Sécheresse : « la priorité, c’est de trouver du maïs et de préparer les stocks 2027 », en Vendée
En Vendée, la sécheresse et les périodes de canicule ont fortement impacté la constitution des stocks de fourrage. Pour tenir, David Cartron, éleveur, a acheté du maïs et envisage d’implanter plus de prairies pour l’année prochaine.
En Vendée, la sécheresse et les périodes de canicule ont fortement impacté la constitution des stocks de fourrage. Pour tenir, David Cartron, éleveur, a acheté du maïs et envisage d’implanter plus de prairies pour l’année prochaine.
« Nous sentions que les années sont de plus en plus sèches, mais là ça fait mal, expose David Cartron, éleveur de 140 vaches laitières en Vendée, avec 220 ha, dont 61 ha de maïs et 40 ha de prairies. Depuis début avril et le semis des premiers maïs, nous n’avons eu que 36 mm d’eau ». 72 hectares de maïs ont déjà été ensilés avec un rendement moyen estimé de 2,5-3 tMS et ce malgré 17 hectares de maïs irrigué. « Habituellement, on juge le rendement à vue d’œil en fonction du remplissage des silos. Mais cette année, vu l’état des maïs, on calcule précisément le tonnage récolté », souligne l’éleveur. Le stock de fourrage étant fortement impacté, du maïs sur pied a déjà été acheté et l’éleveur envisage d’implanter plus de surfaces en prairies pour sécuriser le bilan fourrager dans les années à venir.
Achat de 20 hectares de maïs prévus pour du grain à un voisin
David Cartron a eu l’opportunité d’acheter auprès d’un voisin, 20 hectares de maïs, initialement prévus pour du grain. « Chaque benne a été pesée au pont-bascule et nous avons réalisé un prélèvement à chacune d’elles. Pour fixer le prix, nous nous sommes basés sur le référentiel Perel qui est à 110 €/tMS. Le rendement en grains a été estimé à 30-40 quintaux. Nous sommes encore en attente des analyses pour connaitre la qualité », précise l’éleveur. Il lui reste encore 9 hectares de maïs à ensiler et en fonction du stock final, il rachètera du maïs si l’occasion se présente. « Mon objectif est d’apporter en moyenne 7 à 8 tMS de maïs par vache et par an. Soit j’arrive à trouver du maïs, sinon il faudra le rationner ».
L’implantation de prairies de fauche supplémentaire pour davantage de stock l’année prochaine
Côté herbe, l’éleveur vendéen avait déjà anticipé ces dernières années, le rendement en maïs étant « davantage aléatoire » dans le secteur. Cette année, il a récolté 83 hectares de dérobées en ray-grass-trèfles avec un rendement moyen de 6 tMS par hectare, lui permettant de tenir jusqu’à fin 2027. Mais pour anticiper les années à venir, 25 hectares de prairies de fauche vont être implantés cet automne. « L’objectif est de pouvoir faire deux coupes au printemps. Je vais arrêter de faire du tournesol en dérobée et réduire la surface de maïs à 50 hectares », précise-t-il.
Cette évolution de la sole en prairie se fera au détriment des surfaces cultivées, mais l’éleveur estime qu’« au vu des marges actuelles je serais plus tranquille à produire de l’herbe qu’à attendre après des cultures qui ne poussent pas ».
Peu de disponibilité en co-produits et à un prix élevé
L’option d’acheter des co-produits n’a pas été approfondie par l’éleveur à cause des faibles disponibilités dans son secteur et d’une tendance à des prix plutôt élevés. « Mais ça pourra être une solution en dernier recours ».
Enfin, la réduction des effectifs est une possibilité en fonction de l’évolution du prix du lait, qui est de 402 € pour 1000 l pour juillet, août et septembre. « Si celui-ci n’est pas assez élevé, la question se posera autour de la pertinence de réaliser l’ensemble du volume, ou s'il vaut mieux ajuster les effectifs en fonction des stocks », concède l’éleveur.