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Laitues
Salade : l’agroécologie, moteur de résilience au stress hydrique selon Climatveg

Face au dérèglement climatique et aux épisodes de sécheresses plus fréquents, l’agroécologie serait un atout pour les cultures légumières. C’est la conclusion d’une étude menée dans le cadre du projet ligérien Climatveg.

<em class="placeholder">Champ de laitues.</em>
Dans le cadre du projet Climatveg, les essais menés ont montré une meilleure résistance au stress hydrique des laitues en modalité agroécologique.
© Philippe Dufour/Interfel

L’agroécologie améliore la santé des sols, et procure par là même une meilleure résilience. Encore faut-il le prouver ! C’est chose faite. Du moins, dans les essais pilotés par le CTIFL dans le cadre du projet Climatveg, porté par Vegepolys Valley et financé notamment par les régions Bretagne et Pays de la Loire. Sur trois années, les expérimentateurs ont comparé la résistance au stress hydrique de brocolis et laitues en conduite agroécologique ou en agriculture biologique classique.

« Nous nous sommes appuyés pour cet essai sur trois leviers agroécologiques que sont la matière organique, les couverts végétaux et la réduction du travail du sol », relate Charlotte Berthelot, responsable de l’unité durabilité des systèmes de productions légumières et biologie du CTIFL. L’itinéraire de référence en salade reposait sur une culture préliminaire de seigle et d’avoine enfouie avant l’implantation de trois cycles de laitues, accompagnés d’une fertilisation organique habituelle. L’itinéraire agroécologique, quant à lui, reposait sur une culture préliminaire de trèfle blanc détruite par occultation, puis une implantation de trois cycles de laitues fertilisées avec un tiers de la dose d’engrais organique classique, complémentée de compost.

La productivité s’améliore de 21 % en moyenne

La première observation faite par l’équipe de recherche, c’est que les pratiques agroécologiques ne nuisent pas à la culture : la productivité des laitues n’est pas limitée par l’adoption des leviers mentionnés. Au contraire, la productivité est améliorée de 21 % en moyenne. Les chercheurs ont ensuite regardé l’effet d’un stress hydrique. Ils ont pour cela couvert les cultures de protections laissant passer 100 % ou seulement 39 % des précipitations. En conditions stressées, les laitues ont montré un système racinaire significativement plus long et plus ramifié dans la modalité agroécologique. De cette manière, la production a été maintenue malgré le stress, alors qu’elle a chuté dans la modalité témoin. Mêmes conclusions sur brocolis, où le poids des têtes a été supérieur sur la modalité agroécologique, aussi bien en conditions stressantes que non stressantes.

Pour comprendre la raison de ces effets, les scientifiques ont réalisé diverses analyses de la biologie du sol. « L’étude du microbiote a montré que les sols agroécologiques abritent des populations moins diversifiées mais beaucoup plus stables, relève Charlotte Berthelot. En cas de stress intense, la diversité des communautés chute en conventionnel mais est conservée en agroécologie. » Un autre avantage des sols agroécologiques est de limiter le développement de Rhizoctonia solani après inoculation.

Des pratiques testées en conditions réelles de production

Mais de telles pratiques sont-elles transférables sur le terrain, en conditions réelles ? Pour le savoir, les porteurs du projet Climatveg ont demandé à douze producteurs de les mettre en place chez eux pendant trois ans, sur des parcelles test, pour obtenir leur ressenti et estimer la viabilité. Les maraîchers volontaires ont ainsi conduit des essais sur un système de culture de mâche avec couverts végétaux, réduction du travail du sol et apport de matière organique sous forme de composts et de fumiers. « Dans l’ensemble, ils ont adhéré et se disent même prêts à basculer sur un système agroécologique », se réjouit l’ingénieure du CTIFL. Notamment à travers les leviers de la matière organique et de l’implantation de couverts.

Les leviers agronomiques pour davantage de fertilités en maraîchage

Lors des différents essais menés lors du projet Climatveg, les expérimentateurs ont identifié plusieurs leviers agronomiques pour améliorer la fertilité des sols maraîchers :

  • Couverts intercalaires
  • Couverts interrangs
  • Désinfection anaérobique du sol
  • Apports de matière organique
  • Non-travail du sol
  • Strip-till (travail du sol localisé sur le futur rang de semis)
  • Destruction du couvert par occultation
  • Cultures sous mulch

Des fiches synthétiques par levier ont été créées et sont disponibles sur le site vegepolys-valley.eu sur la page du projet Climatveg.

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