Stockage de l’eau : « En Dordogne, notre projet de réserve pourrait aboutir grâce au fonds hydraulique de l'État »
Patrick Gaillard est président de l’ASA de Maison Basse à Montagnac-la-Crempse (24) qui a un projet de réserve à l'étude depuis 10 ans. Malgré des contextes économique et réglementaire difficiles, le projet fait aujourd'hui consensus et pourrait avancer grâce aux annonces de ces derniers mois.
Patrick Gaillard est président de l’ASA de Maison Basse à Montagnac-la-Crempse (24) qui a un projet de réserve à l'étude depuis 10 ans. Malgré des contextes économique et réglementaire difficiles, le projet fait aujourd'hui consensus et pourrait avancer grâce aux annonces de ces derniers mois.
« Notre première réserve de substitution a été créée en 1995 et stocke 55 000 m3, la seconde en 2009, pour 28 200 m3. Dans les deux cas, l’alimentation se fait par gravité à partir de la Crempse, un sous-affluent de la Dordogne. Entre le 1er novembre et le 31 mai, nous ouvrons une vanne qui permet le remplissage. Nous avons un seuil maximum de prélèvement et dans tous les cas, si la réserve est pleine, nous fermons la vanne. Les deux ouvrages ne sont pas bâchés grâce à la présence de terres argileuses imperméables.
À la création des réserves, les dix exploitations ont transféré à l’ASA leurs droits de pompage dans la rivière. Depuis, par dérogation accordée par la DDT, nous avons le droit de compléter l’une des réserves en pompant dans la Crempse si son débit le permet. Mais cela nous coûte cher en électricité et n’est pas durable sur le long terme. Pour remplacer ces prélèvements, nous réfléchissons depuis plus de 10 ans avec l’ADHA 24 à la création d’un troisième stockage. Nous avons eu plusieurs projets, trop coûteux (nécessitant un bâchage) et/ou refusés par la DDT et l’OFB.
Le projet actuel est une retenue située au point le plus haut de notre réseau, avec un bassin-versant qui permettrait de stocker 20 000 m3. L’eau de ruissellement serait complétée par un prélèvement dans la rivière selon le même principe que nos réserves actuelles. C’est donc un projet à mi-chemin entre retenue collinaire et réserve de substitution. Mais il est coûteux, car loin des réserves existantes, ce qui implique d’investir dans des conduites enterrées et une station de pompage. Avec seulement 55 % d’aides de la Région Nouvelle-Aquitaine, ce n’est pas envisageable pour nous financièrement. Mais aujourd’hui, avec le fonds hydraulique de l’État qui aide à 80 %, nous nous remettons au travail avec l'ADHA 24 pour que le projet aboutisse. »