteur
Pour aider les exploitants ou les salariés agricole à acquérir les bons réflexes face à une situation de travail en hauteur, la MSA avait publié en 2017 un questionnaire pratique permettant d’anticiper les risques.
Graphique : Questionnaire « Comment prévenir les chutes ? » (MSA 2017)
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Se former à la prévention des risques liés au travail en hauteur
Pour réaliser la prévention auprès de ses adhérents, la MSA organise des journées de formations sur la prévention des chutes en hauteur, durant un à deux jours. Le matin sont traités les points théoriques, et l’après-midi est dédié à un cas pratique sur le terrain. Les notions de réglementation sont abordées, notamment sur la responsabilité juridique des exploitants agricoles par rapport à des sinistres, ou vis-à-vis de leurs salariés. « Ces formations peuvent être organisées à la demande de partenaires de la MSA, d’instituts techniques ou de filières, auprès de leurs affiliés », indique Steven Le Gallic. « Ces journées peuvent aussi être une condition d'accès à des accompagnements méthodologiques et financiers portés par la MSA », ajoute-t-il.
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Être conscient du danger du travail en hauteur
Mais la prévention des accidents de chutes de hauteur reste complexe auprès du monde agricole, soutient le conseiller national en prévention des risques professionnels. Steven Le Gallic observe dans cette population une minimisation des risques pris pour les travaux en hauteur. « Dans l’ancien plan de santé sécurité au travail, nos collègues en régions avaient une vraie difficulté à mobiliser les agriculteurs sur cette thématique », affirme-t-il. Et le coût du matériel utile à la prévention, comme la location et le transport d’une plate-forme élévatrice mobile de personnes (PEMP), peut aussi être une limite, ajoute le conseiller de la CCMSA.
Cette prévention est pourtant essentielle, car les chutes de hauteur ont entrainé plus de 4000 accidents de travail avec arrêt en 2024 dans le secteur agricole, selon des chiffres de la MSA publiés fin 2025. Ces chutes représentent 9 % des accidents de travail mortels des salariés agricoles en 2024, soit 5 décès ; et 17 % chez les non-salariés agricoles, soit 14 décès. « Généralement c’est l’exploitant qui réalise la tâche, s’il y a une prise de risque plus importante et un fort enjeu de sécurité », souligne Steven Le Gallic. « Donc on a des accidents qui sont moins nombreux mais plus graves chez la population des non-salariés agricoles que chez les salariés », complète-t-il.
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Quelles sont les situations à risque de chute de hauteur ?
Il existe différentes situations présentant un risque de chute de hauteur dans les secteurs agricole et viticole. D’un côté, il y a des tâches rares mais qui peuvent s’avérer très dangereuses. « Typiquement, c’est changer une plaque de fibrociment sur un bâtiment, ou nettoyer une gouttière : on n'y monte pas souvent, mais une chute peut être catastrophique », illustre Steven Le Gallic. D’autres tâches sont quotidiennes et répétitives, avec un danger moins important. C’est par exemple le cas des descentes de tracteurs, où une chute peut entrainer une fracture, sans toutefois provoquer un accident mortel. En fonction des productions aussi, les risques de chutes ne sont pas les mêmes. Steven Le Gallic donne l’exemple des glissades dans des salles de traite en élevage laitier, avec des défauts de niveau des escaliers, ou le nettoyage de bennes en grandes cultures lors des phases de moissons ou d’ensilage. Et les panneaux photovoltaïques, qui émergent en agriculture avec l’agrivoltaïsme par exemple, sont aussi des sources d’accidents. « Ils nécessitent de l'entretien, de la maintenance, de l'installation, soit des interventions dangereuses si ces panneaux sont situés en hauteur », explique le conseiller de la CCMSA.