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Avantage à la soupe sur caillebotis intégral à la station porcine Crécom

Les porcs charcutiers alimentés à la soupe et logés sur caillebotis intégral à la station expérimentale de Crécom dégagent une meilleure marge sur coût alimentaire, comparé à un logement sur paille et à une alimentation à sec.

Les coûts alimentaires du kilo de croît sont meilleurs dans l’élevage sur caillebotis, en faveur de l’alimentation soupe.
Les coûts alimentaires du kilo de croît sont meilleurs dans l’élevage sur caillebotis, en faveur de l’alimentation soupe.
© Ferme expérimentale des Trinottières

La station expérimentale des Chambres d’agriculture de Bretagne à Crécom, dans les Côtes-d’Armor, est composée d’un élevage sur caillebotis intégral et d’un autre sur litière de paille conduits de façon identique. Elle constitue donc un bon outil pour comparer les systèmes de production. De plus, au sein de chacun des élevages, les deux systèmes d’alimentation sec et soupe sont représentés en engraissement. 

Meilleure efficacité alimentaire en soupe sur caillebotis

 

 
Avantage à la soupe sur caillebotis intégral à la station porcine Crécom

La comparaison des performances de croissance et de consommation alimentaire entre 2020 et 2022 pour des porcs femelles et mâles castrés met en évidence de meilleurs indices de consommation dans l’élevage sur caillebotis par rapport à l’engraissement sur paille, à la fois en soupe (2,51 vs 2,68) et en sec à volonté (2,57 vs 2,70). Ces différences ne s’expliquent pas par des écarts de vitesse de croissance, qui sont similaires entre les deux élevages pour un même système d’alimentation. En revanche elles s’expliquent par une consommation d’aliments plus importante en raison, pour la soupe, d’un rationnement plus drastique sur caillebotis que sur litière (plafonds respectivement à 2,6 et 2,8 kg). Les porcs sur paille présentent également une moindre efficacité alimentaire en litière en raison de besoins nutritionnels supplémentaires pour l’activité physique et la thermorégulation. Ainsi, les coûts alimentaires du kilo de croît sont meilleurs dans l’élevage sur caillebotis, en faveur de l’alimentation soupe (0,66 €/kg en soupe vs 0,68 €/kg en alimentation sèche), que sur litière (0,71 €/kg en soupe vs 0,717 €/kg en alimentation sèche), pour un prix moyen de l’aliment Ifip de 266 euros la tonne entre 2020 et 2022.

 

 
Avantage à la soupe sur caillebotis intégral à la station porcine Crécom

Performances de carcasse en retrait avec la paille

Pour ce qui est des performances de carcasses, les TMP sont meilleurs à la soupe, en lien avec le rationnement, avec un avantage pour l’élevage sur caillebotis. Les plus-values sont en retraits pour les systèmes d’alimentation à sec en raison des TMP dégradés par une alimentation à volonté, et encore davantage sur litière en raison d’une forte hétérogénéité des poids des porcs abattus. De ce fait, en calculant une marge sur coût alimentaire en prenant un prix moyen de l’aliment à 266 euros la tonne et un prix du porc moyen base MPB à 1,478 euro le kilo carcasse entre 2020 et 2022, on a une meilleure marge sur coût alimentaire sur caillebotis que sur litière (+7,50 €/porc). Intra-élevage, l’alimentation en soupe dégage une meilleure marge (2,90 €/porc), quel que soit le mode de logement.

Constance Drique, constance.drique@bretagne.chambagri.fr

(1) Référence Chambres d’agriculture de Bretagne

Le coût élevé de la paille

 

 
Les porcs sur paille présentent une moindre efficacité alimentaire en litière en raison de besoins nutritionnels supplémentaires pour l’activité physique et la ...
Les porcs sur paille présentent une moindre efficacité alimentaire en litière en raison de besoins nutritionnels supplémentaires pour l’activité physique et la thermorégulation. © Chambres d'agriculture de Bretagne

Des coûts de production supplémentaires sont à prévoir pour les élevages sur paille. Tout d’abord celui de la paille, élevé à Crécom car acheté à des tiers. Par ailleurs, les quantités utilisées à la station sont importantes pour obtenir les meilleures conditions de logement lors des essais et des visites de station (108 kg/porc charcutier). S’ajoute également le coût de la main-d’œuvre supplémentaire pour pailler et curer le fumier. Au final, en 2019, le surcoût pour produire un porc sur paille à Crécom en comparaison à l’engraissement sur caillebotis était de 27 centimes par kilo de carcasse. Mais ce chiffre est à mettre en perspective avec la quantité de paille importante apportée (64 % du surcoût). En revanche, cette différence entre la paille et le caillebotis ne tient pas compte du coût plus élevé des bâtiments sur caillebotis, et celui des matériaux manipulables, non obligatoires sur paille. Cette différence est comprise entre 13 et 98 centimes par porc en faveur des bâtiments sur paille selon les matériaux utilisés (1). Ainsi, l’élevage de porc sur paille peut devenir intéressant s’il est repositionné dans certains contextes : paille produite sur l’exploitation et/ou possibilité de réaliser des échanges paille-fumier, réponse à une contrainte environnementale, et possibilité de valorisation par un signe de qualité.

(1) Référence Chambres d’agriculture de Bretagne.

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